L’État, fort, est en droit d’attendre des contreparties du privé

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La crise de l’épidémie du coronavirus nous a révélé à la fois la force de nos fondamentaux et les faiblesses de notre organisation. Dans l’histoire contemporaine, le Maroc n’a jamais eu à affronter un phénomène avec une telle complexité. Et pourtant, nous avons réussi à nous en sortir, en jugulant la crise sanitaire et en répondant au choc, à la fois de l’offre et de la demande.

Dans cette crise, le chef du gouvernement s’est discrédité. La communication a été lamentable. C’est un fait indiscutable. La confiance du début de la gestion, unanime, s’est effilochée au fil du temps, parce que le gouvernement paraissait divisé, communiquait mal, souvent à contre-sens. C’est l’État qui a assuré l’essentiel. C’est le monarque qui a choisi de donner la priorité à la santé, c’est encore lui qui a créé le fonds de solidarité, si imposant et si utile.

Ce qui nous attend est d’une complexité beaucoup plus inextricable. Nous allons faire face à des pertes d’emplois, à une mortalité d’entreprises inégalée. Nous avons besoin d’une vision réactive, pour saisir les opportunités et sortir l’économie de la sinistrose, de l’ornière.

L’État dispose de piliers, les entreprises publiques qui sont nécessaires à cette reconstruction. Il n’est pas envisageable que l’une des institutions financières, dont le statut spécifie qu’elle doit accompagner les politiques publiques, continue à intervenir en bourse pour des intérêts particuliers. Ce qui nous attend, c’est un niveau de récession inédite, un chômage grandissant, mais aussi des possibilités d’encourager une économie solidaire et surtout d’investir dans des secteurs d’avenir.

Les entreprises publiques et les administrations sont appelées à répondre à un choc en proposant une vision et en y mettant les moyens.

Le Patronat aussi ne peut s’affranchir de ses responsabilités sociales. L’État est lui aussi en droit d’attendre des contreparties aux efforts considérables apportés au secteur privé. Le premier devoir c’est l’investissement. Le patronat, en tant que classe sociale, doit, normalement, porter les valeurs de solidarité et de responsabilité et les diffuser.

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