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Angleterre-France : dix buts, le record momentané de Mbappé, les adieux amers de Deschamps
Le sélectionneur français Didier Deschamps fait un geste lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde de football 2026 opposant la France à l'Angleterre au Miami Stadium de Miami, le 18 juillet 2026. (Photo : CHANDAN KHANNA / AFP)
L’Angleterre a décroché la troisième place de la Coupe du monde 2026 en dominant la France sur un score d’un set de tennis, 6-4 au terme d’un match spectaculaire ou mélodramatique, c’est selon. Menés 4-0 à la pause après une première période catastrophique, les Bleus ont réagi avec orgueil sans parvenir à achever leur remontée.

Deuxième but français de Bradley Barcola, rarement le ballon aura fréquenté autant de fois les filets lors d’un seul match (Photo : CHANDAN KHANNA / AFP)
Un festival offensif pour la troisième place
L’Angleterre et la France ont offert un dernier récital avant la finale de la Coupe du monde. Dix buts, des occasions en cascade, des accélérations, des erreurs défensives des attitudes démissionnaires et des gestes de grande classe ont rythmé une rencontre totalement débridée.
Les Three Lions, plus agressifs et mieux organisés, ont pris le dessus dès les premières minutes. Face à une équipe de France passive et déséquilibrée, ils ont multiplié les attaques rapides et exploité les larges espaces laissés par la défense tricolore.
Bukayo Saka a été le principal artisan de cette domination. Insaisissable dans son couloir, l’attaquant anglais a signé un triplé et constamment mis les défenseurs français en difficulté. Ses appels, sa vitesse et son efficacité ont permis à l’Angleterre de creuser rapidement l’écart.
La défense française, entièrement remaniée au coup d’envoi, n’a jamais trouvé ses repères. Les Bleus ont perdu leurs duels, manqué d’agressivité dans le pressing et laissé trop de liberté aux joueurs anglais.
À la pause, l’Angleterre menait 4-0. Le match semblait déjà terminé. Pour Didier Deschamps, qui dirigeait l’équipe de France pour la 185e et dernière fois, le scénario tournait au cauchemar.
Une première période « imprésentable »
Après la rencontre, le sélectionneur français n’a pas cherché à minimiser la faillite collective de son équipe. Il a qualifié la première période d’« imprésentable » et reconnu sa part de responsabilité.
« Je n’ai pas dû faire ce qu’il fallait en première mi-temps », a-t-il admis, regrettant une équipe incapable de répondre à l’intensité anglaise.
La France avait pourtant annoncé son intention de terminer dignement le mandat de son entraîneur. Mais durant les quarante-cinq premières minutes, les Bleus ont donné l’impression d’être absents.
Les transmissions étaient trop lentes, les joueurs offensifs perdaient rapidement le ballon et les lignes françaises restaient trop éloignées les unes des autres. Les Anglais ont ainsi pu se projeter sans véritable opposition.
Didier Deschamps avait choisi de renouveler complètement sa défense. Cette décision s’est révélée particulièrement risquée. Privée d’automatismes, l’arrière-garde française a été constamment prise de vitesse.
Rayan Cherki, Ibrahima Konaté, Théo Hernandez et Désiré Doué ont notamment connu une première période très difficile. Lors d’une pause fraîcheur, Deschamps a tenté de secouer ses joueurs, sans parvenir à enrayer le naufrage.
Mbappé comprend la colère des supporteurs
Kylian Mbappé a livré une analyse tout aussi sévère. Le capitaine français a reconnu que certains supporteurs pouvaient avoir le sentiment que les joueurs n’avaient pas respecté le maillot.
« Je peux comprendre certains qui pensent que c’est du foutage de gueule », a-t-il déclaré au sujet de cette première période totalement manquée.
L’attaquant a néanmoins refusé de parler d’un manque volontaire d’implication. Selon lui, les joueurs français ont surtout été « humains » et complètement sonnés par l’intensité imposée par les Anglais.
« Malheureusement, nous, on ne peut pas se permettre d’être humains », a-t-il ajouté, rappelant le niveau d’exigence qui accompagne l’équipe de France.
