Sécurité routière : entreprises et experts appellent à une révolution des comportements, mais encore ?

Sécurité routière : entreprises et experts appellent à une révolution des comportements, mais encore ?

Pour le directeur général de la NARSA, Benacer Boulaajoul, la gestion des risques professionnels liés à la circulation doit être considérée comme une priorité stratégique. Selon lui, la densité du trafic accroît mécaniquement l’exposition aux accidents, ce qui impose d’intégrer la sécurité routière au cœur de la gouvernance des entreprises concernées.

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À Rabat, professionnels du transport, industriels et experts ont débattu de la gestion du comportement des conducteurs professionnels, désormais considérée comme un levier majeur de prévention des accidents. Au cœur des échanges : formation, technologies de suivi et intégration de la sécurité routière dans la stratégie globale des entreprises exposées aux risques de circulation. Mais quid de l’application rigoureuse de la réglementation de la circulation et de la lutte contre tout ce qui affaiblit cette application ?

Former pour prévenir

Réunis lors d’une session technique organisée dans le cadre d’un séminaire international de l’Agence nationale de la sécurité routière, en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Organisation mondiale de la santé, les participants ont insisté sur le rôle déterminant du facteur humain dans les accidents de la route.

Pour le directeur général de la NARSA, Benacer Boulaajoul, la gestion des risques professionnels liés à la circulation doit être considérée comme une priorité stratégique. Selon lui, la densité du trafic accroît mécaniquement l’exposition aux accidents, ce qui impose d’intégrer la sécurité routière au cœur de la gouvernance des entreprises concernées.

Les intervenants ont souligné qu’un investissement dans la sélection et la formation des conducteurs améliore non seulement la sécurité mais aussi l’image institutionnelle et la performance économique des sociétés.

Technologies et suivi des pratiques

L’usage d’outils numériques s’impose progressivement comme un pilier de la prévention. Hamza Naciri Bennani, directeur général de GlovoApp Morocco, a présenté les dispositifs de surveillance du comportement routier permettant de détecter les excès de vitesse ou l’utilisation du téléphone pendant la conduite.

Dans la même logique, Vivo Energy Maroc met en place un double contrôle technique: un premier systématique avant chaque chargement et un second périodique tous les six mois, renforcé par la numérisation des procédures.

Pour les acteurs industriels, la sécurité mécanique des véhicules reste indissociable du comportement du conducteur. Abdelkrim Metlassi, responsable logistique chez Ciments du Maroc, a rappelé l’importance des formations intensives et des programmes de sensibilisation destinés aux chauffeurs.

Un enjeu humain et social

Du côté du transport public, la Compagnie de transport au Maroc a souligné que la sécurité dépasse largement la dimension technique. Pour son directeur général adjoint, El Ghazouani Jellili, protéger conducteurs et usagers constitue une responsabilité sociale mondiale.

Le séminaire, organisé sur deux jours, a rassemblé chercheurs, institutions publiques et experts internationaux autour du thème du comportement humain dans les stratégies de sécurité routière. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’approches globales associant réglementation, sensibilisation et innovation technologique.

En conclusion, les participants ont convergé vers une idée centrale: réduire les accidents passe autant par l’évolution des mentalités que par les infrastructures. La prévention repose désormais sur une transformation durable des pratiques professionnelles, appelée à devenir un standard dans la gestion moderne des entreprises de transport et de logistique.

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