Au cœur du Sahara marocain, Laghchiwat révèle de nouveaux chapitres de l’histoire ancienne

Au cœur du Sahara marocain, Laghchiwat révèle de nouveaux chapitres de l’histoire ancienne

Parallèlement aux fouilles, l’équipe scientifique a poursuivi un important travail de documentation des gravures rupestres du site de Laghchiwat

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À plus de cent kilomètres au sud d’Es-Semara, le site de Laghchiwat s’impose comme un nouveau jalon majeur de la recherche archéologique au Sahara marocain. Une mission scientifique conduite par des chercheurs marocains y a récemment mis au jour des données inédites sur les pratiques funéraires, l’art rupestre et l’occupation humaine ancienne, ouvrant la voie à une meilleure compréhension de l’histoire profonde de la région et à sa valorisation culturelle.

Un chantier scientifique sur la mémoire saharienne

Menée du 17 au 31 décembre 2025, la mission archéologique marocaine s’est déroulée sur le site d’art rupestre de Laghchiwat, dans la commune d’Amgala. Elle a été conduite par des enseignants-chercheurs spécialisés de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Ibn Zohr d’Agadir. Cette première campagne s’inscrit dans un projet plus large visant l’inventaire et la documentation du patrimoine culturel et naturel du bassin de la Sakia El Hamra, avec pour ambition la création d’un futur circuit culturel et touristique dans la province d’Es-Semara.

Des pratiques funéraires inédites mises au jour

Le cœur de la mission a porté sur des fouilles archéologiques approfondies de sépultures et de monuments funéraires. Fondées sur une méthode stratigraphique rigoureuse et une analyse scientifique minutieuse, ces investigations ont permis d’identifier des types de structures funéraires analysés pour la première fois dans l’histoire de la recherche archéologique au Sahara marocain.

Les premières données recueillies révèlent des informations inédites sur les rites funéraires et sur les spécificités architecturales locales, témoignant de modes d’organisation sociale et de représentations symboliques propres aux populations anciennes de la région. Ces découvertes contribuent à enrichir les connaissances sur l’évolution des sociétés sahariennes et leurs adaptations à un environnement exigeant.

Art rupestre et patrimoine naturel en documentation

Parallèlement aux fouilles, l’équipe scientifique a poursuivi un important travail de documentation des gravures rupestres du site de Laghchiwat, ainsi que l’inventaire d’éléments du patrimoine naturel environnant. Ces gravures constituent des témoignages majeurs de l’expression symbolique et artistique des communautés anciennes, inscrites dans le paysage saharien.

La mission s’est également étendue à la ville d’Es-Semara, avec une campagne de documentation de l’architecture urbaine du XXe siècle. Cette démarche vise à mettre en valeur les caractéristiques architecturales de la ville et leur rôle dans la construction de son identité visuelle, en reliant patrimoine ancien et héritage plus récent.

Former la nouvelle génération d’archéologues

Au-delà de la recherche, la mission a accordé une place centrale à la formation. Des sessions théoriques et pratiques ont été organisées au profit des étudiants de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Agadir. Ces ateliers ont porté sur les techniques de relevé, de documentation et d’archivage des dalles gravées, ainsi que sur les méthodologies de fouilles appliquées aux sépultures et monuments funéraires.

Cette dimension pédagogique contribue à renforcer les compétences nationales en archéologie et à assurer la transmission des savoir-faire scientifiques aux futures générations de chercheurs.

Une mobilisation partenariale pour le patrimoine

Les travaux s’inscrivent dans le cadre d’une convention de partenariat portée par l’Association Mirane pour la protection des sites archéologiques, avec le financement du Conseil provincial d’Es-Semara. Le projet associe également la province d’Es-Semara, la Direction du patrimoine culturel relevant du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la Commission régionale des droits de l’Homme et des enseignants-chercheurs de l’Université Ibn Zohr.

Placée sous la direction scientifique du professeur Abdelhadi Ewague et coordonnée par Mohamed Mouloud Baiba, la mission livre des résultats préliminaires prometteurs. Ceux-ci confirment la richesse exceptionnelle du patrimoine archéologique d’Es-Semara et ouvrent de nouvelles perspectives pour la recherche, la valorisation culturelle et le développement territorial du Sahara marocain.

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