Sénégal : le gouvernement serre la vis sur les dépenses publiques et interdit les voyages des ministres à l’étranger

Sénégal : le gouvernement serre la vis sur les dépenses publiques et interdit les voyages des ministres à l’étranger

Le Premier ministre sénégalais et chef du parti Pastef, Ousmane Sonko, à Dakar, le 12 novembre 2024 à un meeting de son parti. (Photo AFP)

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Confronté à une situation économique tendue et à un niveau d’endettement alarmant, le Sénégal a décidé de suspendre les déplacements non essentiels de ses ministres et hauts fonctionnaires à l’étranger. Cette mesure, annoncée par le Premier ministre Ousmane Sonko, s’inscrit dans une stratégie de rigueur budgétaire visant à réorienter les ressources vers les priorités nationales, dans un contexte marqué par des tensions avec le FMI et une remise en cause de la gestion des finances publiques par l’ancien régime.

Une politique de restriction assumée

Le gouvernement sénégalais opte pour des mesures drastiques afin de contenir les dépenses publiques. Lors d’un meeting de la jeunesse près de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé l’annulation de toutes les missions non essentielles à l’étranger pour les membres du gouvernement et les hauts fonctionnaires. Lui-même a renoncé à plusieurs déplacements prévus, notamment en Afrique et en Europe. Désormais, seuls les voyages jugés indispensables dans le cadre de l’action gouvernementale seront autorisés, traduisant une volonté claire de rationaliser les dépenses de l’État.

Une situation économique préoccupante

Cette décision intervient dans un contexte économique particulièrement délicat. Le Sénégal fait face à une dette publique et parapublique estimée à 132 % du produit intérieur brut à fin 2024, un niveau jugé préoccupant. Le gouvernement actuel attribue cette situation à une gestion antérieure marquée par une sous-estimation des indicateurs clés, notamment la dette et le déficit budgétaire. Malgré l’entrée du pays dans le cercle des producteurs de pétrole en juin 2024, avec l’exploitation du champ de Sangomar, les retombées économiques tardent à se concrétiser, accentuant les pressions sur les finances publiques.

Des négociations cruciales avec le FMI

La dégradation des indicateurs économiques a conduit le Fonds monétaire international à suspendre son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023. Cette suspension, liée à des interrogations sur la transparence des finances publiques, a fragilisé davantage la situation du pays. Après plusieurs missions d’évaluation, des discussions ont été engagées à partir de la mi-octobre pour définir un nouveau cadre de coopération. Dans ce contexte, les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement visent également à rassurer les partenaires internationaux sur sa volonté de redresser les comptes publics.

 

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