Torres de Alcalâ à Al Hoceima, un joyau architectural chargé d’histoire et de charme

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Situé sur la côte méditerranéenne, à l’embouchure de l’oued de Béni Boufrah, (50 kilomètres à l’ouest d’Al Hoceima), cet édifice historique émerge à environ 3 km du site archéologique de Badis.

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Al Hoceima - La forteresse de Torres de Alcalâ, également connue par les Tours de Senhaja, est un lieu où l’histoire enlace avec la splendeur de la nature, et par charme médiéval qui continue de séduire les visiteurs.

Situé sur la côte méditerranéenne, à l’embouchure de l’oued de Béni Boufrah, (50 kilomètres à l’ouest d’Al Hoceima), cet édifice historique émerge à environ 3 km du site archéologique de Badis.

Haut-lieu culturel, il se dresse à environ 90 mètres au-dessus du niveau de la mer, au cœur d’une nature libre et sauvage, entre montagnes et mers, surplombant les célèbres plages de Torrès, de Badès et de Cala Iris.

D’une forme quadrangulaire s’élargissant vers l’ouest et se rétrécissant vers l’est, la forteresse de Torres de Alcalâ couvre une superficie d’environ 670 mètres carrés, selon des données de la direction provinciale de la culture à Al Hoceima.

Le bâtiment comprend 6 tours, dont quatre entourent les angles de la forteresse, et la cinquième est située au-dessus de la porte d’entrée, tandis que la sixième a été construite durant la période de l’occupation ibérique et conçue sous une forme circulaire.

Le site est entouré d’une muraille d’environ 1,60 mètre de large et d’une hauteur oscillant entre 5 et 7 mètres, construite en briques de terre cuite sur une base en moellons.

Cette œuvre médiévale renferme de vastes espaces, notamment des vestiges de chambres, des galeries ainsi qu’une salle des gardes ou de réserve de munitions.

L’édifice témoigne d’une fusion harmonieuse entre l’architecture marocaine authentique et l’ingénierie ibérique, qui lui confère une attrait touristique et esthétique indéniable.

Son emplacement panoramique au centre du parc national ajoute une dimension unique à son charme.

L’histoire de la forteresse a longtemps divisé les spécialistes qui la situent tantôt à l’époque des Almohades, tantôt au 15e siècle en tant que site ibérique d’origine portugaise ou espagnole.

L’auteur du livre soufi “Al-Maqsad al-sharif wa-al-manza al-latif fi tarif bi salhae al-rif”, Abd al-Haqq ibn Ismail al-Badisi avait évoqué la forteresse dans son œuvre la situant à proximité de Badis (13e siècle).

Parlant des travaux de réhabilitation et de restauration de cet édifice historique, le président de l’association GEODE pour la valorisation de patrimoine, Anouar Akkouh, précise qu’ils ont été réalisés en trois phases.

“La première, (2016- 2017), a porté notamment sur la réalisation des études archéologiques et historiques, ainsi que le lancement de l’opération de restauration, pour un investissement global de 3 millions de dirhams (MDH), et ce en partenariat avec l’Union européenne (UE) et l’Agence pour la promotion et le développement du Nord (APDN)", .

La deuxième phase (2018 à 2020), a-t-il ajouté, a été réalisée dans le cadre du programme de développement "Al Hoceima Manarat Al Moutawassit", avec une enveloppe budgétaire globale de 1,78 MDH, dans le cadre d’un partenariat entre les ministères de la Culture et de l’Intérieur. L’opération a concerné la réhabilitation des escaliers et la restauration de quelques vestiges archéologiques.

“La troisième phase enfin, a pris 18 mois de travaux pour s’achever en décembre 2022, et comprenait la finalisation de l’aménagement extérieur du site historique et la construction d’une partie du mur extérieur de la forteresse".

Il a, en outre, précisé que cette troisième phase a nécessité une enveloppe de 170.000 dollars américains, financé par l’ambassade des États-Unis à travers le fonds des ambassadeurs pour la préservation de la culture, dans la lignée d’un partenariat entre le ministère de la Culture et l’association GEODE.

M. Akkouh a également indiqué que la restauration de ce site archéologique s’est accompagnée d’une série d’activités, à l’instar d’une conférence sur la "gestion du patrimoine culturel dans les parcs nationaux", qui a réuni des participants nationaux et internationaux dans le but de mettre en avant ce patrimoine immatériel.

Les Tours de Senhaja, ou Torres de Alcalá, se présentent comme un chef-d’œuvre architectural, qui se distingue par sa beauté, tant dans sa structure que dans son cadre, offrant ainsi des panoramas captivants pour les touristes. C’est un site dont l’attrait est à consolider par son développement, sa modernisation et l’intégration de nouveaux éléments qui contribuent à dynamiser le secteur touristique local.

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