La mauvaise religion, dites-vous ? - Par Abdelahad Idrissi Kaitouni

La mauvaise religion, dites-vous ? - Par Abdelahad Idrissi Kaitouni

Pour la Turquie comme pour la Russie, on connaît les angles d’attaques de Bernard-Henri Lévy puisque notre pseudo philosophe les a déjà éprouvés. Dans le Kurdistan turc, il s’était maintes fois affiché dans des tranchées avec des Peshmergas, rapportant des documentaires à la gloire des séparatistes kurdes

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Dans cette chronique, Abdelahad Idrissi Kaitouni décrypte l’effondrement du monde musulman à l’aune des bouleversements géopolitiques des 150 dernières années. À partir du livre de BernardHenri Lévy, il analyse la stratégie du sionisme pour neutraliser Arabes, Perses, Turcs, Russes, jusqu’aux portes de la Chine, décelant un jeu de domination où la religion devient un champ de bataille autant qu’un prétexte.

L’Islam dans sa version arabe et perse est défait. Complètement ! J’allais rajouter l’Islam amazigh aussi, car n’en déplaise à ceux qui peinent à associer les deux vocables, le Maroc est juste un pays arabophone, mais il est ethniquement et fondamentalement amazigh. L’onde de choc de la défaite ne l’épargnera point, même si certains s’évertuent à découvrir opportunément des vertus au sionisme, et à se faire les chantres d’alliances qu’ils savent sans lendemain.

Pourtant, Perses et Arabes sont les héritiers de brillantes civilisations. Le rayonnement perse s’est fait sous la bannière d’autres religions que l’Islam. Il est à remarquer que leur déconfiture arrive à un moment où ils pratiquent tous les deux cette religion ! Ont-ils fait le choix de la mauvaise religion ?

Si la raison du plus fort est toujours la meilleure, on est tenté de répondre par l’affirmative. Normal que la lâcheté ambiante pousse de nombreuses personnes, qui redoutent la férocité des vainqueurs, à rivaliser d’actions anti-islam comme pour achever la bête blessée. 

Si beaucoup de Marocains s’inscrivent dans le mouvement moutonnier qui cherche à conjurer la vindicte des vainqueurs, dans l’espoir insensé d’être épargnés, il existe cependant une minorité non négligeable d’individus qui se délectent de ce qui arrive aux musulmans. Mieux, par des propos outranciers, ils donnent l’impression de participer ainsi à la mise à mort de l’Islam. 

Sommes-nous face à un véritable suicide, ou bien a-t-on délibérément poussé musulmans arabes et Iraniens à se faire hara-kiri au mépris d’un ADN civilisationnel incontestable. Tous les observateurs qui suivent de près les développements géopolitiques des 150 dernières années récuseront avec force l’idée de suicide. Il suffirait à cet effet de revenir sur de nombreux écrits qui développent avec luxe-détails les étapes de la conquête du pouvoir par le sionisme, et sa volonté d’asservir le monde.

Personnellement, j’avais publié en date du 14 avril 2018, il y a de cela plus de sept ans, une longue chronique que j’avais consacrée au livre de Bernard-Henri Lévy, « l’empire et les cinq royaumes ». Ce livre se voulait une sorte de « feuille de route pour les guerres du futur » (c’était d’ailleurs le titre de ma chronique) ! BHL, en maître absolu du sionisme et théoricien de son expansion, a parfaitement décrit dans ce livre la manière d’annihiler le monde arabo-musulman, puis l’Iran. 

Maintenant que ces deux « royaumes » sont à l’agonie, il reste les autres qui, dans l’ordre préconisé par le livre de BHL, sont la Turquie, la Russie, et enfin la Chine. Pour la dernière, il n’a pas précisé comment l’Occident mené par Israël allait-il s’y prendre pour abattre l’Empire du Milieu. 

