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Polémique dans un boyau de porc
L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires s’en mêlent et rassure…
L’importation au Maroc d’un lot de 22,2 tonnes d’intestins de porc en provenance de Russie, rapporté par le site Alomq a suscité un vif débat en ligne. Face aux interrogations sur leur destination dans un pays à majorité musulmane, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires et les professionnels du secteur apportent des précisions : ces produits sont exclusivement destinés à la transformation industrielle et à la réexportation.
Une cargaison qui suscite l’émoi ramadanesque
L’annonce de l’arrivée d’une importante cargaison d’intestins de porc salés, expédiée le 16 février 2026 depuis la région russe de Koursk, visiblement une pratique qui date, a rapidement enflammé les réseaux sociaux par une polémique tartufienne : cachez ce porc que je ne saurais me faire voir en train de le manger.
Si l’on devait s’arrêter sur tous les illicites religieux de tous les jours… Bref, selon les autorités russes, l’opération s’inscrit dans le cadre d’échanges commerciaux respectant les normes sanitaires et vétérinaires en vigueur. La cargaison a été soumise à des contrôles rigoureux et accompagnée des certifications nécessaires.
L’ONSSA clarifie la destination
Interrogé sur le sujet, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires a tenu à lever toute ambiguïté. Les boyaux porcins importés ne sont pas destinés au marché marocain et ne sont en aucun cas commercialisés localement.
L’importation est effectuée exclusivement par des entreprises spécialisées dans la transformation des boyaux, appelées boyauderies. Ces établissements sont autorisés et font l’objet d’un contrôle sanitaire strict. Leur activité consiste à réceptionner les cargaisons, les nettoyer, les calibrer, les sécher et les saler, avant de les réexporter vers des marchés étrangers.
Une filière industrielle ancienne
Les professionnels du secteur rappellent que cette activité existe au Maroc depuis plusieurs décennies. Le pays importe régulièrement des boyaux porcins, en quantités importantes, afin de les transformer puis de les expédier à l’international. La seule nouveauté dans le dossier actuel réside dans le pays fournisseur, la Russie.
Le Maroc compte une quinzaine d’entreprises spécialisées regroupées au sein d’une association professionnelle. Elles appliquent des procédures techniques précises, allant du tri selon le diamètre et la longueur jusqu’au conditionnement pour l’exportation.
On respire, aucune utilisation dans les produits locaux
Face aux craintes liées à une éventuelle utilisation de ces boyaux dans les saucisses vendues au Maroc, les professionnels se montrent catégoriques : aucun boyau porcin n’entre dans la fabrication alimentaire nationale. Les produits destinés au marché local ou à l’export halal utilisent exclusivement des boyaux bovins ou ovins.
Les autorités soulignent ainsi que le rôle du Maroc se limite à une transformation industrielle suivie d’une réexportation, sans incidence sur la sécurité alimentaire halal du consommateur marocain.
Ouf ! On va pouvoir jeûner en toute bonne conscience.