Actu
Le patrimoine monétaire à Fès et création littéraire à El Jadida
Le Musée de la Monnaie de Fès-Médina a officiellement ouvert ses portes dans le quartier historique de Qattanine, au cœur de la cité idrisside
L’ouverture du Musée de la Monnaie de Fès-Médina et la présentation du nouveau roman de Driss Roukhe à El Jadida ont marqué l’actualité culturelle marocaine. Ces deux événements, consacrés respectivement à la mémoire monétaire du Royaume et à la création littéraire contemporaine, témoignent de la diversité des initiatives visant à rapprocher le patrimoine, le cinéma et l’écriture du grand public.
Un musée au cœur de la médina de Fès
Le Musée de la Monnaie de Fès-Médina a officiellement ouvert ses portes dans le quartier historique de Qattanine, au cœur de la cité idrisside. Inauguré à l’occasion de la Fête du Trône, cet établissement est le deuxième musée créé par Bank Al-Maghrib, après celui de Rabat.
Le nouvel espace culturel est installé dans un bâtiment chargé d’histoire, qui avait accueilli le premier siège de la Banque du Maroc à Fès. Sa transformation en musée s’inscrit dans la politique menée par Bank Al-Maghrib pour préserver, documenter et valoriser le patrimoine monétaire national.
Le parcours proposé aux visiteurs retrace l’évolution de la monnaie et des moyens de paiement au Maroc, depuis l’Antiquité jusqu’à la période contemporaine. Organisée selon une progression chronologique, l’exposition permet de suivre les différentes étapes de l’histoire économique, politique et institutionnelle du Royaume.
Les collections rassemblent des pièces en or, en argent et en cuivre, des billets de banque ainsi que plusieurs instruments monétaires. Elles illustrent les techniques de frappe, les choix artistiques et les influences culturelles qui ont accompagné la fabrication de la monnaie au fil des siècles.
Une attention particulière a été accordée aux pièces frappées à Fès. Certaines portent explicitement le nom de la ville, rappelant le rôle central qu’elle a joué dans l’histoire monétaire marocaine sous différentes dynasties.
Une expérience pédagogique et immersive
La scénographie associe les objets patrimoniaux à des dispositifs numériques et interactifs. L’objectif est de rendre l’histoire monétaire accessible à tous les publics, notamment aux jeunes générations, grâce à une présentation à la fois scientifique, esthétique et pédagogique.
Pour le directeur des Musées de Bank Al-Maghrib, Rochdi Bernoussi, le musée offre une autre manière de découvrir l’histoire du Maroc. Les monnaies exposées ne sont pas seulement des moyens de paiement anciens : elles constituent aussi des témoignages des périodes politiques, des échanges commerciaux et des évolutions artistiques du pays.
L’implantation de l’établissement dans la médina de Fès, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, renforce également l’offre muséale de la capitale spirituelle. Elle contribue à la réhabilitation d’un édifice historique et à la création d’un nouveau point d’intérêt pour les habitants comme pour les visiteurs marocains et étrangers.
Driss Roukhe présente son nouveau roman
À El Jadida, le Théâtre de la Cité portugaise a accueilli une rencontre consacrée au roman Al Houfra, signé par le réalisateur, acteur et écrivain Driss Roukhe. L’ouvrage de 209 pages prolonge le parcours littéraire de l’auteur après Ridaa Annisyane, un texte situé aux frontières de l’autobiographie.
Avec ce nouveau roman, Driss Roukhe adopte une construction narrative plus audacieuse et explore davantage les dimensions psychologiques et existentielles de ses personnages. L’intrigue se déroule durant une seule nuit à Meknès.
Le récit suit Souad, une femme qui décide de quitter son domicile et entame un parcours apparemment ordinaire. Son déplacement se transforme progressivement en une traversée intérieure, au cours de laquelle son destin personnel se mêle aux transformations sociales et urbaines de la ville.
Entre littérature et cinéma
Organisée par l’Association du ciné-club d’El Jadida avec plusieurs partenaires culturels, la rencontre a permis au public d’échanger directement avec l’auteur sur son rapport à l’écriture et au cinéma.
La manifestation a également été marquée par la projection de Jrada Malha, premier long métrage de fiction réalisé par Driss Roukhe. Le film aborde des questions sociales et humaines en faisant du cinéma un outil d’observation de la réalité.
Les échanges ont porté sur les conditions de production du film, ses coulisses et les choix esthétiques du réalisateur. À travers cette double rencontre, Driss Roukhe a ainsi mis en lumière les liens étroits entre l’image et le récit, deux formes d’expression qu’il mobilise pour interroger la société et les trajectoires individuelles.