société
Football : le patriotisme ne vaut que s’il devient une exigence quotidienne – Par Adil Ghallab
Le patriotisme ne peut être convoqué uniquement lors des victoires diplomatiques ou des exploits sportifs avant de disparaître dès le lendemain. Il doit s'inscrire dans les gestes les plus ordinaires
L'élan populaire suscité par les succès du football marocain révèle une profonde fierté nationale. Mais cette mobilisation ne prendra tout son sens que si elle dépasse l'émotion des grandes compétitions pour nourrir un engagement durable en faveur du civisme, de la responsabilité et du respect des valeurs qui fondent la vie collective.
Le patriotisme comme engagement
La volonté de voir le Maroc progresser et rayonner sur la scène internationale traduit une fibre patriotique qui demeure profondément ancrée dans la société. Cet élan constitue une force précieuse dans un contexte marqué par de nombreux défis, à condition qu'il se transforme en comportement quotidien.
Le véritable patriotisme ne se limite pas au soutien d'une équipe nationale. Il implique de combattre l'incivisme, de respecter autrui et de replacer les devoirs au cœur de la citoyenneté. Les droits ne prennent leur pleine valeur que lorsqu'ils reposent sur les efforts consentis par l'ensemble de la collectivité.
L'éducation commence avant l'école
Cette responsabilité concerne autant les institutions que les citoyens. Si l'administration doit poursuivre sa modernisation et réduire les lourdeurs et dysfonctionnement qui freinent son efficacité, chacun est également comptable de son comportement dans l'espace public et de l'éducation transmise aux nouvelles générations.
L'école ne peut, à elle seule, assurer simultanément l'instruction et l'éducation. Les bases du respect, de l'écoute, du sens de l'effort, de la discipline et de la volonté de progresser doivent être acquises au sein de la famille. C'est sur ce socle que l'institution scolaire peut pleinement remplir sa mission.
Entretenir la conscience citoyenne
Le patriotisme ne peut être convoqué uniquement lors des victoires diplomatiques ou des exploits sportifs avant de disparaître dès le lendemain. Il doit s'inscrire dans les gestes les plus ordinaires, ceux qui façonnent le vivre-ensemble et renforcent la cohésion nationale.
Cette prise de conscience relève d'une responsabilité partagée. Médias, intellectuels, acteurs de l'éducation et citoyens ont tous un rôle à jouer pour faire vivre un civisme actif, durable et visible. C'est dans cette continuité que le patriotisme cesse d'être une émotion passagère pour devenir une véritable culture de l'engagement.