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Crue au Népal-Tibet: près de 93.000 personnes probablement affectées, une catastrophe en évolution
Une femme et dans ses bras sa fille âgée de cinq mois après avoir été secourue à la suite des crues soudaines, dans un camp militaire de la région de Trishuli, dans le district de Nuwakot au Népal, le 28 août 2026. (Photo de Manan Vatsyayana / AFP)
Au Népal et au Tibet, la catastrophe provoquée par l’effondrement d’un glacier prend une ampleur majeure, avec un lourd bilan humain, des milliers de sinistrés et des secours mobilisés face à une situation encore instable.
Près de 93.000 personnes pourraient avoir été affectées par les inondations meurtrières qui ont frappé mercredi une région frontalière entre le Népal et le Tibet, a indiqué vendredi la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), craignant que le bilan humain ne s'alourdisse.
Causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, l'immense vague de boue survenue mercredi au Népal et sur le territoire chinois du Tibet, au coeur de l'Himalaya, a fait plus de 550 morts et plus de 1.400 disparus, selon le dernier bilan fourni par leurs autorités. Un bilan provisoir.
"Le bilan des morts continue d’augmenter et nous craignons que d'autres victimes soient retrouvées", a déclaré à la presse à Genève depuis Katmandou David Fisher, chef de la délégation de la FICR au Népal.
Selon l'organisation, des milliers de maisons ont été détruites ou lourdement endommagées, tandis que des dizaines de routes, de ponts et d'autres infrastructures essentielles ont également été gravement affectées.
"Les estimations actuelles suggèrent qu'environ 93.000 personnes pourraient avoir été touchées", a ajouté M. Fisher, sans être en mesure de fournir plus de précisions.
"Nous ne disposons pas des détails, malheureusement, car les évaluations approfondies n'ont pas encore été réalisées. Il s'agit d'une estimation fondée sur ce que nos antennes locales ont constaté lors de leurs échanges", a déclaré le responsable aux journalistes.
De son côté, Ricardo Pires, porte-parole de l'Unicef, a indiqué "qu'au moins 17.000 enfants ont un besoin urgent d'aide humanitaire" à cette heure.
"aléas en cascade" -
"Notre priorité immédiate est de répondre aux besoins fondamentaux", a expliqué M. Fisher, rappelant que la FICR avait lancé jeudi un appel d'urgence de 25 millions de francs suisses (26,6 millions d'euros) pour soutenir la réponse de la Croix-Rouge népalaise.
"L'appel d'urgence soutiendra la réponse dans les domaines de l'hébergement, de l'aide en espèces, de la santé, des articles de secours pour les ménages, de l'eau, de l’assainissement et de l'hygiène, de la santé mentale et du soutien psychosocial, ainsi que du rétablissement des liens familiaux", a détaillé M. Fisher.
L'organisation a déjà alloué près d'un million de francs suisses d'un Fonds d’urgence pour les interventions en cas de catastrophe, afin de soutenir la Croix-Rouge népalaise.
Ses équipes ont entamé un processus d'évaluation rapide dans les zones accessibles, entretiennent des camps temporaires aux côtés des autorités locales, fournissent de la nourriture et de l'eau et distribuent des matériaux pour les abris d'urgence et d’autres articles de secours, a-t-il ajouté.
Des services visant à aider les familles à se retrouver ont également été activés, et des capacités de santé mobiles et de cliniques d'urgence sont en cours de préparation, selon la FICR.
Un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé, Tarik Jasarevic, a annoncé l'acheminement de fournitures médicales d'urgence essentielles permettant de répondre aux besoins de santé de près de 10.000 personnes pendant trois mois, ainsi que des tentes polyvalentes et des sacs mortuaires.
"De mémoire d'homme, nous n'avons pas connu d'événement lié aux risques de montagne de cette ampleur depuis très, très longtemps", a déclaré par ailleurs Kamal Kishore, chef du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), à Genève.
"Il ne s’agit pas de prévoir un seul aléa, mais toute une série d'aléas en cascade. La catastrophe n’est pas encore complètement terminée. Elle est toujours en train de se dérouler", a-t-il insisté, après que le Népal a lancé vendredi une alerte aux inondations liée à la rupture possible en territoire chinois d'une retenue d'eau. (Quid avec AFP)