Trump et le Boeing qatari : un « cadeau » qui fait polémique à Washington

Trump et le Boeing qatari : un « cadeau » qui fait polémique à Washington

5 février 2025, un Boeing 747 qatari se trouve sur le tarmac de l'aéroport international de Palm Beach après que le président américain Donald Trump a visité l'avion le 15 février 2025. Donald Trump prévoit d'accepter un luxueux Boeing de la famille royale du Qatar pour l'utiliser comme Air Force One et de continuer à voler à bord après son mandat

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En pleine tournée dans le Golfe, Donald Trump défend mordicus l’acceptation d’un Boeing 747-8 offert par le Qatar. Une décision qui suscite l’indignation au Congrès, soulève des questions constitutionnelles et alimente les accusations de conflits d’intérêts à l’approche d’un scrutin sous haute tension.

Un « palace dans le ciel » offert par Doha

Lors de son escale au Qatar, Donald Trump a confirmé avoir accepté un Boeing 747-8, estimé à 400 millions de dollars, gracieusement offert par la famille royale qatari. Pour le président américain, il s’agit d’un « beau geste » qu’il serait « stupide » de refuser. L’appareil, décrit comme un « palace volant », est destiné à remplacer temporairement l’Air Force One vieillissant.

Trump, adepte d’une diplomatie transactionnelle assumée, s’est montré peu préoccupé par les critiques : « Je pourrais dire merci beaucoup, ou bien dépenser un milliard de dollars pour un nouvel avion. » Il a assuré que l’appareil ne serait pas utilisé à des fins personnelles après son mandat.

Vives réactions au Sénat américain

Le cadeau qatari a provoqué une levée de boucliers au Congrès, notamment parmi les sénateurs démocrates. Ceux-ci dénoncent une violation potentielle de la Constitution américaine, qui interdit aux responsables publics d’accepter des présents d'États étrangers sans l’approbation du Congrès. Des élus comme Cory Booker, Chris Murphy ou Chris Coons y voient un « conflit d’intérêts évident » et une atteinte à la transparence.

Le sénateur Murphy est allé jusqu’à menacer de bloquer toute future vente d’armes à un pays « faisant des affaires personnelles directes avec Trump ». Des propos qui illustrent les tensions croissantes autour de la relation entre le président et certaines monarchies du Golfe.

Un symbole diplomatique aux lourdes implications

La Maison Blanche, par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, tente de désamorcer la controverse en affirmant que le don pourrait être destiné au ministère américain de la Défense et qu’il respecterait toutes les exigences légales. Les modalités juridiques sont encore en cours d’évaluation.

Trump, toujours en mode campagne

Ce Boeing offert n’est pas qu’un simple moyen de transport : il s’inscrit dans la logique de personnalisation du pouvoir que cultive Trump. Après avoir utilisé son propre avion, surnommé « Trump Force One », pendant la campagne présidentielle, il envisage désormais de léguer le Boeing qatari à sa future bibliothèque présidentielle, à l’image de Ronald Reagan.

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