Un traitement avant la naissance sauve un nourrisson atteint d’une tumeur rare

Un traitement avant la naissance sauve un nourrisson atteint d’une tumeur rare

La pathologie était associée au syndrome de Kasabach-Merritt, une complication sévère provoquant une chute massive des plaquettes sanguines et exposant l’enfant à un risque élevé d’hémorragie et de décès avant la naissance.

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Une équipe médicale française a réussi à sauver un bébé atteint d’une tumeur vasculaire extrêmement rare grâce à un traitement administré pendant la grossesse. Cette approche inédite, qualifiée de première mondiale, ouvre de nouvelles perspectives pour la prise en charge prénatale de pathologies graves.

Un diagnostic critique

À la fin du septième mois de grossesse, les médecins de la maternité du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace en France ont détecté une tumeur complexe au niveau du cou et du visage du fœtus. La pathologie était associée au syndrome de Kasabach-Merritt, une complication sévère provoquant une chute massive des plaquettes sanguines et exposant l’enfant à un risque élevé d’hémorragie et de décès avant la naissance.

Face à l’évolution rapide de la lésion, les équipes ont sollicité le Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal de Strasbourg et le centre de référence des anomalies vasculaires de Lyon afin d’élaborer une stratégie thérapeutique urgente.

Un traitement inédit

Les médecins ont opté pour le Sirolimus, un médicament anti-angiogénique habituellement utilisé pour traiter certaines anomalies vasculaires complexes. Administré par voie orale à la mère durant les cinq dernières semaines de grossesse, il a franchi la barrière placentaire pour atteindre directement le fœtus.

L’objectif était de ralentir la croissance de la tumeur et de corriger les troubles sanguins menaçant la vie de l’enfant. Selon les spécialistes, cette approche n’avait jamais été appliquée avant la naissance pour ce type précis de tumeur.

Une naissance sécurisée

L’enfant est né par césarienne à 39 semaines d’aménorrhée à Strasbourg. À la naissance, la tumeur était stabilisée et le nourrisson n’a pas nécessité d’assistance respiratoire. Après un séjour en néonatalogie, il a pu rentrer chez lui.

Âgé aujourd’hui de trois mois, le bébé poursuit son traitement et présente un développement jugé satisfaisant. Pour les médecins, cette réussite pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies prénatales pour d’autres anomalies vasculaires graves, sous réserve d’études complémentaires.

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