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Sebta : Pedro Sánchez dément sa police, l’extrême droite espagnole et européenne vent debout
Sur fond de manifestation, le e chef du gouvernement espagnol a re-démenti toute implication de Rabat dans la vague migratoire de fin juillet
Pedro Sánchez a de nouveau affirmé devant le Congrès espagnol qu’aucune preuve solide ne permettait d’accuser le Maroc d’avoir planifié ou organisé l’entrée massive de migrants à Sebta les 30 et 31 juillet. Il démentait ainsi sa police qui, la veille, manipulant les faits, avait fuité une possible passivité policière marocaine en se fondant sur sa seule lecture du dispositif policier marocain pendant la vague migratoire du 29-30 juillet 2026, démentie par ailleurs par le directeur général de la Police espagnole, Francisco Pardo. Ce qui n’a pas empêché les médias espagnols, des médias français et européens de relayer largement la manipulation.
Madrid maintient qu’aucune preuve n’accuse Rabat
Un mois après l’arrivée massive de milliers de migrants à Sebta, Pedro Sánchez persiste et signe : aucune institution espagnole, aucun service de sécurité et aucun organisme international n’a transmis au gouvernement d’élément permettant d’établir que le Maroc aurait organisé ou planifié les événements des 30 et 31 juillet.
Le chef du gouvernement espagnol l’a répété jeudi devant les députés, alors qu’une partie de la presse et de l’opposition à des fins de politique intérieure continuent d’essayer d’incriminer le rôle Rabat dans cette crise.
« Si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige », a déclaré Pedro Sánchez, qui avait déjà tenu un discours similaire quelques jours auparavant lors d’un entretien radiophonique.
Cette position rejoint celle exprimée mercredi par le directeur général de la Police espagnole, Francisco Pardo. Celui-ci avait informé le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qu’aucun rapport policier n’attribuait aux autorités marocaines l’organisation de l’arrivée massive de migrants. Une information de taille qu’une bonne partie de la presse européenne, pour différentes motivations (hostilité au Maroc, à Pedro Sanchez pour des raisons de politique intérieure et extérieure, sympathie pour l’extrême droite alliée contre anture sur ce terrain de l’extrême gauche...), essayent de mettre en doute par des contorsions lexicales.
Le gouvernement veut publier les rapports
Pedro Sánchez a demandé des explications sur le fonctionnement du Centre national de l’immigration et des frontières et annoncé que les rapports rédigés avant les événements seraient rendus publics.
Le gouvernement répond ainsi aux accusations selon lesquelles les autorités espagnoles auraient été insuffisamment préparées à une arrivée d’une telle ampleur.
Le Premier ministre a insisté sur un autre point : aucun rapport préalable n’aurait anticipé ni « l’ampleur » ni même « la possibilité » d’un afflux de cette dimension.
La question reste hautement sensible en Espagne. La droite et l’extrême droite reprochent au gouvernement sa gestion de la crise, tandis que certains alliés de gauche de l’exécutif estiment eux aussi que le Maroc a joué un rôle dans les événements.
Des dizaines de personnes ont péri ou sont portées disparues à la suite de cette vague migratoire, donnant au dossier une dimension humaine et politique particulièrement lourde.
Une ligne rouge sur Sebta et M’lilia
Si Pedro Sánchez refuse donc de mettre en cause Rabat dans l’organisation de l’afflux migratoire sans éléments probants, il a adopté un ton différent lorsqu’il a abordé la question de la souveraineté sur Sebta et Melilia.
Il répondait ainsi à Ahmed Taoufiq, ministres des Affaires islamiques et des Habous qui y avait subtilement fait référence de vant le Roi Mohammed VI lors de la veillé religieuse à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du prophèe. Il réagissait également auministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qui avait notamment revendiqué leur marocanité, évoquant le droit historique et le droit géographique du Maroc sur ces territoires. En même temps, le chef du gouvernement espagnol entendait rassurer les espagnols sur ses intentions.