Sebta: Sánchez exclut toute implication de Rabat et fustige les fausses informations diffusées par une "internationale d'ultradroite"

Sebta: Sánchez exclut toute implication de Rabat et fustige les fausses informations diffusées par une "internationale d'ultradroite"

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines" (Pedro Sánchez)

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Pedro Sánchez a écarté toute implication des autorités marocaines dans l’afflux massif de migrants à Sebta fin juillet. Le Premier ministre espagnol attribue la crise à la déformation d’un arrêt judiciaire, aux réseaux criminels et à une campagne de désinformation qu’il impute notamment à des réseaux liés à la Russie, à Israël et à l’ultradroite internationale.

Madrid, Espagne - Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a écarté lundi toute implication du Maroc dans la crise migratoire de Sebta, mais mis en cause la Russie, Israël et une "internationale d'ultradroite" dans la diffusion de fausses informations après l'afflux de migrants dans la ville occupée de Sebta.

"Nous continuons à enquêter" sur ce qu'il s'est passé, a assuré lundi sur la radio Cadena Ser Pedro Sánchez, un mois après l'arrivée de quelque 70.000 migrants dans la situé dans le nord du Marof, une traversée qui a fait plusieurs dizaines de morts et de disparus. D’autres migrants, au nombre controbversé, sont encore sur place aujourd'hui, notamment des mineurs dont Rabat réclame l’accélération de leur retour dans leur familles.

"Le CNI (Centre national du renseignement) a partagé des rapports de situation, tout comme l’a fait la police nationale, mais je peux vous assurer qu’aucune information ne permettait de mesurer l’ampleur, la gravité de la crise que nous allions subir les 30 et 31 juillet", a-t-il pointé.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a assuré Pedro Sánchez.

"Rumeurs et désinformation" .

"Ce que nous savons à ce jour, c’est qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet dernier a été déformé, qu’il a été propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains", a-t-il fait valoir.

Certaines publications assuraient alors qu'en cas d'entrée à la nage à Sebta, il était impossible d'être expulsé, ce qui est faux, a rappelé le dirigeant socialiste.

Pedro Sánchez a assuré lundi que 6.000 places d'accueil seraient prochainement disponibles dans le territoire pour les migrants, dont le statut doit être vérifié par les autorités espagnoles avant un éventuel renvoi.

Il a promis par ailleurs une aide supplémentaire de 168 millions d'euros pour faire face à la crise et à ses conséquences économiques à Ceuta.

Sur place, la tension reste vive et les manifestations d'habitants prétextant des conditions d'hygiène et de sécurité dégradées s’en prennent aux migrants, l'opposition de droite et d'extrême droite fustigeant de son côté la lenteur de la réaction du gouvernement pour gérer la crise et ses conséquences.

"Diviser" l'Europe

"Après les 30 et 31 juillet, il y a eu une diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu'à Israël, et à une internationale d'ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l'Espagne, mais aussi pour attaquer l'Europe et la diviser", a estimé Pedro Sánchez.

"Il est évident que si la Russie se met à désinformer sur cette question, ou si Israël désinforme également sur cette question en critiquant le gouvernement espagnol, ce n’est certainement pas parce que la migration en Espagne ou en Europe les préoccupe, mais précisément en raison des positions politiques que nous avons (...) face au génocide à Gaza ou à l’invasion de Poutine en Ukraine", a aussi assuré Pedro Sánchez.

Ces propos ont suscité l'ire du gouvernement israélien, avec lequel les relations sont exécrables depuis plusieurs mois, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar dénonçant sur X un "mensonge éhonté" du Premier ministre espagnol. (Quid avec AFP)

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