Résilience éducative : l’école marocaine face au défi des crises

Résilience éducative : l’école marocaine face au défi des crises

Selon le rapport, il s’agit de construire une école capable de protéger les élèves aujourd’hui tout en se réinventant pour demain. Les crises récentes ont servi de révélateur : elles ont mis à l’épreuve la capacité du système à assurer la continuité des apprentissages

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Présenté à Rabat par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, un nouveau rapport place la résilience éducative au cœur de la transformation engagée par la Vision stratégique 2015-2030 et la loi-cadre 51.17. L’enjeu est clair : garantir la continuité pédagogique et la qualité des apprentissages, même en temps de crise.

Une résilience érigée en choix stratégique

Intitulée « Résilience du système éducatif marocain : garantir le droit à la continuité pédagogique et à la qualité des apprentissages en temps de crise – enseignement scolaire », l’étude a été élaborée par la commission permanente des curricula, programmes, formations et outils didactiques du Conseil. Elle défend une approche qui dépasse la dimension technique. La résilience n’est pas un simple dispositif d’urgence, mais un choix stratégique structurant.

Selon le rapport, il s’agit de construire une école capable de protéger les élèves aujourd’hui tout en se réinventant pour demain. Les crises récentes ont servi de révélateur : elles ont mis à l’épreuve la capacité du système à assurer la continuité des apprentissages, à préserver l’équité et à maintenir la soutenabilité du droit à l’éducation.

L’étude analyse les réponses apportées par le Maroc face aux interruptions scolaires, tout en identifiant des pratiques inspirantes à l’échelle nationale et internationale. Elle formule également des recommandations pour renforcer durablement la capacité du système éducatif à anticiper, absorber et transformer les chocs futurs.

Trois exigences pour sécuriser et transformer

Présentant les conclusions, la présidente de la commission, Amina Lemrini El Ouahabi, a structuré les recommandations autour de trois priorités : sécuriser immédiatement les apprentissages et les parcours des élèves, renforcer les capacités institutionnelles à moyen terme et inscrire la transformation du système dans la durée.

Parmi les leviers structurants identifiés figurent la gouvernance stratégique, la consolidation d’une mémoire éducative, l’amélioration des systèmes de données et d’information, ainsi que le recours accru à la recherche et à l’expertise. L’objectif est d’assurer cohérence et continuité dans l’action publique.

Pour éviter que les interruptions scolaires ne provoquent des retards cumulés compromettant les trajectoires éducatives, le rapport recommande un recentrage sur les apprentissages fondamentaux, la mise en place de plans de remédiation ciblés, un soutien psychosocial renforcé, des dispositifs de prévention du décrochage et un accompagnement accru des enseignants en période de crise.

Vers un modèle éducatif plus agile

L’étude préconise d’intégrer la résilience au cœur du modèle éducatif. Cela suppose une transformation curriculaire, une structuration pérenne de l’enseignement hybride, une territorialisation accrue de la gouvernance et une modernisation des infrastructures.

Le rapport souligne que le système éducatif marocain a démontré plusieurs atouts lors des crises récentes : transition rapide vers des modes d’apprentissage alternatifs, mobilisation remarquable des acteurs, adaptation des programmes et déploiement de soutiens pédagogiques, psychologiques et sociaux.

Cependant, des fragilités persistent. L’analyse met en lumière un déficit d’anticipation institutionnelle, des curricula jugés peu flexibles, des lacunes dans la formation des enseignants et une efficacité limitée de certains dispositifs de soutien.

Pour le secrétaire général du Conseil, Fouad Chafiki, ces conclusions ont été partagées avec les principaux acteurs du secteur, les familles et les différentes composantes de la société. Il rappelle que, comme de nombreux pays, le Maroc a connu des interruptions forcées d’enseignement susceptibles d’affecter durablement les apprentissages si la continuité et la qualité ne sont pas garanties.

En cas de recours à des modalités alternatives, la qualité ne doit en aucun cas être inférieure à celle de l’enseignement en présentiel. La résilience devient ainsi un impératif pour assurer la stabilité et la performance du système éducatif marocain dans un environnement marqué par l’incertitude.

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