La chloroquine ou le remède qui a mis à nu les connivences entre les autorités sanitaires, les médias et le Big Pharma

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L’histoire de la chloroquine, depuis sa révélation par le Pr. Raoult de Marseille comme remède efficace est surtout pas cher, a déclenché les passions entre les partisan de son administration et ses adversaires. C’est surtout en France où l’hostilité au « remède miracle » du Pr Raoult a suscité le plus d’adversité, notamment dans le clan des « Parisiens » soupçonnés, et pas toujours à tort, de collusion avec l’industrie pharmaceutique, le Big Pharma. Les médias hexagonaux, particulièrement l’AFP et Le Monde, mais aussi les chaines d’information en continu, ont mené une véritable croisade contre la chloroquine avant même qu’aucun essai ne viennent remettre en cause, fut-ce comme l’étude publiée par la revue The Lancet, sur des bases suspectes, viennent le bon grain de l’ivraie. 

Une étude douteuse

Cette étude publiée par la revue The Lancet, qui s’est révélée plus que douteuse, publiée le 22 mai, se fondant sur les données invérifiables de 96.000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux, avait conclu que 'hydroxychloroquine était non seulement « inefficace » mais peut être « néfaste » à la santé. 

Pourtant le président américain Trump, âgé de 73 ans et pesant 110 kilos, pour une fois en bon modèle, n'a constaté aucun effet secondaire durant le traitement de deux semaines d'hydroxychloroquine qu'il avait décidé de prendre à titre préventif contre le coronavirus, a annoncé mercredi le médecin de la Maison Blanche. Dans son bref résumé, le Dr Conley précisé que Donald Trump a un rythme cardiaque de 63 pulsations par minute. « Les données indiquent que le président reste en bonne santé", conclut-il, précisant que tous ses vaccins sont à jour.

Mais que vaut Trump devant l’étude publiée par The Lancet. Et il n’en fallait pas plus pour que les autorités médicales françaises, à l’affut, prononcent l’interdiction du traitement. Pas très loin, à Genève, l’OMS, met, elle aussi, en garde contre la chloroquine et ordonne l’arrêt des essais. Des essais qui n’ont jamais été menés par ailleurs bout de terme, prétextant un manque de patients. `

La main dans le sac

Seulement dès la publication de l’étude, des dizaines de chercheurs et de scientifiques du monde entier dénoncent sa fiabilité nullement acquise et demandent l’accès aux données sur lesquelles s’est basée l’étude. En vain.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, ces scientifiques soulignent que l'examen minutieux de l'étude du Lancet soulève "à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données".

Ils dressent une longue liste des points problématiques, d'incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des informations, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes.

Celles-ci émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d'analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis. Mais cette société est au centre de toutes les interrogations : une autre revue médicale de référence, le New England Journal of Medicine (NEJM), a aussi publié mardi une "expression of concern" au sujet d'une étude de la même équipe, réalisée avec les bases de données de Surgisphere.

Un désastre pour les politiques et la communauté « scientifique »

Suspectée de parti-pris, la « prestigieuse » revue médicale The Lancet, prend peur et ses distances en reconnaissant dans un avertissement formel que "d'importantes questions" planaient au sujet étude.  Pris en flagrant délit au moins d’hésitation, les experts de l'OMS, qui ne savent plus sur quel pied danser, se rétractent et concluent dans la foulée"qu'il n'y avait aucune raison de changer le protocole des essais". 

Rétrospectivement, il semble que les décideurs politiques se soient trop appuyés sur ce papier", a commenté le professeur Stephen Evans, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

L'étude du Lancet a en outre été attaquée avec virulence par les défenseurs de l'hydroxychloroquine, souvent avec le mot clé #LancetGate sur les réseaux sociaux. 

Au premier rang d'entre eux figure le chercheur français Didier Raoult. 

"Le château de cartes s'effondre", a-t-il twitté mercredi au sujet de l'avertissement du Lancet, après avoir qualifié avant tout le monde que  l'étude est "foireuse" et estimé qu'elle avait été réalisée par des "pieds nickelés".

Un spécialiste français, le Pr Gilbert Deray, voit dans la publication de ces avertissements par The Lancet et le NEJM le signe que les deux études sont "en voie de rétraction". Un tel désaveu est selon lui "un désastre" puisque ces revues sont des "références".

"Ces errements illustrent que le temps scientifique doit être déconnecté de celui médiatique. L'urgence de la pandémie ne justifie pas les études médiocres", a-t-il estimé sur Twitter.

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