Le Maroc, Gibraltar dans l’esprit, défend une responsabilité partagée des détroits stratégiques

Le Maroc, Gibraltar dans l’esprit, défend une responsabilité partagée des détroits stratégiques

Près de 100 000 navires transitent chaque année par Gibraltar, soit environ 300 bâtiments par jour ou un navire toutes les cinq minutes. Le trafic dans ce passage est cinq fois supérieur à celui du canal de Suez, onze fois plus important que celui du canal de Panama et près de trois fois plus intense que celui du détroit d’Ormuz.

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Réuni jeudi 18 septembre à New York selon la formule Arria, format de réunion informelle du Conseil de sécurité de l’ONU, le CS des Nations unies a entendu le Maroc réaffirmer sa solidarité absolue avec l’Arabie saoudite après les attaques des Houthis. Nasser Bourita a également plaidé pour une gestion collective des détroits internationaux et proposé un code de conduite destiné aux pays riverains.

Solidarité absolue avec l’Arabie saoudite

Le Maroc a condamné dans les termes les plus forts les attaques qualifiées de « lâches » perpétrées par les rebelles houthis contre l’Arabie saoudite. Lors de cette réunion organisée par le Royaume de Bahreïn, membre non permanent du Conseil de sécurité, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a réaffirmé le soutien sans réserve de Rabat à Riyad.

« Je tiens à réaffirmer, au nom du Royaume du Maroc, notre soutien et notre solidarité absolue avec le Royaume d’Arabie saoudite à la suite des attaques lâches perpétrées par les Houthis », a déclaré Nasser Bourita.

Le ministre a notamment condamné l’attaque menée contre la ville sainte de La Mecque. Il a assuré que le Maroc « soutient toutes les mesures prises par le Royaume d’Arabie saoudite pour protéger son territoire et garantir la sécurité de sa population ».

Des passages maritimes sous pression

La réunion, consacrée au thème « Des mers sûres, une sécurité partagée : protéger la liberté de navigation dans un environnement sécuritaire en évolution », a placé la sécurité des détroits au centre des échanges. Pour Nasser Bourita, la tentative des Houthis de contrôler Bab al-Mandab montre que la menace visant ces passages stratégiques ne provient plus seulement des États. Des acteurs non étatiques sont désormais en mesure d’en perturber le fonctionnement, ce qui impose à la communauté internationale de revoir ses approches.

Le chef de la diplomatie marocaine a également évoqué la crise du détroit d’Ormuz. Selon lui, celle-ci a révélé les limites du dispositif actuel : malgré l’existence d’un cadre juridique, la communauté internationale ne dispose toujours pas de mécanismes suffisamment efficaces pour prévenir les crises ou les gérer lorsqu’elles éclatent.

Les membres du Conseil de sécurité, d’autres États membres de l’ONU et des experts ont participé à la rencontre. Les discussions ont souligné l’urgence d’une réouverture du détroit d’Ormuz et d’un règlement rapide de la crise dans le détroit de Bab al-Mandab.

Gibraltar comme responsabilité internationale

Nasser Bourita a défendu une conception claire de la gestion des détroits : elle constitue une responsabilité, et non une propriété. Le Maroc, a-t-il rappelé, n’est pas seulement un État côtier. Il assume une responsabilité directe dans la gestion et la sécurité du détroit de Gibraltar, l’une des principales voies maritimes mondiales.

Près de 100 000 navires y transitent chaque année, soit environ 300 bâtiments par jour ou un navire toutes les cinq minutes. Le trafic dans ce passage est cinq fois supérieur à celui du canal de Suez, onze fois plus important que celui du canal de Panama et près de trois fois plus intense que celui du détroit d’Ormuz.

Le Maroc ne voit pas dans cette position géographique un privilège ni un moyen de pression ou de chantage. Il la considère comme une responsabilité internationale et un levier au service de la coopération, de la stabilité et du développement.

Un code de conduite pour les pays riverains

Dans cet esprit, Nasser Bourita a appelé à engager une réflexion sur l’élaboration d’un code de conduite international garantissant la liberté de navigation. Les voies maritimes internationales doivent, selon le Maroc, rester ouvertes, sûres et prévisibles.

Le ministre a proposé que le Royaume accueille, en coordination avec Bahreïn, un forum international. Cette rencontre aurait pour objectifs de renforcer le respect du droit international, de favoriser l’échange des meilleures pratiques et de dépasser l’opposition entre ceux qui se présentent comme les propriétaires de ces passages stratégiques et ceux qui cherchent à les utiliser comme instruments de chantage.

Nasser Bourita a enfin rappelé que les mers et les océans forment une infrastructure mondiale essentielle mais fragile. Leur importance en fait une cible pour les convoitises et les desseins malveillants, d’où la nécessité d’une action internationale fondée sur la responsabilité partagée.

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