International
Non-Alignés : Omar Hilale appelle le Mouvement à entrer pleinement dans le XXIe siècle
Le Mouvement n’a pas vocation à se substituer au système multilatéral international, mais à contribuer à son renforcement. Il devrait notamment permettre aux pays du Sud de mieux coordonner leurs positions et de porter leurs priorités au sein des Nations Unies. (Omar Hilal)
Réuni à Belgrade à l’occasion du 65e anniversaire de la création du Mouvement des Non-Alignés, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a plaidé pour une profonde adaptation de cette organisation aux mutations du monde contemporain. Selon lui, le NAM doit dépasser les méthodes héritées de sa période fondatrice pour mieux répondre aux défis climatiques, technologiques, sécuritaires et économiques qui redessinent aujourd’hui les relations internationales.
Rompre avec les méthodes du passé
Prenant la parole mardi lors de la réunion commémorative organisée dans la capitale serbe, Omar Hilale a estimé que le Mouvement des Non-Alignés ne pouvait plus affronter les crises du XXIe siècle en reproduisant les approches qui avaient accompagné sa création.
Depuis 1961, le paysage international a profondément changé. Aux rivalités géopolitiques traditionnelles se sont ajoutées de nouvelles fractures et de nouveaux risques qui nécessitent, selon le diplomate marocain, une transformation des méthodes de travail du Mouvement.
Le NAM doit ainsi renforcer ses mécanismes de concertation, gagner en efficacité et en crédibilité et se montrer davantage capable de formuler des propositions « pratiques et réalistes ».
L’intelligence artificielle parmi les nouveaux défis
Omar Hilale a notamment cité le changement climatique, l’intelligence artificielle, les technologies émergentes, la cybersécurité et les nouvelles formes de criminalité transnationale parmi les défis auxquels les pays membres sont désormais confrontés.
Pour le représentant marocain, le Mouvement n’a pas vocation à se substituer au système multilatéral international, mais à contribuer à son renforcement. Il devrait notamment permettre aux pays du Sud de mieux coordonner leurs positions et de porter leurs priorités au sein des Nations Unies.
Cette évolution passerait ainsi d’une logique essentiellement historique de non-alignement à une capacité accrue d’action collective face aux transformations du système international.
Le Maroc met en avant sa coopération africaine
Dans ce contexte, Omar Hilale a rappelé la place accordée par le Maroc à la coopération Sud-Sud, notamment avec les pays africains.
Il a cité les partenariats développés dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, de la formation et du développement humain, ainsi que plusieurs initiatives lancées sous l’impulsion du Roi Mohammed VI.
Parmi elles figurent l’initiative destinée à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique et le projet de Gazoduc Africain Atlantique.
Selon le diplomate, ces projets traduisent la volonté du Royaume de faire de l’espace atlantique africain un espace de connectivité, d’intégration économique et de développement durable.
La question palestinienne également évoquée
Omar Hilale s’est également attardé sur la place de la question palestinienne dans la politique étrangère marocaine.
Il a rappelé l’engagement du Roi Mohammed VI, en sa qualité de président du Comité Al-Qods, en faveur de la préservation du statut juridique, historique et culturel d’Al-Qods Al-Sharif et du droit du peuple palestinien à établir un État indépendant avec Al-Qods-Est pour capitale.
Le diplomate a enfin indiqué que le Maroc avait décidé de participer à la Force internationale de stabilisation de Gaza. Cette contribution comprendrait la mobilisation de personnel militaire et sécuritaire ainsi que le déploiement d’un hôpital militaire de campagne destiné à porter assistance à la population affectée.