Environnement
Antibiotiques en élevage : une explosion à l’horizon 2040 sans changement de cap

Des gains de productivité stratégiques dans les systèmes d’élevage pourraient permettre de diviser par deux (jusqu’à 57%) le recours attendu aux antibiotiques"
D’ici 2040, l’usage mondial des antibiotiques en élevage pourrait bondir de près de 30 %, atteignant 143.500 tonnes, si aucune réforme n’est engagée, alerte une étude parue dans Nature Communications. Des gains de productivité ciblés, selon la FAO et l’Université de Zurich, permettraient pourtant de réduire ce recours jusqu’à 57 %, un levier essentiel pour lutter contre l’antibiorésistance, enjeu sanitaire mondial majeur.
Paris - Le recours aux antibiotiques dans l’élevage pourrait augmenter de près de 30% d’ici 2040 dans le monde, faute d’actions ciblées pour accroître la productivité du bétail, souligne une étude parue mardi dans Nature Communications.
Au rythme actuel et si rien n’était fait, l’usage global de ces médicaments pourrait passer à près de 143.500 tonnes en 2040, soit +29,5% par rapport à 2019.
A l’inverse, "des gains de productivité stratégiques dans les systèmes d’élevage pourraient permettre de diviser par deux (jusqu’à 57%) le recours attendu aux antibiotiques", indiquent les chercheurs issus de la FAO et de l’Université de Zurich.
Ces gains pourront venir d’actions sur la santé animale (prévention, surveillance...), de meilleures pratiques et une plus grande efficacité dans la production, permettant de réduire le nombre de têtes plutôt qu’augmenter les cheptels. Ils pourraient permettre de ramener le recours aux antibiotiques à 62.000 tonnes annuelles, estime l’étude.
La lutte contre l’antibiorésistance - la résistance des bactéries aux antibiotiques - est un sujet majeur de santé publique.
En 2024, les États du monde ont, via la déclaration de l’Assemblée générale des Nations unies, appelé à réduire significativement le recours à ces traitements dans les systèmes agroalimentaires, leur usage récurrent réduisant toujours plus leur efficacité.