Par contre, pour la Turquie comme pour la Russie, on connaît les angles d’attaques puisque notre pseudo philosophe les a déjà éprouvés. Dans le Kurdistan turc, il s’était maintes fois affiché dans des tranchées avec des Peshmergas, rapportant des documentaires à la gloire des séparatistes kurdes. Même si pour l’instant le processus de délitement de l’État turc n’est guère engagé, il y a fort à parier que, le moment venu, le Kurdistan va s’embraser, pour exposer la Turquie à des coups venant d’autres flancs.

Par contre, en Russie, BHL semble avoir réussi son coup du fait de ses multiples apparitions en 2014, sur la place Maiden à Kiev, où il chauffait à blanc les foules contre les Russes. Oui, le fait est là que la guerre actuelle en Ukraine apparaît comme un écho aux diatribes de ce héraut du sionisme. Le schéma de l’effondrement de la Russie est ainsi engagé, car, après l’Ukraine, l’Occident va pousser les pays baltes ou de l’Europe de l’Est à des guerres interminables qui vont littéralement épuiser la Russie.

Le livre de Bernard-Henri Lévy date de début 2018, donc mes propos ici ne sont pas de circonstance. À sa publication, le livre a suscité de nombreuses critiques. Mais les plus surprenantes étaient celles qui trouvaient que la feuille de route était muette sur le sort réservé à bien d’autres musulmans, comme les Afghans, les Pakistanais, les Bengalais, ou les Indonésiens. Impensable d’après ses exégètes qu’il ait voulu les épargner !

Pour les Afghans, on sait ce qu’il est advenu d’eux depuis la fuite des Américains. Ils sont dans un état de mort cérébrale, dont on voit difficilement comment ils pourraient s’en tirer dans un délai raisonnable.

Quant au Pakistan, les sionistes ont sous-traité à leur proconsul en Inde, le Premier ministre Modi, le soin de régler définitivement le sort de musulmans qui ont eu l’outrecuidance de développer un arsenal nucléaire. Qu’importe les dévastations qui en résulteraient, cela rentre dans l’eugénisme que le sionisme espère déclencher pour « soulager » la terre de sa surpopulation !

Modi, connu pour sa haine viscérale de l’Islam, semble hésiter après avoir cherché à provoquer le Pakistan, en ce mois de mai 2025. Il a découvert que son voisin a été remarquablement bien doté par la Chine. Il se rend compte que, sans une implication directe et franche de l’Occident à ses côtés, son aventure pakistanaise serait très incertaine. 

Ceci dit, la Chine sait qu’elle est bien l’objectif final de l’Occident mené par le sionisme. Elle s’y prépare ! L’aide au Pakistan va dans ce sens, alors que ce pays a de tout temps été inféodé aux USA.

D’autres critiques qui avaient accueilli le livre à sa publication, mentionnaient judicieusement qu’en s’attaquant à la Russie, le sionisme n’était pas obsédé que par les seuls musulmans. Les exégètes de BHL rappelaient que, pour dominer le monde, le sionisme se devait d’accaparer l’essentiel des ressources de la planète. Si le Proche et Moyen Orient assurait la pérennité sur le plan énergétique, seules les inestimables ressources de l’immense Sibérie pourraient assouvir l’insatiable appétit de puissance du sionisme. 

Aujourd’hui nous sommes loin, très loin du sionisme originel, dont le but était d’offrir un foyer aux Juifs du monde pour échapper aux persécutions dont ils étaient victimes. Les nouveaux sionistes ont trahi les Sages de Sion, dans la mesure où, grisés par leurs succès, ils n’ont plus d’autres aspirations que de gagner en puissance. Toujours plus de puissance !

Ils sont allés jusqu’à sacrifier des Juifs innocents pour assouvir leurs nouvelles ambitions. On l’a vu le 7 octobre 2023, quand Netanyahu, de connivence avec le Hamas, a organisé un massacre qui allait lui donner les coudées franches pour procéder à l’éradication des Ghazaouis.

Montréal, le 23 juin 2025