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Poésie, cinéma et patrimoine au cœur de la fin de la saison estivale
L’ambition du festival Andalousies de la Méditerranée est d’œuvrer à l’inscription du costume tétouanais sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO
De Marrakech à Dakhla, en passant par Saïdia et Tétouan, la fin du mois d’août a été marquée par une succession de rendez-vous culturels mêlant poésie, cinéma, musique et patrimoine. Clôture de la neuvième saison de la Maison de la poésie, projections en plein air à Dakhla, palmarès du festival « Cinéma sans frontières » à Saïdia et célébration du costume traditionnel tétouanais clôturent doucement et sûrement la saison estivale.
Marrakech referme une saison sous le signe de la poésie
La Maison de la poésie de Marrakech a clôturé samedi soir sa neuvième saison culturelle et poétique, au terme d’une année rythmée par les rencontres et les échanges entre différentes sensibilités littéraires.
La soirée finale a associé lectures, dédicaces, hommages et prestations musicales. Abderrahmane Ouhamou, Hamza El Khazoum, Khadija Saâdi et Youssef Aït Lmouden ont notamment partagé avec le public des extraits de leurs expériences poétiques.
Plusieurs collaborateurs et acteurs ayant accompagné la Maison au fil de la saison ont également été honorés, notamment dans les catégories consacrées à « l’initiative culturelle » et aux « jeunes talents ».
Pour son directeur, Abdelhak Mifrani, cette clôture constitue autant un hommage aux poètes, écrivains et habitués qu’un moment de bilan. Il a souligné la volonté de l’institution de renouveler ses approches et d’élargir la diffusion de la poésie auprès des différents publics.
Créée en septembre 2017 dans le cadre d’un partenariat entre le ministère marocain de la Culture et le Département de la culture du gouvernement de Sharjah, la Maison de la poésie s’apprête déjà à lancer sa dixième saison en septembre. Celle-ci entend accorder davantage de place aux mutations et aux interrogations traversant aujourd’hui la poésie marocaine.
Dakhla transforme le front de mer en salle de cinéma
Plus au sud, Dakhla a accueilli les 29 et 30 août la troisième édition du Festival Ciné Plage, manifestation itinérante organisée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.
Pendant deux soirées, la ville s’est transformée en salle de cinéma à ciel ouvert, avec des projections gratuites de productions nationales accompagnées d’animations artistiques et folkloriques.
La soirée d’ouverture a proposé une prestation folklorique suivie des films « El Khattaba » et « L’Batal ». La seconde soirée devait accueillir le spectacle « JOUJ », avant la projection de « My Friend » pour clôturer l’étape de Dakhla.
Selon Lebat Adkhil, directeur régional du département de la Communication, l’objectif est de rapprocher le cinéma et la culture des citoyens, notamment des jeunes et des familles, en investissant les espaces ouverts.
L’initiative cherche également à donner davantage de visibilité aux productions marocaines et à installer le septième art dans la vie quotidienne. Plusieurs habitants et visiteurs ont salué une formule qui associe découverte du cinéma national et animation de l’espace public.
À Saïdia, « La Mer au loin » remporte la Perle Bleue
À Saïdia, le rideau est tombé samedi soir sur la onzième édition du Festival « Cinéma sans frontières », organisée depuis le 26 août à la Marina.
Le Grand Prix « La Perle Bleue » du long métrage a été attribué à « La Mer au loin » de Saïd Hamich. Le prix du meilleur rôle féminin est revenu ex æquo à Fatima Zahra Baladi pour « Un amour à Dakhla » et à la Tunisienne Afaf Ben Mahmoud pour « Le 13e Round ».
Chez les hommes, Ayoub Gretaa, pour « La Mer au loin », et Anas El Baz, pour « Casablanca-Dakar », se sont partagé le prix d’interprétation masculine.
« Un amour à Dakhla », écrit par Abdelilah Hamdouchi, a remporté le prix du meilleur scénario. La récompense de la meilleure réalisation a été décernée ex æquo à Saâd Chraibi pour « Le silence des violons » et Ahmed Boulane pour « Casablanca-Dakar », tandis que Khalid Ibrahimi a reçu une mention spéciale.
Dans la compétition des courts métrages, « Aïcha » de Sanaa El Alaoui a décroché le Grand Prix « L’Orange ». « Une autre fin » de Tarek Rasmi et « Miroir à vendre » de Hicham Amal se sont partagé le prix du meilleur scénario, tandis que « Chikha », signé Ayoub Layoussifi et Zahoua Raji, a obtenu celui de la réalisation.
Douze films marocains, arabes, africains et européens ont participé à cette édition, qui a également proposé conférences, tables rondes et masterclasses autour de l’industrie cinématographique et de l’écriture de scénario.
Tétouan célèbre son héritage andalou
À Tétouan, la deuxième édition du festival « Andalousies de la Méditerranée » s’est achevée par un grand défilé consacré au costume traditionnel tétouanais.
Le cortège, organisé sur l’avenue Mohammed V, a présenté plusieurs composantes emblématiques de cet héritage vestimentaire : jellaba, litham, haïk, sebniya et chedda tétouanaise.
Le patrimoine des régions montagneuses voisines a également été mis en avant avec des modèles de costumes traditionnels des J’bala, rappelant la diversité culturelle du nord du Royaume et ses prolongements historiques.
Le public a suivi le défilé dans une ambiance festive, découvrant autant l’élégance des vêtements que les symboles liés à l’histoire de Tétouan et à ses racines andalouses et méditerranéennes.
Selon le directeur du festival, Mohamed El Mouni, les organisateurs souhaitent transformer ce rendez-vous en une manifestation annuelle dédiée au costume traditionnel national. À plus long terme, l’ambition est d’œuvrer à l’inscription du costume tétouanais sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, afin d’en assurer la sauvegarde et la transmission aux générations futures.