Moyen-Orient : Washington coule un navire iranien l’océan Indien, le conflit s’intensifie

Moyen-Orient : Washington coule un navire iranien l’océan Indien, le conflit s’intensifie

De la fumée s'élève suite au bombardement israélien du village de Khiam, dans le sud du Liban, le 4 mars 2026.

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Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran continue de s’intensifier au cinquième jour des hostilités, marquant une nouvelle étape avec la destruction d’un navire iranien par un sous-marin américain dans l’océan Indien. Tandis que Téhéran multiplie les tirs de drones et de missiles contre Israël et des positions américaines dans le Golfe, les tensions s’étendent à plusieurs fronts, du Kurdistan irakien au Liban, en passant par le détroit stratégique d’Ormuz. Cette escalade militaire alimente l’inquiétude internationale face au risque d’une propagation régionale du conflit, alors que les marchés s’affolent et que plusieurs capitales du Moyen-Orient se retrouvent plongées dans une situation d’instabilité inédite.

Téhéran, Iran - Washington a annoncé mercredi que l'un de ses sous-marins avait coulé un navire iranien dans l'océan indien, l'Iran ciblant lui le Kurdistan irakien, nouveaux signes de propagation de la guerre au Moyen-Orient.

Depuis l'attaque lancée samedi par les Etats-Unis et Israël, Téhéran réplique par des salves de drones et missiles contre Israël et des cibles américaines dans le Golfe.

Avec pour victime collatérale le Liban, entraîné dans la guerre par le Hezbollah qui a ciblé Israël au début du conflit pour "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, et subit depuis frappes et incursions israéliennes sur son sol.

Sirènes, explosions et évacuations aux quatre coins de la région: le même scénario se répète chaque jour, les marchés s'inquiètent et le monde retient son souffle.

D'habitude préservées du tumulte de la région, des villes comme Dubai et Ryad se retrouvent plongées dans le chaos, entre ambassades américaines fermées, touristes bloqués, milliers de vols annulés, raffineries et pétroliers visés.

"Guerre injuste"

Le conflit a des répercussions à des milliers de kilomètres de Téhéran: un sous-marin américain a coulé mardi un bateau de guerre iranien au large du Sri Lanka, selon le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, une première depuis la Seconde guerre mondiale.

L'Irak est aussi dans la tourmente: l'Iran a ciblé, dans la région voisine du Kurdistan irakien, des groupes d'opposition kurdes armés et hostiles à la République islamique. Un combattant est mort dans une attaque à la roquette, selon un porte-parole du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK).

Le plus haut dignitaire chiite d'Irak, le Grand ayatollah Ali Sistani, né en Iran, a pour sa part dénoncé la "guerre injuste" menée contre l'Iran, appelant tous les pays à "déployer tous les efforts pour y mettre fin".

La Turquie s'est elle aussi retrouvée prise malgré elle dans le conflit, après l'interception d'un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers son espace aérien.

Ankara a mis en garde Téhéran, avant qu'un responsable turc ne soutienne que la cible était vraisemblablement une base militaire de Chypre, déjà touchée par une attaque iranienne en début de semaine.

En quête d'un successeur à Khamenei

A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales étaient initialement prévues mercredi soir pour Ali Khamenei, intransigeant guide suprême pendant 36 ans, tué samedi au début de l'offensive.

Mais elles ont été reportées, dans une capitale pilonnée sans relâche même si les autorités n'ont fait aucun lien avec la situation sécuritaire, invoquant la nécessité de se préparer face à l'affluence attendue.

Alors que le pouvoir s'organise pour assurer la succession de Khamenei, Israël a prévenu que tout remplaçant serait "une cible" destinée à être assassinée.

"Compte tenu de cet élément crucial, il convient d'agir avec discrétion", a souligné Ahmad Khatami, un membre de l'Assemblée des Experts, l'institution responsable pour le choix d'un nouveau guide.

De très fortes détonations secouent régulièrement la capitale iranienne, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel bleu, selon des journalistes de l'AFP.

"Téhéran est aussi désert qu'hier. Les rues qui ont été touchées (par des frappes) sont bouclées et des employés enlèvent les décombres. Il y a des contrôles de patrouilles de police partout", témoigne sur Telegram Abid, un habitant de la capitale.

Ordres d'évacuation au Liban

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, le trafic maritime est toujours paralysé et les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont revendiqué mercredi le contrôle "total" du passage, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le général Ebrahim Jabbari a promis de "brûler tout navire" qui tenterait de le franchir.

Et un conseiller du guide défunt a prévenu mercredi que l'Iran était prêt à "poursuivre la guerre". "Aussi longtemps que nous le souhaitons", a assuré Mohammad Mokhbar.

Israël continue à cibler "avec force" l'Iran, mais aussi le Liban, où il a élargi le champ de ses frappes, visant le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et d'autres zones au sud de la capitale, ainsi que des bastions du Hezbollah pro-iranien.

L'armée a déclenché des opérations terrestres et a ordonné aux habitants d'une partie du sud d'évacuer la zone.

A Hazmieh, banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais et de nombreuses missions diplomatiques, des images de l'AFP montrent le bâtiment d'un hôtel aux chambres éventrées, et des blessés recevoir des soins à la réception.

Au total, une soixantaine de personnes ont été tuées et plus de 58.000 personnes déplacées, selon les autorités libanaises.

Bombe atomique

Côté iranien, l'agence de presse officielle iranienne Irna a fait état mercredi de 1.045 morts.

Dans le camp adverse, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. Et en Israël, où les sirènes ont retenti à plusieurs reprises mercredi, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes, d'après les services de secours.

Dans les pays du Golfe, les attaques iraniennes ont fait 13 morts, dont une fillette de 11 ans tuée mercredi par la chute de débris dans une zone résidentielle au Koweït.

Au début de l'attaque, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.

Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le principal objectif déclaré est d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément - et de détruire ses capacités balistiques. (Quid avec AFP)

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