Le Maroc face au vacarme hostile, le choix du sérieux et des urnes - Par Talaa Saoud Al Atlassi

Le Maroc face au vacarme hostile, le choix du sérieux et des urnes - Par Talaa Saoud Al Atlassi

Le parti-groupuscule Annahj parcourant les quartiers pour appeler au boycott, au milieu de citoyens davantage préoccupés, à en juger par les images, par leur subsistance quotidienne. Cet appel contredit les accusations de despotisme : il confirme que l’espace démocratique demeure ouvert, y compris aux paroles les plus isolées

1
Partager :

Alors que Pedro Sánchez écarte toute implication marocaine dans l’espionnage de son téléphone et les événements de Ceuta, les campagnes hostiles se poursuivent. Le Maroc, lui, reste engagé dans son projet de réforme et s’apprête à renouveler la première chambre du Parlement lors du scrutin du 23 septembre.

Talaa Saoud Al Atlassi

Des accusations entretenues malgré les démentis

Depuis des années, Pedro Sánchez, président socialiste du gouvernement espagnol, répète que son téléphone n’a fait l’objet d’aucune opération d’espionnage imputable au Maroc. Récemment encore, devant les institutions constitutionnelles et dans les médias espagnols, il a écarté toute responsabilité marocaine dans le déclenchement des événements de Sebta, en s’appuyant sur les rapports des services de renseignement de son pays.

Ces démentis n’ébranlent pourtant pas ceux qui entretiennent l’image d’un Maroc agressif, sans produire de preuve. À certains milieux politiques et médiatiques de la droite espagnole se joignent les plateformes algériennes, dont plusieurs médias officiels, ainsi que des relais étrangers. Certains affichent leur commanditaire, d’autres le révèlent par leur discours. Des Marocains installés à l’étranger après avoir fui leur pays participent également à cette offensive, mêlant insultes, mensonges et calomnies aux différends qui les opposent à leur patrie et à ses lois.

Le phénomène n’est pas nouveau. Ce brigandage numérique audiovisuel s’est développé au moment où le Maroc consolidait la dynamique réformatrice et modernisatrice du nouveau règne. Une haine individuelle a ainsi été mise au service d’acteurs extérieurs, États ou groupes d’intérêts du voisinage, que dérangent la croissance du pays et l’élargissement de son action dans son environnement géostratégique.

Un projet de réforme inscrit dans la durée

Depuis près de trois décennies, les Marocains portent un projet structurel de réforme et de modernisation, avec ses repères, ses manifestations et ses leviers. Ils refusent que le vacarme, les lamentations ou les mystifications les détournent de sa consolidation. Les campagnes hostiles révèlent surtout l’incapacité de leurs auteurs à s’occuper de ce qui serait utile à leur propre pays ou à dépasser leur conflit avec leur patrie et ses lois.

Aujourd’hui, cette trajectoire passe par la poursuite du choix démocratique, conçu comme une orientation stratégique des relations entre l’État et la société. Les élections du 23 septembre doivent renouveler la première chambre du Parlement. De ce scrutin sortira la majorité parlementaire, tandis que le chef du prochain gouvernement sera issu du parti arrivé en tête en nombre de sièges.

Ce rendez-vous consacre la régularité de l’intervention populaire dans la gestion de l’État, conformément à la Constitution. Il confirme la place de la culture constitutionnelle comme référence du système de gouvernement et comme cadre des relations entre ses institutions.

Une compétition ouverte sous supervision publique

Le scrutin se distingue aussi par une confiance accrue dans la supervision du ministère de l’Intérieur et par le recul des soupçons visant la neutralité de l’État. L’administration territoriale a mis en place les moyens logistiques nécessaires à une compétition appelée à prolonger le parcours historique de réforme du Maroc.

Observateurs et concurrents ont également relevé l’ouverture des médias publics aux différentes composantes du paysage partisan. L’accès aux moyens audiovisuels a été garanti de manière équitable, avant et pendant la campagne officielle, à travers l’expression directe, les émissions politiques, les débats et la couverture des rassemblements. Les Marocains ont ainsi suivi des échanges réunissant toutes les sensibilités et abordant l’ensemble des questions de société, avec des interventions tantôt profondes, tantôt superficielles.

Même un petit parti gauchisant a pu parcourir plusieurs quartiers pour appeler au boycott, au milieu de citoyens davantage préoccupés, à en juger par les images, par leur subsistance quotidienne que par la bataille électorale. Cet appel contredit les accusations de despotisme : il confirme que l’espace démocratique demeure ouvert, y compris aux paroles les plus isolées et à une organisation opposée aux choix et aux droits nationaux du peuple marocain.

Le vote comme réponse au bruit extérieur

Ces élections forment une nouvelle étape du combat national visant à rectifier la trajectoire réformatrice, à la nourrir démocratiquement et à l’arrimer à l’efficacité. Comme tout processus de réforme, celui-ci se heurte aux réalités sociales et aux intérêts catégoriels qui résistent aux efforts de l’État en faveur du bien commun.

La campagne a livré des propos utiles, d’autres sans portée, et certains indignes. Elle s’est déroulée sous un bombardement dirigé contre l’ensemble du processus démocratique marocain, venu de plateformes algériennes, d’une partie de la droite espagnole, de Marocains reniant leur appartenance et de tenants du populisme ou du nihilisme. Cette offensive met en cause toute l’architecture démocratique patiemment construite. Le Maroc en connaît les insuffisances, les freins et les déviations, mais il poursuit son accumulation sans dénigrement ni sacralisation, tout en refusant le découragement.

La tornade de poussière soulevée autour de Seuta à des fins électorales espagnoles finira par retomber. Demeurera la réalité de relations maroco-espagnoles engagées sur une voie stratégique fructueuse. Le Maroc constitue une valeur solide pour l’Espagne dans les domaines économique, social et sécuritaire. Ceux qui l’entraînent dans les luttes internes espagnoles savent qu’aucune alternative crédible n’existe à des relations saines entre les deux pays.

En remplissant leurs institutions par leur volonté, leurs débats et leurs confrontations politiques, les Marocains montrent qu’ils ne se laissent pas détourner par les campagnes hostiles. Ils ne prétendent pas bâtir un paradis, mais agir dans une patrie réelle, confrontée aux pesanteurs du retard. Les réalisations sont nombreuses et les défis restent multiples. L’essentiel est que le Maroc d’aujourd’hui a progressé par rapport à celui d’hier et que celui de demain peut avancer davantage. C’est cette confiance qui guide son action, dans le respect de ses intérêts et dans la recherche de bénéfices partagés avec ses voisins.

lire aussi