Services publics : la connaissance au cœur de la transition vers une gouvernance plus efficace

Services publics : la connaissance au cœur de la transition vers une gouvernance plus efficace

La connaissance est essentielle dans la transformation de l’action publique. L’intégration de cette dimension permet de dépasser la simple gestion des plaintes individuelles pour aller vers une compréhension plus large des dysfonctionnements qui affectent les services publics (Hassan Tariq)

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La connaissance constitue un levier essentiel pour transformer l’approche des services publics, en passant d’une logique centrée sur la protection des usagers à une véritable gouvernance administrative. C’est ce qu’a souligné le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq, lors d’une table ronde organisée à Rabat autour du nouveau modèle des services publics et de leurs transformations. Cette rencontre a réuni responsables institutionnels, acteurs de la société civile et chercheurs pour réfléchir aux évolutions nécessaires de l’administration marocaine.

De la gestion des doléances à l’analyse des dysfonctionnements

Intervenant lors de cette rencontre, Hassan Tariq a insisté sur le rôle central de la connaissance dans la transformation de l’action publique. Selon lui, l’intégration de cette dimension permet de dépasser la simple gestion des plaintes individuelles pour aller vers une compréhension plus large des dysfonctionnements qui affectent les services publics.

Cette évolution suppose de passer d’un traitement au cas par cas à une approche structurelle fondée sur l’analyse des pratiques administratives. L’objectif est d’identifier les causes profondes des difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs relations avec l’administration.

Le Médiateur a expliqué que cette démarche exige la constitution d’une base solide de connaissances. Au-delà de l’expertise juridique et normative, l’examen des doléances nécessite également une compréhension fine des processus de décision administrative ainsi que des réalités sociales dans lesquelles ces décisions s’inscrivent.

La connaissance comme outil de gouvernance

Pour Hassan Tariq, la dimension cognitive doit occuper une place centrale dans le fonctionnement des institutions de gouvernance. Elle constitue une condition essentielle pour permettre à ces instances de contribuer au débat public en toute neutralité et avec une vision éclairée.

La réflexion sur les politiques publiques, a-t-il précisé, doit s’appuyer sur un équilibre entre plusieurs dimensions : la connaissance analytique, la sensibilité civique et l’expérience pratique des acteurs impliqués dans l’action publique.

Dans cette perspective, l’Institution du Médiateur du Royaume aspire à devenir une référence dans le domaine de la gouvernance des services publics. La production et l’exploitation de connaissances issues de l’analyse des dossiers et des doléances des citoyens peuvent ainsi contribuer à améliorer la qualité des politiques publiques.

Le service public, pilier du développement

Lors de cette table ronde, le président du Mouvement Damir, Mohamed Benmoussa, a rappelé que le service public constitue un élément central du développement national. Il joue un rôle essentiel dans la consolidation de la cohésion sociale et dans la promotion de l’équité entre les citoyens.

Selon lui, la modernisation de l’administration nécessite une réforme structurelle reposant sur plusieurs principes. Parmi eux figurent la clarification des responsabilités entre les niveaux stratégique, organisationnel et opérationnel, ainsi que la mise en place d’une gestion des ressources humaines fondée sur le mérite et la compétence.

Une telle approche, a-t-il estimé, permettrait de renforcer l’attractivité de l’administration pour les cadres supérieurs et de favoriser une meilleure efficacité dans la conduite des politiques publiques. Elle doit également s’accompagner d’une simplification des procédures administratives et budgétaires afin d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.

Vers une administration plus accessible et transparente

La représentante de la Fondation Friedrich Naumann, Chaimae Bourjij, a pour sa part mis l’accent sur l’importance du nouveau modèle d’accès aux services publics. Dans un contexte marqué par l’évolution des attentes citoyennes, l’administration est appelée à devenir plus inclusive, plus accessible et plus équitable.

Elle a rappelé que le Maroc s’est engagé depuis plusieurs années dans une dynamique de modernisation administrative visant à renforcer la transparence et l’efficacité de l’action publique. Cette évolution repose sur l’amélioration des mécanismes de gouvernance et sur une meilleure organisation des services publics au bénéfice des citoyens.

Une réflexion académique sur les réformes administratives

La rencontre a également été marquée par l’organisation d’une session animée par des chercheurs universitaires. Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques, notamment les transformations de l’administration publique à travers les différentes générations de réformes, le nouveau modèle des services publics et la consolidation de la dimension territoriale de l’action publique.

Les participants ont également abordé l’évolution de la pensée participative dans la gestion des affaires publiques ainsi que la question de la création de valeur dans les politiques publiques.

Organisée par l’Institution du Médiateur du Royaume en partenariat avec le Mouvement Damir et la Fondation Friedrich Naumann, cette table ronde visait à alimenter la réflexion collective sur les mutations de l’administration marocaine.

Au-delà des échanges, l’événement a permis de mettre en lumière le rôle croissant du Médiateur du Royaume en tant qu’acteur central du débat public sur les questions liées à la gouvernance administrative et à l’amélioration des services publics.

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