Cote d’Ivoire : Ouatra emprunte la voie de la sagesse et ne se représentera pas

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Les doutes sur la tentation de Lassane Ouatara de vouloir briguer un troisième mandat, ce qui aurait hypothéqué l’évolution démocratique de la Cote d’Ivoire vient d’être levé ce jeudi 5 mars par le président en place : Il ne sera pas candidat à la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 31 octobre 2020. Devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès extraordinaire à Yamoussoukro, Alassane Ouattara a précisé que « cette décision est conforme à ce que j’ai toujours dit : à savoir, il faut laisser la place à une nouvelle génération ».

Le chef de l’Etat, âgé de 78 ans, a ajouté : « Par cet acte, je veux donner la possibilité à des Ivoiriens plus jeunes de poursuivre l’œuvre de modernisation de notre pays avec toute l’énergie nécessaire. Je veux aussi assurer les conditions d’une passation de pouvoir d’un président démocratiquement élu à un autre président démocratiquement élu pour la première fois dans l’histoire de notre pays », a poursuivi Alassane Ouattara après avoir rappelé ses « engagements » en la matière et octroyé un large satisfecit à la politique qu’il a menée depuis son accession à la présidence, en 2011. « Je n’ai certainement pas tout réussi, mais les résultats sont là », a-t-il déclaré, vantant « la Côte d’Ivoire qui connaît l’une des plus fortes croissances économiques dans le monde ». Dans l’auditoire, rapporte Le Monde, certains des députés et sénateurs présents semblaient ne pas savoir s’il convenait d’applaudir le propos ou de prier son auteur de revenir sur ses mots qui le préparent à une retraite prochaine.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a aussi dévoilé, jeudi, les amendements prévus dans le projet de révision de la Constitution qu'il avait annoncé récemment.

Devant un congrès extraordinaire du parlement ivoirien, le président Ouattara a notamment annoncé une modification du statut du vice-président de la République, proposant au regard de l'expérience actuelle, qu'"au lieu d’un ticket, que le vice-président de la République soit nommé par le président avec l’accord du Parlement".

"Avec la Constitution de 2016, qui a vu la nomination de M. Daniel Kablan Duncan à la fonction de vice-président de la République avec l’accord du Parlement, le couple vice-président-président de la République a fonctionné de manière efficace et harmonieuse", a-t-il soutenu.

Il a aussi évoqué une réforme ayant trait au pouvoir législatif avec la modification de l’article 90, qui devrait consacrer "la continuité parlementaire", ou en cas d’impossibilité d’organiser les élections parlementaires dans les délais prescrits par la Constitution (décembre 2020), le Parlement demeure en fonction jusqu’à l’organisation des prochaines élections.

La réforme constitutionnelle touche aussi l’organisation judiciaire. Elle vise à consacrer la Cour de cassation et le Conseil d’Etat comme des institutions de la République au même titre que la Cour des comptes.

De ce fait, la Cour de cassation, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes deviennent les trois institutions juridictionnelles représentatives du pouvoir judiciaire, une réforme qui a pour conséquence la disparition de la Cour suprême.

Selon le président ivoirien, cela "répond au souci d’une rationalisation institutionnelle en vue d’un meilleur fonctionnement des institutions judiciaires" du pays.

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