Nouvelle promotion de l’ISADAC, littérature et sciences à Meknès, musique et chorégraphies à Tiznit…

Nouvelle promotion de l’ISADAC, littérature et sciences à Meknès, musique et chorégraphies à Tiznit…

La nouvelle promotion de l’ISADAC incarne une nouvelle génération formée aux métiers du spectacle vivant, appelée à évoluer dans un secteur en mutation

1
Partager :

De Rabat à Meknès en passant par Tiznit, l’actualité culturelle marocaine met en lumière une dynamique en pleine consolidation, portée à la fois par la formation académique, la réflexion intellectuelle et l’encouragement des jeunes talents. La célébration de la 35e promotion de l’ISADAC, l’organisation d’un congrès international sur les liens entre littérature et sciences, le festival de la jeunesse à Tiznit et l’avancement du dispositif de la carte de l’artiste traduisent une volonté institutionnelle de structurer davantage le secteur culturel. À travers ces initiatives, c’est toute une chaîne de création, de transmission et de reconnaissance qui se dessine, inscrivant la culture au cœur des politiques publiques et des mutations contemporaines.

Une nouvelle génération d’artistes diplômés

À Rabat, le Théâtre Mohammed V a accueilli la cérémonie de remise des diplômes de la 35e promotion de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle. Un moment symbolique qui marque l’entrée dans la vie professionnelle de 32 lauréats, répartis entre interprétation, animation culturelle et scénographie.

Cette promotion incarne une nouvelle génération formée aux métiers du spectacle vivant, appelée à évoluer dans un secteur en mutation. La cérémonie, organisée en présence de personnalités du monde culturel, politique et sportif, a également récompensé les majors de promotion, saluant l’excellence académique et artistique.

Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a insisté sur le rôle fondamental de l’art face aux défis contemporains. Pour lui, l’investissement dans le capital humain reste une condition essentielle pour structurer une industrie culturelle solide et durable. Il a également mis en avant l’intégration du système LMD au sein de l’Institut, ouvrant de nouvelles perspectives de poursuite d’études à l’échelle nationale et internationale.

Former, professionnaliser, innover

La transition vers le système universitaire LMD constitue une étape majeure dans l’évolution de l’ISADAC. Selon sa directrice, Latefa Ahrrare, cette réforme pédagogique vise à renforcer la qualité de la formation, tout en élargissant les horizons des étudiants vers la recherche, la création et l’innovation.

Dans cette dynamique, l’Institut a obtenu l’accréditation d’un cycle Master structuré autour de deux filières clés : la mise en scène et la dramaturgie. Ce développement marque une montée en gamme de l’offre académique et consolide la position de l’ISADAC en tant qu’établissement de référence dans le domaine des arts de la scène.

Au-delà des diplômes, l’enjeu est aussi celui de l’insertion professionnelle. Le ministre de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri, a souligné l’importance d’accompagner les lauréats vers le marché du travail, dans un contexte où les industries culturelles et créatives connaissent une dynamique croissante au Maroc.

Les témoignages des diplômés traduisent cette ambition. Entre fierté du parcours accompli et volonté d’intégrer le milieu artistique, ils expriment une confiance mesurée, nourrie par des années de formation exigeante.

Meknès : penser les liens entre littérature et sciences

Dans un autre registre, la ville de Meknès s’apprête à accueillir, les 14 et 15 avril, un congrès international consacré aux relations entre littérature et sciences. Initiée par l’École normale supérieure relevant de l’Université Moulay Ismail, cette rencontre ambitionne de dépasser les clivages traditionnels entre disciplines.

L’objectif est double : interroger les points de convergence entre les deux champs et explorer le rôle de l’imaginaire dans la production du savoir. Car au-delà des oppositions apparentes, littérature et sciences partagent une même capacité à interpréter le réel et à ouvrir de nouveaux horizons de compréhension.

Les débats porteront notamment sur la place de la littérature dans les sciences de l’éducation, les rapports entre langage et imagination, ou encore les évolutions de la critique à l’ère du numérique. Cette approche interdisciplinaire reflète une tendance de fond dans les milieux académiques, où les frontières entre disciplines deviennent de plus en plus poreuses.

Tiznit : la jeunesse au cœur de la création

À Tiznit, c’est une autre facette de la dynamique culturelle qui s’est exprimée à travers le festival provincial de la musique et de la chorégraphie des jeunes. Organisé dans le cadre du programme national des festivals de la jeunesse, cet événement met en avant la créativité des jeunes talents.

Neuf groupes musicaux et chorégraphiques ont participé à cette édition, proposant des performances mêlant expressions contemporaines et patrimoine artistique, notamment à travers le chant amazigh. Le festival s’inscrit dans une volonté de transformer les centres de jeunesse en espaces d’expression, d’échange et d’engagement.

Pour les responsables locaux, l’enjeu est de favoriser l’émergence de nouvelles vocations artistiques tout en renforçant l’ancrage culturel des jeunes générations. Cette initiative illustre le rôle des politiques de proximité dans la démocratisation de l’accès à la culture.

La carte de l’artiste : vers une reconnaissance structurée

Parallèlement, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a annoncé l’achèvement de l’examen des demandes de carte professionnelle d’artiste déposées jusqu’à fin 2025. Cette étape marque une avancée dans la structuration du statut des professionnels du secteur.

La distribution des premières cartes débutera fin mars à travers les directions régionales, tandis qu’une seconde liste de bénéficiaires sera publiée ultérieurement. Le dispositif reste ouvert en continu, permettant aux artistes, techniciens et administrateurs de déposer leurs dossiers tout au long de l’année.

Au-delà de son aspect administratif, la carte de l’artiste constitue un outil de reconnaissance et de professionnalisation. Elle contribue à formaliser les parcours, à valoriser les compétences et à inscrire les acteurs culturels dans un cadre institutionnel plus lisible.

La culture apparaît ainsi comme un espace stratégique, à la croisée de l’éducation, de l’économie et de la citoyenneté. Elle ne se limite plus à la création artistique, mais s’inscrit dans une vision globale où se jouent des enjeux de transmission, d’innovation et d’identité.

lire aussi