CIA à Moscou : le Kremlin dénonce les « histoires alarmistes » europénnes sur une menace contre l’OTAN

CIA à Moscou : le Kremlin dénonce les « histoires alarmistes » europénnes sur une menace contre l’OTAN

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, assiste à l'UFC Freedom 250 sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 14 juin 2026 à Washington, DC.». (Photo d'Andrew Harnik / Getty Images via AFP)

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Le déplacement surprise à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe, continue d’alimenter les spéculations. Alors que des médias américains affirment qu’il était venu avertir la Russie contre toute attaque visant un pays de l’OTAN, le Kremlin a catégoriquement rejeté jeudi cette version, parlant d’« histoires alarmistes ». Une divergence qui entretient le mystère autour d’une visite exceptionnelle dans un contexte de fortes tensions entre Moscou et Washington.

Des échanges discrets entre services secrets

John Ratcliffe s’est rendu mardi à Moscou où il a rencontré des responsables du renseignement russe, sans s’entretenir avec Vladimir Poutine. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, avait confirmé mercredi l’existence de contacts « entre services secrets », qualifiés de « positifs », tout en refusant d’en dévoiler le contenu.

Le Kremlin estime cependant qu’il est encore trop tôt pour déterminer si ces échanges contribueront à sortir les relations russo-américaines de leur profonde crise. Aucun nouveau contact n’est actuellement annoncé.

Washington aurait voulu avertir Moscou

Le Wall Street Journal et CBS ont toutefois donné jeudi une tout autre dimension à la visite. Selon leurs informations, Ratcliffe aurait été chargé d’avertir les responsables russes contre toute attaque visant un membre de l’OTAN. De nouvelles évaluations du renseignement américain envisageraient notamment la possibilité que Vladimir Poutine cherche, dans les prochaines années, à tester la détermination de l’Alliance par une action limitée.

CBS précise que les scénarios étudiés par les services américains incluent notamment des opérations hybrides ou des cyberattaques. La chaîne affirme également que la question iranienne aurait été évoquée lors des discussions à Moscou.

Le Kremlin rejette le scénario américain

Moscou a vivement contesté cette lecture. « De nombreuses histoires alarmistes sont actuellement publiées », a déclaré jeudi Dmitri Peskov, assurant que ces informations n’avaient « rien à voir avec la réalité » ni avec les intentions de la Russie. Le porte-parole a retourné l’accusation en dénonçant l’« agressivité » de certains pays européens.

Donald Trump avait lui-même relativisé mercredi la portée du déplacement, le qualifiant de visite de « semi-routine ». Le président américain avait assuré qu’elle n’était liée ni à l’Iran ni à une éventuelle menace russe contre l’OTAN, tout en laissant entendre qu’elle pourrait contribuer aux efforts visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Un canal maintenu malgré la guerre

Il s’agit du premier déplacement connu d’un directeur de la CIA en Russie depuis celui de William Burns en novembre 2021. À l’époque, celui-ci avait averti Moscou des conséquences d’une offensive contre l’Ukraine, déclenchée trois mois plus tard.

La mission de Ratcliffe montre qu’en dépit de l’affrontement géopolitique, Washington et Moscou maintiennent des canaux directs entre leurs services de renseignement. Mais les versions radicalement différentes données sur son objectif témoignent aussi de la méfiance qui continue de dominer leurs relations.