Environnement
Océan, avenir commun : le Maroc à la proue d’une diplomatie bleue africaine – Par Hassan Zakariaa
À Nice, l’Atlantique africain a particulièrement retenu l’attention. En marge de l’UNOC-3, deux side events ont cristallisé la vision marocaine d’une diplomatie bleue ambitieuse.
À Nice, en marge de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), le Maroc a réaffirmé son engagement pour une gouvernance océanique inclusive, solidaire et ancrée dans la vision atlantique du Roi Mohammed VI. Hassan Zakariaa revient sur deux événements de haut niveau qui ont mis en lumière l’ambition bleue de l’Afrique et la contribution du Royaume au renforcement d’une coopération régionale durable, entre innovation scientifique, solidarité Sud-Sud et souveraineté environnementale.
Le Maroc pour une gouvernance océanique solidaire
À Nice, l’Atlantique africain a particulièrement retenu l’attention. En marge de l’UNOC-3, deux side events ont cristallisé la vision marocaine d’une diplomatie bleue ambitieuse.
La première rencontre, organisée par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement sous le thème « L’innovation en Afrique pour accélérer la mise en œuvre de l’ODD 14 », a permis de rappeler que la protection des océans ne peut se faire sans un engagement fort de l’Afrique, continent le plus vulnérable face aux dérèglements climatiques, mais aussi porteur de solutions inédites.
Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche Maritime, a salué le rôle pionnier de la Fondation dans l’ancrage d’une conscience océanique continentale, soulignant que le Maroc agit en éclaireur d’un modèle de gouvernance océanique africain, centré sur l’innovation, la science et la souveraineté partagée. Elle a évoqué le Blue Africa Summit et la Déclaration de Tanger comme autant de jalons vers une structuration africaine de la gouvernance des océans.
L’ambition bleue de l’Afrique : une voix qui s’élève
La seconde rencontre, organisée par le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime sous le thème « L’ambition bleue de l’Afrique pour l’UNOC3 : l’engagement du Maroc en faveur de la coopération régionale », a réuni experts, scientifiques, responsables africains et acteurs du développement durable.
Mme Driouich y a rappelé que l’Afrique ne demande pas à être entendue, mais reconnue comme force de proposition. Elle a inscrit cette rencontre dans la continuité de l’Africa Ocean Week, tenue à Tanger, où l’Afrique avait réaffirmé sa volonté d’unir ses voix pour peser sur les négociations internationales.
Tawfiq Mouline, directeur général de l’IRES, a, de son coté, mis en lumière l’initiative royale pour l’Afrique Atlantique, désormais appelée Processus africain des États atlantiques. Ce projet structurant entend renforcer l’intégration géopolitique, sécuritaire et économique des pays africains bordant l’Atlantique, tout en fondant une gouvernance maritime adaptée aux défis environnementaux.
Le message est clair : le Royaume porte une vision océanique qui articule diplomatie, durabilité, économie bleue et solidarité panafricaine, fidèle à l’esprit du message adressé par le Roi Mohammed VI lors du Sommet Afrique pour l’Océan, où il appelait à faire de la mer un bien commun préservé collectivement pour les générations futures.
Une stratégie ancrée dans la science et l’innovation
Les voix africaines réunies à Nice ont toutes convergé vers une idée forte : le savoir et la technologie sont des armes pacifiques pour la souveraineté des océans.
La ministre guinéenne Fatima Camara, présidente de la COMHAFAT, a rappelé l’urgence d’une approche panafricaine fondée sur la coopération régionale et la souveraineté maritime. Naima Hamoumi, géoscientifique associée à l’IRES, a insisté sur le renforcement du capital humain africain, moteur d’un développement des sciences océaniques adaptées aux spécificités du continent.
Cherif El-Khalil, chercheur en robotique à Lisbonne, a illustré comment l’intelligence artificielle, la télédétection et la robotique marine peuvent transformer la gestion durable des océans. Il plaide pour une intégration technologique stratégique, à même d’outiller les pays africains dans leur quête de résilience climatique et d’économie bleue durable.
Une diplomatie bleue cohérente, un leadership assumé
La participation du Maroc à l’UNOC-3 s’inscrit dans une logique de continuité : faire de l’océan un pilier de développement, un espace de paix et un levier de coopération internationale.
Par son implication active dans les dialogues multilatéraux, ses engagements tangibles et sa volonté affirmée d’ancrer la coopération Sud-Sud dans une logique de solutions partagées, le Maroc confirme son leadership régional et international en matière de gouvernance maritime.
Loin des postures symboliques, Rabat agit, structure, fédère. À Nice, c’est cette action concrète et structurée qui a donné chair à une ambition bleue africaine, lucide et déterminée.