Dialogue inter-libyen: Les deux délégations appellent les parties internationales à soutenir le processus de Bouznika

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Une des séances de la rencontre de Bouznika qui abrite le dialogue inter-libyen.

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Bouznika - La délégation de la Chambre des Représentants et celle du Haut Conseil d’État libyens qui participent au deuxième round des séances du dialogue inter-libyen, ont appelé lundi à Bouznika, les parties internationales engagées dans le processus de Berlin et participant à la réunion sur la Libye en marge de l’assemblée générale des Nations-Unies, à soutenir le processus de Bouznika "qui a réalisé des résultats positifs".

Dans son allocution au nom des deux délégations, lors d’une conférence de presse à l'issue d’une séance de ce deuxième round, Driss Omran, de la Chambre des Représentants libyenne, a exprimé les remerciements des deux délégations aux parties internationales engagées dans le processus de Berlin et participant à la réunion sur la Libye en marge de l’assemblée générale des Nations-Unies pour les efforts déployés afin d'élaborer une vision globale à même de mettre fin à la crise libyenne.

Il a rappelé, par la même occasion, les précédents engagements des parties internationales notamment les paragraphes 37 et 38 des conclusions de la conférence Berlin 1, en les a appelant à soutenir le processus de Bouznika qui a réalisé des "résultats positifs".

Les deux délégations ont affirmé lors de cette conférence de presse, à laquelle ont participé le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger Nasser Bourita et un représentant de l’ONU au Maroc, que les séances du dialogue accueillies par le Maroc "ont été empreintes d'une ambiance positive et d'un esprit optimiste ce qui a permis d’unifier les visions concernant les critères relatifs aux sept postes de souveraineté en Libye".

Par ailleurs, M. Omran a rappelé que les deux délégations sont parvenues lors du premier round du dialogue inter-libyen le mois dernier à des importants consensus en ce qui concerne les mécanismes d’unification des institutions souveraines, affirmant qu'il y a une volonté à continuer à œuvrer au sujet des critères dans les plus brefs délais.

Par la même occasion, M. Omran a renouvelé ses remerciements au Royaume du Maroc, Roi, gouvernement et peuple, pour la disposition permanente et l'engagement à faciliter depuis des années le dialogue inter-libyen lors de ses différentes étapes, en œuvrant à garantir toutes les conditions appropriées et favorables pour réunir Les Libyens et rapprocher les vues pour parvenir à un consensus à même de trouver des solutions permettant d'unifier les institutions souveraines.

Par ailleurs, il a souligné que la délégation du Haut Conseil d’État et celle de la Chambre des Représentants se rencontrent à nouveau au Maroc frère pour reprendre le dialogue inter-libyen entamé le mois dernier et ce pour résoudre les questions liées aux institutions de l’Etat notamment celles souveraines, le but étant de répondre aux attentes du peuple libyen et à ses aspirations à des conditions de vie digne surtout dans cette conjoncture critique à cause de la crise sanitaire de la pandémie de Covid-19 et de la dégradation des services de base.

Il a ajouté que les membres des deux chambres ont œuvré, à travers les différents comités du dialogue, en vue d’assumer leurs responsabilités nationales et juridiques définies par la déclaration constitutionnelle et l’accord politique libyen signé à Skhirat, déplorant la division politique, les ingérences étrangères et les différentes tentatives de perturbation qui ont fait perdre beaucoup de temps et d'efforts de même que plusieurs opportunités ont été ratées.

Le responsable libyen a noté que la détérioration dangereuse et inquiétante que connaissent les principales institutions, dont les institutions souveraines et de service, a poussé la chambre des représentants et le Haut Conseil d'Etat à déployer des efforts exceptionnels pour parvenir à des consensus en unifiant les institutions, tel que prévu par l'article 15 de l'accord politique.

Bourita : un précédent "positif" sur lequel on peut capitaliser

Bouznika - Le dialogue inter-libyen, dont les séances du deuxième round se poursuivent à Bouznika entre les délégations du Haut Conseil d’État et de la Chambre des Représentants libyens, constitue un précédent "positif" sur lequel on peut capitaliser, en tant qu’approche pour avancer vers une solution à la crise dans ce pays, a affirmé, lundi, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita.

Au début, personne ne misait sur le Dialogue inter-libyen alors que certains l'ont déjà taxé d'échec, a relevé M. Bourita, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une séance de ces pourparlers, en présence des membres des deux délégations et du représentant des Nations-Unies au Maroc, notant toutefois que grâce à la volonté des deux parties, à leur esprit positif, ainsi qu'au soutien des présidents des deux délégations, une avancée majeure a été réalisée.

Ces réalisations inspirent « admiration et fierté », en ce sens qu’elles démontrent que les membres des deux délégations ont fait valoir l’intérêt de leur pays et sont à la recherche de solutions, a ajouté M. Bourita, notant que ces éléments ont joué un rôle décisif dans la réalisation de ce progrès.

Le ministre a également souligné la nécessité de soutenir et de préserver cette dynamique positive instaurée par le dialogue inter-libyen qui "est de bon augure", mettant en avant le rôle du soutien international et de l’encouragement dont ont eu droit ces pourparlers de la part de pays et d’organisations régionales et internationales.

