Environnement
Juillet 2025, un nouveau palier dans la fièvre climatique mondiale
Des enfants se rafraîchissent dans une piscine portable dans le quartier d'al-Duwaiqa au Caire, le 29 juillet 2025. Les scientifiques préviennent que l'intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes vont augmenter à mesure que la planète continue de se réchauffer en raison des émissions de combustibles fossiles. (Photo par Khaled DESOUKI / AFP)
Selon l’observatoire européen Copernicus, juillet 2025 s’est hissé au troisième rang des mois de juillet les plus chauds jamais enregistrés. Derrière cette légère accalmie statistique se cache une réalité inquiétante : la planète reste sous pression, et les effets du réchauffement climatique continuent de s’amplifier.
Une chaleur persistante, malgré l’absence de record absolu
Le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) a annoncé que le mois de juillet 2025 a été en moyenne 1,25°C plus chaud qu’un mois de juillet de l’ère pré-industrielle (1850-1900). Si ce chiffre marque une légère baisse par rapport aux pics atteints en 2023, il reste largement au-dessus des niveaux acceptables fixés par l’accord de Paris.
« Deux ans après le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, la récente série de records est terminée. Pour l’instant. Mais cela ne signifie pas que le changement climatique s’est arrêté », a tenu à préciser Carlo Buontempo, directeur du C3S. Les trois mois de juillet les plus chauds depuis le début des relevés restent ceux des trois dernières années, confirmant une tendance alarmante.
Des catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes
Au-delà des moyennes globales, les événements climatiques extrêmes se sont multipliés en juillet, avec des conséquences humaines et environnementales dévastatrices. Le thermomètre a franchi les 50°C dans plusieurs pays du Golfe, en Irak, et pour la première fois en Turquie.
Parallèlement, des pluies diluviennes ont provoqué la mort de centaines de personnes en Chine et au Pakistan. Au Canada, les incendies de forêt ont continué à ravager des dizaines de milliers d’hectares. En Espagne, l’Institut de santé Carlos III a attribué plus d’un millier de décès à la chaleur rien que pour le mois de juillet, soit une hausse de 50 % par rapport à la même période de 2024.
« Nous continuons d’observer les effets du réchauffement lors d’événements extrêmes comme les vagues de chaleur ou les inondations catastrophiques », a souligné Carlo Buontempo, insistant sur le fait que l’augmentation des températures alimente directement la fréquence et l’intensité de ces crises.Copernicus rappelle que si une hausse moyenne de 1,25°C peut paraître faible, elle entraîne en réalité un déséquilibre profond des systèmes climatiques. Sécheresses prolongées, tempêtes meurtrières, inondations destructrices : chaque dixième de degré supplémentaire augmente la dangerosité du climat.
Le rapport insiste sur un point clé : l’humanité continue de brûler des quantités massives de combustibles fossiles. Pétrole, charbon et gaz alimentent une hausse continue des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Tant que cette dynamique ne sera pas stoppée, les risques de nouveaux records et d’impacts dévastateurs continueront de croître.
« À moins de stabiliser rapidement les concentrations de gaz à effet de serre, nous devons nous attendre à une aggravation des impacts. Il faut s’y préparer dès maintenant », avertit M. Buontempo.
Une surveillance scientifique sans relâche
Les données utilisées par Copernicus pour établir ses relevés sont issues de milliards de mesures satellites et météorologiques, à la fois sur terre, en mer et dans l’atmosphère. Ce suivi rigoureux permet de dresser un tableau précis de l’évolution du climat mondial, avec des archives remontant à 1940.
Malgré l’absence de record absolu en juillet 2025, les experts alertent sur une fausse impression de répit. La tendance reste inchangée : le climat se dérègle, les températures grimpent, et les conséquences s’intensifient.