Son principal regret concernait Didier Deschamps. Les joueurs voulaient offrir une belle sortie à leur sélectionneur, mais leur première période a donné l’impression inverse.
Quatre changements et une réaction spectaculaire
À la mi-temps, Didier Deschamps a procédé à quatre changements. Ousmane Dembélé, Dayot Upamecano, Bradley Barcola et Lucas Digne sont entrés en jeu.
Ces modifications ont immédiatement transformé le visage des Bleus. Plus agressifs, plus rapides et mieux organisés, les Français ont retrouvé une partie de leurs qualités.
La France a enfin commencé à exercer une pression constante sur la défense anglaise. Les attaquants ont multiplié les appels, tandis que les milieux ont joué plus vite vers l’avant.
Kylian Mbappé a pris ses responsabilités. Michael Olise s’est également illustré en délivrant deux nouvelles passes décisives, portant son total à sept dans le tournoi.
Les Bleus ont progressivement réduit l’écart et se sont même procuré deux occasions d’égaliser à 4-4.
L’Angleterre, jusque-là souveraine, a commencé à reculer. Mais les Français avaient dépensé énormément d’énergie pour combler leur retard. En se découvrant davantage, ils ont offert de nouveaux espaces aux attaquants anglais.
Bukayo Saka a inscrit son troisième but sur penalty. Puis Jude Bellingham, entré en jeu, a définitivement scellé le sort de la rencontre avec une réalisation de grande classe.
Mbappé au sommet de l’histoire ?
La soirée restera malgré tout historique pour Kylian Mbappé. Auteur d’un doublé, l’attaquant du Real Madrid a inscrit ses 21e et 22e buts en Coupe du monde.
Il a ainsi dépassé Lionel Messi et pris seul la tête du classement des meilleurs buteurs de l’histoire de la compétition. Si celui-ci ne marque pas en finale, Mbappé prendra sa place pour au moins quatre ans dans l’histoire.
Mbappé a cependant accueilli ce record avec une grande retenue. Il a reconnu l’importance de cette performance pour son héritage personnel, mais a expliqué qu’il aurait préféré disputer la finale.
« J’aurais aimé ne pas être le meilleur buteur de l’histoire et jouer demain le match (final) », a-t-il confié.
Deschamps quitte les Bleus sur une défaite

Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France, amer, Mbappé percutant mais impuissant, regardent la troisième place de la Coupe du monde de football 2026 leur filer entre les pieds lors du match opposant la France à l'Angleterre au Miami Stadium de Miami, le 18 juillet 2026. (Photo : Chandan Khanna / AFP)
Le revers contre l’Angleterre a surtout refermé l’ère Didier Deschamps. Après quatorze années à la tête de l’équipe de France, le sélectionneur quitte son poste au terme d’un match à l’opposé du football de rigueur et de maîtrise qui a longtemps caractérisé son mandat.
Deschamps a reconnu la déception d’un groupe arrivé avec de grandes ambitions. Les Bleus espéraient remporter le tournoi, mais ils ont échoué en demi-finale face à l’Espagne avant de frôler le naufrage en petite finale.
Le technicien a toutefois refusé de réduire l’ensemble du parcours à ces deux défaites. Il a souligné les qualités humaines de son groupe et le potentiel des jeunes joueurs appelés à poursuivre l’histoire de la sélection.
« Il y a vraiment le matériel pour continuer à avoir de très bons résultats », a-t-il assuré.
Son bilan reste considérable. Sous sa direction, la France a remporté la Coupe du monde 2018, atteint la finale de l’Euro 2016, gagné la Ligue des nations en 2021 et disputé une nouvelle finale mondiale en 2022.
Il a installé durablement les Bleus parmi les meilleures sélections du monde et maintenu une remarquable continuité au plus haut niveau.
La dernière soirée de Didier Deschamps aura donc été spectaculaire, folle et douloureuse. Elle n’a pas offert la sortie rêvée, mais elle ne saurait effacer quatorze années de succès.
L’Angleterre termine pour sa part le tournoi sur le podium, portée par un Bukayo Saka étincelant..