L’Espagne décroche une deuxième étoile au bout de la nuit

L’Espagne décroche une deuxième étoile au bout de la nuit

Le milieu de terrain espagnol n° 16, Rodri, brandit le trophée avec ses coéquipiers après avoir remporté la finale de la Coupe du monde de football 2026 opposant l'Espagne à l'Argentine au New York/New Jersey Stadium d'East Rutherford, le 19 juillet 2026. (Photo: Juan Mabromata / AFP)

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Deux ans après son sacre européen, l’Espagne a conquis dimanche son deuxième titre mondial en dominant l’Argentine au MetLife Stadium, près de New York. Longtemps verrouillée, la finale a basculé en prolongation grâce à Ferran Torres, auteur de l’unique but de la rencontre à la 106e minute. Une victoire qui consacre la force collective de la Roja et prive Lionel Messi d’un doublé historique.

Une finale longtemps cadenassée

L’Espagne est de nouveau sur le toit du monde. Seize ans après son premier sacre en Afrique du Sud, la Roja a décroché une deuxième étoile en venant à bout de l’Argentine, championne en titre, au terme d’une finale âpre et longtemps indécise.

Dominateurs dans le jeu, les Espagnols ont dû patienter jusqu’à la prolongation pour trouver la faille. À la 106e minute, Ferran Torres a repris avec puissance une remise de la tête de Nico Williams et trompé Emiliano Martinez, jusque-là impérial. Le but a libéré une sélection espagnole qui avait multiplié les initiatives sans parvenir à déséquilibrer durablement le bloc argentin.

La tâche de l’Albiceleste s’était toutefois compliquée après l’exclusion d’Enzo Fernandez pour un deuxième carton jaune dans les arrêts de jeu du temps réglementaire. Réduite à dix, l’Argentine a fini par céder sous la pression d’une équipe espagnole plus fraîche, plus précise et surtout mieux armée collectivement.

Une Roja souveraine

Ce nouveau titre vient récompenser le travail entamé depuis 2022 par Luis de la Fuente. Le sélectionneur a construit une équipe équilibrée, solide défensivement et capable d’imposer son rythme grâce à un milieu de terrain d’une rare maîtrise.

Rodri, Ballon d’Or 2024, a une nouvelle fois dirigé les opérations avec autorité, soutenu par un Fabian Ruiz omniprésent. Derrière eux, la défense espagnole a confirmé sa remarquable régularité. La Roja n’a encaissé qu’un seul but en huit rencontres, symbole d’une organisation presque hermétique.

Après un début poussif face au Cap-Vert, conclu sur un nul sans but, l’Espagne a progressivement élevé son niveau. Elle n’a ensuite jamais réellement semblé en danger, y compris face à la France, battue 2-0 en demi-finales malgré la puissance de son secteur offensif.

Cette victoire confirme le retour d’une domination espagnole rappelant la période dorée de 2008 à 2012, lorsque la Roja avait enchaîné deux Championnats d’Europe et une Coupe du monde.

Yamal discret, Williams décisif

L’Espagne a remporté le titre sans avoir bénéficié de la meilleure version de Lamine Yamal. Diminué par une blessure à la cuisse gauche, le jeune prodige de 19 ans n’a jamais pu pleinement exprimer son talent durant le tournoi.

En finale, l’ailier barcelonais s’est procuré quelques situations intéressantes, notamment une frappe précoce, un centre dangereux pour Ferran Torres et un coup franc repoussé par Emiliano Martinez dans les arrêts de jeu. Son influence est toutefois restée limitée par rapport à celle qu’il avait exercée lors de l’Euro 2024.

La Roja a en revanche pu compter sur Nico Williams. Entré à la 75e minute, l’attaquant de l’Athletic Bilbao a immédiatement apporté de la vitesse et de la percussion. Il a d’abord buté sur Martinez en prolongation avant d’offrir, de la tête, la passe décisive à Ferran Torres.

L’Argentine au bout de sa résistance

L’Argentine rêvait de devenir la première sélection à conserver son titre mondial depuis le Brésil en 1962. Mais les triples champions du monde n’ont jamais trouvé les moyens de perturber durablement la machine espagnole.

Avec seulement deux tirs en plus de 120 minutes, l’Albiceleste a surtout défendu et résisté. Son plan a longtemps fonctionné, grâce à la discipline de son bloc et aux interventions de son gardien. L’exclusion d’Enzo Fernandez a cependant déséquilibré une équipe déjà soumise à une forte pression.

Lionel Messi, qui avait porté l’Argentine jusqu’en finale, n’a pas réussi à changer le cours du match. Décisif en demi-finales contre l’Angleterre avec deux passes lumineuses, le capitaine argentin est resté très discret face au contrôle espagnol.

À 39 ans, pour ce qui devrait être sa dernière Coupe du monde, Messi termine tout de même le tournoi avec huit buts. Il porte son total à 21 réalisations en six éditions, mais laisse le Soulier d’Or à Kylian Mbappé. L’attaquant français, auteur de dix buts, devient également le meilleur buteur de l’histoire de la compétition avec 22 réalisations.

Ferran Torres, héros d’un peuple

La finale a finalement choisi un héros inattendu. Ferran Torres n’avait pas marqué depuis le début du tournoi. Il a attendu le moment le plus important pour inscrire le but d’une vie.

« Ce n’est pas mon but, c’est celui de 47 millions de personnes », a déclaré l’attaquant du FC Barcelone après la rencontre. « C’est le destin. On a gagné pour notre peuple. »

Le joueur de 26 ans a également insisté sur la confiance de son équipe dans son propre football. Face à Messi, a-t-il reconnu, le danger reste permanent, mais l’Espagne a refusé de renier ses principes.

Dans son pays, les hommages ont rapidement afflué. La Maison royale a salué une équipe qui a « porté le nom de l’Espagne au sommet », évoquant la récompense d’un parcours marqué par l’effort, le sacrifice et la constance. Présent au stade, le Premier ministre Pedro Sánchez a célébré, lui, « une équipe énorme ».

Au terme d’un tournoi parfaitement maîtrisé, la Roja referme le Mondial 2026 avec une deuxième étoile et la certitude de posséder l’un des collectifs les plus complets de la planète. (Quid avec AFP)