Santé digitale en Afrique : entre équité, souveraineté et transformation des systèmes de soins

Santé digitale en Afrique : entre équité, souveraineté et transformation des systèmes de soins

La santé est un investissement stratégique plutôt qu’une charge budgétaire. Cette approche met l’accent sur la nécessité de garantir à l’ensemble de la population un accès effectif aux services de santé, indépendamment des conditions géographiques ou économiques

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Intervenant à Casablanca lors de l’ouverture de la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco, Youns Bjijou, Directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, a souligné que la digitalisation du secteur de la santé doit s’inscrire dans une logique d’équité, d’accès universel et de souveraineté sanitaire. L’événement, dédié à l’avenir des soins en Afrique, met en avant les enjeux de transformation numérique, de coopération continentale et de structuration d’un écosystème intégré.

Une transformation numérique au service de l’équité

La digitalisation du secteur de la santé s’impose comme un levier de transformation, mais elle doit répondre à des exigences précises. Lors de son intervention, Youns Bjijou a insisté sur la nécessité d’inscrire cette évolution dans une logique d’équité et d’accès universel aux soins. La modernisation du système de santé ne peut se limiter à l’introduction de technologies avancées ; elle doit également viser la réduction des inégalités territoriales et sociales.

Dans cette perspective, la santé est présentée comme un investissement stratégique plutôt qu’une charge budgétaire. Cette approche met l’accent sur la nécessité de garantir à l’ensemble de la population un accès effectif aux services de santé, indépendamment des conditions géographiques ou économiques. Elle s’inscrit dans une vision visant à renforcer la résilience des systèmes sanitaires tout en consolidant leur capacité à répondre aux besoins croissants.

Le rôle structurant des institutions et de la recherche

La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé intervient dans ce cadre en complémentarité avec les pouvoirs publics. Son action se concentre sur le renforcement des infrastructures de soins, la formation des professionnels de santé et le développement de la recherche scientifique. L’objectif est de créer un environnement propice à l’innovation tout en assurant une qualité de prise en charge adaptée aux évolutions du secteur.

L’intégration des technologies numériques constitue un axe central de cette stratégie. L’intelligence artificielle, en particulier, est identifiée comme un outil permettant d’améliorer le diagnostic précoce, d’optimiser les traitements et de favoriser le développement d’une médecine personnalisée. Toutefois, ces innovations sont envisagées comme un appui aux professionnels de santé, sans remettre en cause la dimension humaine de la relation médicale.

Les risques d’une fracture numérique

La transformation numérique du secteur de la santé comporte également des risques. Youns Bjijou a mis en garde contre l’émergence d’une fracture numérique susceptible d’accentuer les inégalités existantes. L’accès aux technologies de pointe demeure inégal, ce qui peut creuser les écarts entre les populations et les territoires.

Face à ce constat, il apparaît nécessaire de promouvoir un déploiement inclusif des innovations. L’objectif est de garantir que les avancées technologiques bénéficient à l’ensemble des citoyens, et non à une minorité. Cette approche implique la mise en place de politiques adaptées, capables d’assurer une diffusion équitable des outils numériques et de renforcer les capacités locales.

Une dynamique continentale fondée sur la coopération

Au-delà des enjeux nationaux, la question de la souveraineté sanitaire se pose à l’échelle africaine. La digitalisation des systèmes de santé ne peut être envisagée isolément ; elle nécessite une coopération renforcée entre les pays du continent. Le partage des connaissances, le transfert de technologies et le développement des compétences locales sont identifiés comme des leviers essentiels.

Dans ce contexte, la Déclaration de Dakhla de novembre 2025 est présentée comme un cadre de référence pour structurer une coopération Sud-Sud durable. Elle vise à encourager la mise en place de partenariats permettant de consolider les systèmes de santé africains et d’améliorer leur autonomie.

L’événement GITEX Future Health Africa Morocco s’inscrit dans cette dynamique. Il se positionne comme une plateforme d’échanges entre décideurs publics, industriels, investisseurs et acteurs technologiques. Selon les intervenants, la transformation du secteur de la santé repose sur la capacité à construire un écosystème intégré, mobilisant l’ensemble des parties prenantes.

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