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Réseaux sociaux : l’Indonésie et l’Australie durcissent le ton face aux géants du numérique
L’Indonésie et l’Australie intensifient la pression sur les grandes plateformes numériques. Google, Meta, TikTok ou encore YouTube
Face à l’ineffectivité des dispositifs censés protéger les mineurs, l’Indonésie et l’Australie intensifient la pression sur les grandes plateformes numériques. Google, Meta, TikTok ou encore YouTube sont accusés de ne pas respecter les restrictions d’accès aux moins de 16 ans, malgré des législations récentes et des sanctions désormais clairement envisagées.
L’Indonésie met en demeure Google et Meta
L’Indonésie franchit un nouveau cap dans la régulation des réseaux sociaux. Les autorités ont adressé des lettres de mise en demeure à Google et Meta, leur reprochant de ne pas se conformer à l’interdiction d’accès aux plateformes pour les moins de 16 ans, entrée en vigueur le 28 mars.
La ministre des Communications, Meutya Hafid, a dénoncé une opposition précoce des deux groupes à cette réglementation. Ces mises en demeure s’inscrivent dans le cadre de sanctions administratives prévues par la législation nationale, marquant une volonté claire de faire respecter la loi sans concession.
D’autres plateformes comme TikTok et Roblox, jugées encore imparfaitement conformes mais engagées dans des efforts d’adaptation, ont reçu de simples avertissements. Le gouvernement insiste toutefois sur sa fermeté et appelle les familles à signaler toute infraction.
Une loi pour protéger des millions de mineurs
Cette interdiction concerne près de 70 millions d’enfants dans un pays de 284 millions d’habitants. Elle vise à protéger les mineurs contre les dérives du numérique, notamment la pornographie, le cyberharcèlement, les escroqueries en ligne et les risques de dépendance.
En adoptant cette mesure, Jakarta s’inscrit dans une dynamique internationale de régulation accrue des plateformes, inspirée notamment par l’exemple australien, pionnier en la matière depuis fin 2024.
L’Australie passe à la phase de sanctions
À Canberra, le ton s’est également durci. Le régulateur australien de l’internet a ouvert des enquêtes visant plusieurs grandes plateformes, accusées de ne pas appliquer correctement l’interdiction d’accès aux moins de 16 ans.
Sont concernées Facebook et Instagram du groupe Meta, ainsi que Snapchat, TikTok et YouTube. Selon la commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, des indices de non-conformité ont été relevés et des preuves sont en cours de collecte en vue de possibles sanctions.
La décision finale est attendue d’ici le milieu de l’année, avec des amendes pouvant atteindre près de 34 millions de dollars. Le message est clair : les autorités entendent désormais passer à l’application stricte de la loi.
Des dispositifs de contrôle jugés insuffisants
Malgré certaines mesures adoptées par les plateformes, les mécanismes de vérification d’âge restent largement critiqués. Les régulateurs dénoncent des systèmes facilement contournables, permettant aux utilisateurs de modifier leurs déclarations jusqu’à franchir le seuil requis.
Par ailleurs, l’absence de contrôles rigoureux lors de la création de comptes et certaines pratiques incitant à réévaluer l’âge déclaré facilitent les contournements. Résultat : de nombreux mineurs continuent d’accéder aux réseaux sociaux en se déclarant simplement plus âgés.
Des chiffres révélateurs d’un contournement massif
Les efforts des plateformes, bien que réels, apparaissent insuffisants. En Australie, 4,7 millions de comptes suspects ont été supprimés et 300.000 tentatives d’inscription bloquées. Pourtant, près d’un tiers des parents affirment que leurs enfants de moins de 16 ans disposent encore d’au moins un compte actif.
Ce constat met en évidence les limites des dispositifs actuels et renforce la détermination des autorités à imposer des règles plus strictes, dans un contexte où la protection des mineurs devient une priorité mondiale.