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La FIFA dénonce une campagne pour l’affaiblir, Infantino obtient l’appui de grandes fédérations sud-américaines
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe (à gauche), avec le président de la FIFA, Gianni Infantino (à droite), avant le match des huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026 opposant le Canada au Maroc, au Houston Stadium de Houston, le 4 juillet 2026. (Photo de Paul Ellis / AFP)
Contesté par l’UEFA depuis son projet d’ouverture de la FIFA à des investisseurs privés, le président de l’instance fait à des appels à la démission e. La FIFA dénonce, elle, « un effort concerté et continu » visant à affaiblir son président, tandis qu’Infantino cherche des soutiens en Afrique et en Amérique du Sud.
La FIFA contre-attaque
Dans un communiqué publié samedi, la Fédération internationale de football a vivement réagi aux informations récemment parues sur Gianni Infantino.
L’instance dénonce des affirmations non étayées et des allégations manifestement fausses.
Cette sortie intervient après la publication, par le quotidien britannique The Telegraph, d’un article accusant Infantino de favoritisme lorsqu’il occupait le poste de secrétaire général de l’UEFA, entre 2009 et 2016.
Selon le journal, le dirigeant italo-suisse aurait favorisé la promotion d’une employée avec laquelle il entretenait une relation intime. Celle-ci aurait également bénéficié, au moment de son départ de l’UEFA, d’une indemnité à six chiffres et de la prise en charge d’environ 50 000 euros de frais pour un MBA.
L’UEFA a confirmé qu’un paiement avait bien été effectué ainsi que le règlement de frais de formation, tout en précisant que ces mesures étaient conformes aux règles appliquées à l’époque aux salariés quittant l’organisation.
La FIFA assure pour sa part accepter « tout examen critique légitime », mais refuse ce qu’elle considère comme une déformation des faits ou une amplification d’accusations non établies.
Le projet d’investisseurs privés au cœur de la crise
La crise a éclaté à la fin du mois de juillet avec la révélation d’un projet visant à ouvrir la FIFA à des investisseurs privés, via la création d’une société commerciale qui aurait notamment eu pour mission d’organiser les Coupes du monde.
Contesté par l’UEFA qui craint pour sa domination du football monadial, le projet a finalement été abandonné.
Son retrait n’a toutefois pas suffi à éteindre la fronde.
L’UEFA demeure l’un des principaux opposants au président de la FIFA et a maintenu sa menace de boycott des Coupes du monde. La Concacaf, qui regroupe des fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a également exprimé son opposition.
En Europe, la présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness, est allée plus loin en demandant ouvertement la démission de Gianni Infantino.
À huit mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2027, dont il est pour l’instant le seul candidat déclaré, le patron du football mondial doit donc faire face à cette contestation animée particulièrement par les Européens.
Des soutiens recherchés en Amérique du Sud
Gianni Infantino s’est rendu vendredi à Cali, en Colombie, où il a assisté à l’investiture du nouveau président colombien Abelardo de la Espriella.
Sa présence a aussi été l’occasion de mettre en scène plusieurs soutiens venus du football sud-américain.
La Fédération colombienne a diffusé des images d’Infantino en compagnie de son président Ramon Jesurun et du président de la Conmebol, Alejandro Domínguez.
Ce dernier avait pourtant exprimé, la veille, sa « préoccupation » face aux « actions unilatérales répétées » de la FIFA. Mais il a ensuite tempéré ses critiques, estimant qu’il était impossible d’ignorer « le grand travail » réalisé par Infantino et appelant à privilégier le dialogue.
L’Argentine, le Paraguay, le Venezuela et l’Équateur ont également apporté leur soutien au président de la FIFA.
Le Mexique s’est lui aussi démarqué de la position de la Concacaf en réaffirmant sa confiance dans le « leadership » d’Infantino.
Une bataille désormais politique
À Cali, Gianni Infantino a refusé de dire s’il estimait avoir surmonté la crise. Il a préféré recentrer son discours sur la mission sociale du football.
Lors d’un festival organisé pour des enfants, il a insisté sur la « joie », le « bonheur » et « l’unité » que doit incarner le sport.
Mais derrière ce discours consensuel, la bataille pour le contrôle politique de la FIFA est désormais clairement engagée.
Dans son communiqué, l’instance prévient qu’elle ne tolérera aucun processus lié à l’élection de son président qui serait contraire à ses statuts ou à ses procédures de gouvernance. Elle rappelle aussi qu’Infantino a été élu par les associations membres et qu’il continue d’exercer ses fonctions en vertu de leur mandat.
La séquence prend donc de plus en plus les contours d’un affrontement entre l’UEFA fédé et le président de la FIFA. À l’approche de l’élection de mars 2027, les soutiens affichés en Afrique et en Amérique du Sud pourraient devenir déterminants face à une opposition européenne.