Nostalgia à Fès, Cervantès à Tanger, femmes créatrices Taroudant, Comedy Festival à Marrakech, La poésie à l’IRCAM…

Nostalgia à Fès, Cervantès à Tanger, femmes créatrices Taroudant, Comedy Festival à Marrakech, La poésie à l’IRCAM…

À Fès, le spectacle « Nostalgia, terre des savants » a ouvert ses portes dans le cadre prestigieux de Bab Makina, offrant au public une immersion artistique dans les grandes périodes de l’histoire du Maroc

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De la fresque historique immersive « Nostalgia » à Fès aux rencontres littéraires, festivals, ateliers et célébrations poétiques à travers le Royaume, la scène culturelle marocaine connaît une effervescence remarquable. Entre valorisation du patrimoine, promotion de la création contemporaine et ouverture internationale, ces initiatives traduisent une volonté affirmée de faire de la culture un levier de transmission, d’innovation et de rayonnement.

Fès revisite l’histoire à travers « Nostalgia »

À Fès, le spectacle « Nostalgia, terre des savants » a ouvert ses portes dans le cadre prestigieux de Bab Makina, offrant au public une immersion artistique dans les grandes périodes de l’histoire du Maroc. Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement a réuni responsables institutionnels et acteurs culturels autour d’une relecture vivante du patrimoine national.

À travers une succession de tableaux mêlant théâtre, musique et mise en scène immersive, les spectateurs ont été transportés dans des moments clés de l’histoire du Royaume. La reconstitution de l’époque de Moulay Idriss II, fondateur de Fès, ou encore l’évocation du règne de Moulay Hassan Ier, pionnier de la modernisation de l’armée marocaine, ont illustré la richesse d’un récit national porté avec intensité.

Mobilisant plus de 300 artistes et techniciens, ce spectacle a su conjuguer exigence artistique et fidélité historique, inscrivant la mémoire collective dans une expérience sensorielle et contemporaine.

Une culture au service du développement

Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné que ce programme, initié en 2016, vise à valoriser les sites historiques en proposant des formats innovants. Il s’agit, selon lui, de rapprocher le public de son histoire en renouvelant les modes de transmission, tout en contribuant au développement des industries culturelles.

La programmation ne se limite pas à Fès. D’autres villes, notamment Meknès, Rabat et Agadir, accueilleront ces spectacles dans une logique de diffusion territoriale de l’offre culturelle. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de démocratisation de la culture et de valorisation du patrimoine national.

Pour le metteur en scène Amine Nassour, cette initiative ambitionne de reconnecter les jeunes générations à leur histoire, en mobilisant des artistes issus de différents horizons et en donnant corps à une mémoire souvent perçue comme lointaine.

Taroudant met à l’honneur les femmes créatrices

Dans un registre différent, la ville de Taroudant accueillera les 27 et 28 mars le 2e Forum international des femmes créatrices, consacré cette année aux femmes écrivaines. Cet événement s’inscrit dans la dynamique des célébrations du mois de mars dédié aux droits des femmes.

L’objectif est de créer un espace d’échange entre créatrices marocaines et étrangères, favorisant le partage d’expériences et le développement des capacités artistiques. Huit écrivaines seront mises à l’honneur, dans une démarche visant à reconnaître leur contribution au paysage littéraire.

Le programme prévoit des rencontres, des lectures et des débats autour de différents genres, allant de la poésie au roman, en passant par la critique littéraire.

Tanger, entre mémoire et littérature

À Tanger, l’Institut Cervantes accueille une rencontre avec l’écrivain et traducteur Driss Bouissef-Rekab Luque autour de son roman « El Vigilante ». À travers une histoire familiale, l’œuvre explore les mutations de la ville, de son statut international à son évolution postcoloniale.

Le roman propose une réflexion sur les transformations sociales et politiques du Maroc, en interrogeant les représentations du passé et les trajectoires individuelles face à l’histoire.

Former et transmettre : le théâtre pour les jeunes

Dans plusieurs villes, l’accent est mis sur la formation artistique des jeunes générations. À Al Hoceima, un atelier de mise en scène théâtrale pour enfants, encadré par Yassine Ahajjam, s’inscrit dans le cadre d’une résidence artistique dédiée à la pratique théâtrale.

À Larache, des ateliers similaires se déroulent tout au long du mois de mars, avec pour objectif de stimuler la créativité des enfants. Ces initiatives seront couronnées par la présentation d’une pièce de théâtre, fruit du travail collectif des participants.

Ces programmes témoignent d’une volonté de faire du théâtre un outil pédagogique et un espace d’expression pour les jeunes.

La revue « Masrah » au cœur de la réflexion théâtrale

Le paysage culturel s’enrichit également sur le plan éditorial avec la parution du nouveau numéro de la revue « Masrah », publiée par le Théâtre National Mohammed V. Cette publication, disponible en arabe, français et anglais, propose une diversité de contenus, allant des études universitaires aux critiques artistiques.

Le numéro met en lumière des figures du théâtre, notamment l’actrice Noujoum Zohra, tout en proposant des archives visuelles retraçant la mémoire du Théâtre Mohammed V. Il offre ainsi un espace de réflexion sur les pratiques et les évolutions du théâtre marocain.

La poésie, entre mémoire et modernité

À Rabat, l’Institut Royal de la Culture Amazighe a célébré la Journée mondiale de la poésie en mettant à l’honneur des poètes et en organisant des lectures en langue amazighe. Cette initiative vise à valoriser la richesse de la poésie comme expression de la mémoire collective.

La programmation a également intégré une dimension cinématographique avec la projection d’un documentaire retraçant un parcours migratoire, soulignant les liens entre création artistique et réalités sociales.

Dans le même esprit, la Maison de la poésie de Marrakech organise le « Printemps de la poésie », un événement réunissant lectures, rencontres et ateliers. Cette manifestation ambitionne de promouvoir l’écriture poétique auprès des jeunes et de favoriser l’émergence de nouvelles voix.

Ouverture internationale et dialogues culturels

La dimension internationale de la scène culturelle marocaine se confirme à travers des rencontres comme celle organisée à Marrakech avec l’écrivaine mexicaine Lorea Canales. Son roman « Somos misterio » aborde des thématiques universelles telles que la foi, la mémoire et la transformation personnelle, offrant un regard sensible sur le rôle des femmes et les tensions entre spiritualité et institution.

Enfin, Marrakech s’apprête à accueillir la première édition du Marrakech Comedy Festival, prévue en juin prochain. Cet événement vise à réunir des humoristes issus des scènes francophone, arabophone et internationale, dans un esprit de partage et de dialogue culturel.

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