Actu
Maroc-Argentine : une nouvelle impulsion pour un partenariat économique et politique en expansion
Au cœur des échanges figurait la nécessité de diversifier davantage les flux commerciaux entre les deux pays. Les responsables marocains et argentins ont souligné que les potentialités existantes demeurent largement sous-exploitées au regard des capacités économiques des deux partenaires.
Buenos Aires – Le Maroc et l’Argentine ont affiché leur volonté de hisser leur coopération à un niveau supérieur lors de la 8e session de la commission mixte maroco-argentine, tenue jeudi dans la capitale argentine. Les deux pays ont réaffirmé leur convergence sur plusieurs dossiers internationaux et leur détermination à renforcer leurs échanges économiques, leurs investissements et leur coordination diplomatique dans un contexte marqué par la recherche de nouveaux partenariats entre l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique du Sud.
Une commission mixte tournée vers la montée en gamme du partenariat
La 8e session de la commission mixte Maroc-Argentine a constitué une nouvelle étape dans le développement des relations bilatérales. Les travaux ont été coprésidés par Fouad Yazourh, ambassadeur et directeur général des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, et Roberto Alejandro Salafia, sous-secrétaire argentin aux négociations économiques internationales et à l’intégration.
Les deux délégations ont procédé à un examen approfondi de l’état des relations entre Rabat et Buenos Aires, mettant en avant la solidité des liens d’amitié qui unissent les deux pays ainsi que leur volonté commune d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération.
Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment l’agriculture, la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, les fertilisants, l’industrie pharmaceutique, la santé animale et les procédés phytosanitaires. Ces domaines reflètent la complémentarité croissante entre les deux économies et les opportunités qu’elles peuvent offrir à leurs opérateurs économiques respectifs.
Diversifier les échanges et stimuler les investissements
Au cœur des échanges figurait la nécessité de diversifier davantage les flux commerciaux entre les deux pays. Les responsables marocains et argentins ont souligné que les potentialités existantes demeurent largement sous-exploitées au regard des capacités économiques des deux partenaires.
Fouad Yazourh a mis en avant les avancées réalisées par le Maroc dans plusieurs secteurs à forte valeur ajoutée grâce aux réformes engagées sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a insisté sur le positionnement du Royaume comme partenaire fiable et plateforme d’accès à de nombreux marchés internationaux grâce au vaste réseau d’accords de libre-échange conclus avec plusieurs pays et espaces économiques.
Dans cette perspective, il a invité la partie argentine à réexaminer le cadre juridique régissant les relations économiques bilatérales, faisant observer que certains accords remontent aux années 1980 et méritent d’être actualisés afin de mieux répondre aux réalités économiques actuelles.
De son côté, Roberto Alejandro Salafia a exprimé la volonté de l’Argentine de donner un véritable « saut qualitatif » à ses relations avec le Maroc. Il a souligné que les deux pays disposent d’un potentiel important pour développer leurs échanges commerciaux et bâtir des partenariats plus ambitieux dans un environnement marqué par l’ouverture économique et la diversification des marchés.
Un pont entre l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique du Sud
Au-delà des aspects strictement bilatéraux, les deux parties ont exploré les possibilités de mettre en place des mécanismes de coopération plus larges associant l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique du Sud.
Les responsables ont examiné plusieurs pistes visant à encourager les investissements croisés et à faciliter les échanges entre ces espaces géographiques complémentaires. Cette orientation traduit la volonté des deux pays de jouer un rôle actif dans la construction de nouvelles passerelles économiques et commerciales entre leurs régions respectives.
Dans ce cadre, la délégation marocaine a présenté l’Initiative Atlantique lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Ce projet ambitionne de faire de l’espace atlantique africain un pôle de stabilité, de prospérité partagée et de coopération mutuellement bénéfique.
La participation à la commission mixte d’acteurs institutionnels spécialisés, notamment de représentants de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et de l’Office chérifien des phosphates (OCP), témoigne également de la volonté du Royaume de donner une dimension concrète et opérationnelle aux discussions engagées avec ses partenaires argentins.
Un dialogue politique renforcé au service de la coopération
En marge de la commission mixte, Fouad Yazourh a été reçu par le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno. Cette rencontre a permis de confirmer l’excellence des relations entre les deux pays et de réaffirmer leur engagement à consolider davantage leur partenariat dans les domaines d’intérêt commun.
Les deux responsables ont passé en revue les principaux chantiers de coopération en cours et ont souligné l’importance de maintenir un dialogue politique régulier afin d’accompagner la dynamique positive observée ces dernières années.
Les discussions ont également porté sur le renforcement des échanges commerciaux, l’encouragement des investissements et le développement de nouveaux projets dans des secteurs à fort potentiel économique.
Sur le plan diplomatique, Rabat et Buenos Aires ont insisté sur l’importance de la concertation au sein des organisations internationales et des instances multilatérales. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement au dialogue, à la stabilité et à la coopération internationale comme leviers essentiels pour répondre aux défis régionaux et mondiaux.
Cette convergence de vues, associée à une volonté partagée de moderniser le cadre de coopération économique, ouvre la voie à une nouvelle phase des relations maroco-argentines, marquée par une ambition accrue et par la recherche de partenariats plus structurants entre deux pays désireux de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.