Rétrospective : Mohamed Melehi ou l’École de Casablanca

Rétrospective : Mohamed Melehi ou l’École de Casablanca

L’exposition rassemble un corpus représentatif d’œuvres, incluant plusieurs pièces majeures, et s’appuie également sur des archives permettant d’éclairer les contextes de création

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L’exposition rétrospective Mohamed Melehi, œuvre en héritage a été inaugurée au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat, en présence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Présentée jusqu’au 31 août, elle retrace près de sept décennies de création de l’artiste, de ses débuts dans les années 1950 jusqu’à son décès en 2020, à travers un parcours mêlant œuvres majeures, archives et approche chronologique et cartographique.

Un parcours rétrospectif sur près de sept décennies

Installée au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, cette exposition propose une immersion dans l’œuvre de Mohamed Melehi, figure marquante de l’art moderne marocain. Conçue comme un parcours évolutif, elle met en perspective l’ensemble de sa production artistique en articulant une lecture chronologique et une approche cartographique. Le visiteur est ainsi invité à suivre les différentes étapes de la carrière de l’artiste, depuis ses premières expérimentations dans les années 1950 jusqu’aux dernières phases de son travail.

L’exposition rassemble un corpus représentatif d’œuvres, incluant plusieurs pièces majeures, et s’appuie également sur des archives permettant d’éclairer les contextes de création. Cette mise en récit vise à restituer la cohérence d’un parcours artistique marqué par une recherche constante sur la forme, la couleur et le rapport entre tradition et modernité.

Mohamed Melehi et l’École de Casablanca

Lors de l’inauguration, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a évoqué un moment marquant pour la scène artistique nationale, soulignant l’importance de rendre accessible l’héritage de figures majeures de l’art marocain. Il a également relevé le rôle de la Fondation dans l’animation culturelle et dans l’accompagnement de la création contemporaine.

De son côté, le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, a mis en avant la dynamique culturelle observée ces dernières années, en lien avec le développement des infrastructures muséales, notamment depuis l’ouverture du MMVI.

L’exposition met en lumière la contribution de Mohamed Melehi à l’émergence d’un courant moderniste au Maroc, en particulier dans le cadre de ce qui est communément désigné comme l’École de Casablanca. Ce mouvement, actif à partir des années 1960, a joué un rôle structurant dans le renouvellement des pratiques artistiques et de l’enseignement des arts plastiques.

Melehi y apparaît comme une figure centrale, à la fois artiste et enseignant, engagé dans une réflexion sur l’intégration de l’art dans l’espace public et sur la redéfinition des références esthétiques. Ses travaux se distinguent notamment par l’usage de formes géométriques et par une exploration approfondie des couleurs, qui traduisent une recherche formelle singulière.

L’exposition souligne également son rôle dans la transformation de l’enseignement artistique à l’École des beaux-arts de Casablanca, ainsi que son implication dans des projets associant art, architecture et espace urbain.

Un héritage artistique et intellectuel

Au-delà de l’œuvre plastique, la rétrospective met en évidence la dimension intellectuelle du parcours de Mohamed Melehi. Selon Youssef Melehi, cette exposition constitue un hommage à un artiste dont le travail s’inscrit dans une démarche à la fois esthétique et humaniste.

Le parcours présenté insiste sur la diversité des contributions de l’artiste, qu’il s’agisse de ses réalisations monumentales, de son engagement pédagogique ou de ses initiatives visant à rapprocher l’art du public. Cette volonté d’inscrire la création artistique dans le quotidien apparaît comme un fil conducteur de son œuvre.

L’exposition revient également sur le contexte de l’émergence d’une scène artistique moderniste au Maroc, notamment entre les années 1960 et 1980, période durant laquelle Melehi a contribué à l’affirmation d’une identité artistique ouverte sur des influences multiples tout en restant ancrée dans son environnement culturel.

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