M. Bourita a souligné, dans ce sens, que le dialogue inter-libyen a suscité un écho positif parmi les Libyens, qui y voyaient une « lueur d’espoir et d’optimisme», mettant en exergue le rôle de toutes les parties qui ont accompagné le dialogue de manière constructive et positive depuis le début, y compris la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et sa cheffe Stephanie Williams qui assure un suivi permanent comme elle encourage ce Dialogue, qu’elle considère comme un tournant important dans l'immobilisme que connait le dossier libyen.

Le ministre a rappelé en outre la position du Maroc vis-à-vis du Dialogue inter-libyen, affirmant, dans ce sens, que les Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI ont toujours été claires en ce qui concerne le dossier libyen, notamment par rapport à ce Dialogue.

S'adressant aux membres des deux délégations, M. Bourita a souligné que ces Hautes Instructions royales « consistent à soutenir pleinement vos efforts, se tenir à vos côtés et se mobiliser pour réussir votre Dialogue sans ingérence, ni influence ou pression, mais plus encore en protégeant ce Dialogue contre toute ingérence négative portant atteinte à son esprit positif ».

"Le Maroc, qui œuvre sous l’égide des Nations-Unies, préfère soutenir les dialogues inter-libyens plutôt que ceux autour de la Libye, les premiers étant fondamentaux et les seconds complémentaires", a assuré M. Bourita, estimant que le Dialogue inter-libyen de Bouznika fait partie intégrante de l’action menée sous la houlette onusienne pour avancer vers la solution de la crise.

À cet égard, M. Bourita a déclaré à l'adresse des membres des deux délégations libyennes que "la confiance en votre esprit patriotique permettra de surmonter toutes les difficultés auxquelles vous pouvez faire face (…) et vous êtes sur le point de finaliser un accord historique sur tous les détails de l’article 15 de l’accord de Skhirat, que nous souhaitons qu’il sera signé très prochainement et qui constituera une base fondamentale pour unifier les institutions libyennes".

L’importante avancée réalisée a donné lieu à des attentes chez les Libyens et la communauté internationale, surtout dans ce contexte difficile marqué par la crise de la Covid-19 et une situation socio-économique délicate dont souffre particulièrement le peuple libyen, a-t-il poursuivi, considérant que les réalisations atteintes ouvrent des horizons prometteurs de réussite de ce processus, et balisent le chemin aux négociations sur d’autres questions pour surmonter les écueils se dressant devant la résolution de la crise.

De son côté, le président de la Chambre des Représentants libyenne Youssef El Akkouri a exprimé ses remerciements au Maroc pour tout ce qu’il a présenté et continue de présenter pour « la paix, la concorde, la stabilité et la sûreté en Libye », affirmant que le Royaume restera toujours un pays de générosité pour instaurer la paix et unir les Libyens.

Pour sa part, le président de la délégation du Haut Conseil d’État libyen, Fawzi Al-Agab, a mis en avant le rôle primordial des pourparlers libyens, qui ont permis de réaliser des avancées importantes sur les critères de choix des occupants des postes de souveraineté, ajoutant que le débat se poursuit pour parvenir à une formule consensuelle, commune sur ces critères.

Les présidents des deux délégations ont par ailleurs fait part de leurs remerciements aux Nations-Unies pour leurs efforts afin de mettre fin à la crise en Libye.

Les séances du deuxième round du dialogue inter-libyen se poursuivent, depuis samedi à Bouznika, entre la délégation du Haut Conseil d’État libyen, présidée par M. Fawzi Al-Agab, et celle de la Chambre des Représentants libyenne présidée par M. Youssef El Akkouri.

Les deux délégations avaient repris, vendredi soir, le deuxième round, qui intervient près d'un mois après un premier round ayant réuni les deux parties (06-10 septembre dernier) à Bouznika et qui a abouti à un accord global sur les critères et les mécanismes transparents et objectifs pour occuper les postes de souveraineté.

Les deux parties avaient convenu, dans le communiqué final conjoint sanctionnant les travaux du premier round, de poursuivre ce dialogue et de reprendre leurs rencontres afin d'achever les mesures nécessaires qui garantissent l'application et l'activation de cet accord.

Les deux parties avaient de même souligné que ces réunions interviennent en application de l'article 15 de l’accord politique libyen conclu à Skhirat en décembre 2015 et en confirmation des conclusions de la conférence de Berlin soutenant la solution politique et sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, et s’expliquent par leur conscience des répercussions dangereuses nées de la division politique et institutionnelle qui a fait que le citoyen a perdu confiance en le rôle des institutions législatives, exécutives et de contrôle, en raison des mauvaises conditions de vie à tous les niveaux.

L'accueil par le Maroc de ces réunions constitue une consécration des efforts du Royaume visant à réunir les conditions adéquates et à créer un climat propice pour parvenir à une solution politique globale en Libye, afin de surmonter la crise dans ce pays et de réaliser les espoirs et les aspirations du peuple libyen pour édifier un État civil et démocratique qui jouit de la paix, de la sécurité et de la stabilité.

En effet, le rôle "constructif et actif" du Maroc dans la facilitation du dialogue libyen a été largement salué et apprécié par les capitales occidentales et arabes et par plusieurs organisations internationales et régionales, à leur tête l'Organisation des Nations-Unies (ONU) qui "soutient toutes les initiatives qui permettraient de faire progresser et de compléter les efforts de paix en cours pour la résolution de la crise libyenne, y compris les derniers efforts du Royaume du Maroc qui abrite les séances du dialogue entre le Haut Conseil d’État et la Chambre des Représentants libyens".

 

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