Comediablanca à Bruxelles, Kebir Mustapha à Rabat, The Voice of Hind Rajab, en catimini à Berlin

Comediablanca à Bruxelles, Kebir Mustapha à Rabat, The Voice of Hind Rajab, en catimini à Berlin

Réalisé par la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, ce docudrama de 90 minutes s’inspire d’une histoire réelle et retrace les efforts du Croissant-Rouge palestinien pour tenter de sauver une fillette survivante d’un raid aérien israélien à Gaza

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De la scène du Cirque Royal de Bruxelles aux salons culturels de Rabat, en passant par les salles obscures de Berlin, la création artistique marocaine et arabe se laisse voiur. Humour, littérature et cinéma se croisent dans une dynamique de circulation culturelle qui met en lumière de nouveaux talents, des voix engagées et des récits universels porteurs de dialogue. Et aussi à Essaouira, Andy Baille ; à Marrakech, Mustapha Azeroual ; et à Chichaoua, le court-métrage “Ayoub Le Pendule”.

Comediablanca fait vibrer Bruxelles et poursuit sa tournée mondiale

Le festival Comediablanca a marqué une nouvelle étape de sa tournée internationale lundi soir au Cirque Royal de Bruxelles, devant un public nombreux et enthousiaste. Né à Casablanca en 2023, ce rendez-vous dédié à l’humour s’est rapidement imposé comme l’un des événements majeurs du stand-up marocain et francophone, attirant plus de 11.000 spectateurs en seulement deux éditions.

Pour son escale belge, la programmation a réuni un plateau éclectique associant têtes d’affiche et jeunes talents. Oualas, Jalil Tijani, Mimo Lazrak, John Sulo, Sarah Lélé, Mehdi Bousaidan et Bouder ont partagé la scène, avec la participation exceptionnelle de Gad El Maleh en invité d’honneur. Cette diversité artistique illustre la vocation du festival, qui se veut à la fois une vitrine internationale pour les humoristes marocains et un espace de coopération avec les scènes francophones et africaines.

Les fondateurs du festival, Saâd Lahjouji et Myriam Bouayad, ont rappelé que Comediablanca se veut avant tout un lieu de rencontre, où se mêlent cultures, langues et récits, autour d’un humour capable de franchir les frontières. L’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Luxembourg, Mohamed Ameur, a pour sa part souligné la dimension universelle du rire, qu’il a qualifié de langage commun dans un monde traversé par les tensions et les incertitudes. Après Paris et Abidjan, Bruxelles constitue la troisième étape de cette tournée, qui se poursuivra à Montréal avant un retour à Casablanca.

À Rabat, Kebir Mustapha Ammi au cœur d’une rencontre littéraire

Dans le même élan culturel, la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Étranger organise à Rabat une rencontre littéraire avec l’écrivain Kebir Mustapha Ammi autour de son roman Les Vertus Immorales. L’événement, prévu à l’Espace Rivages, s’inscrit dans une volonté de valorisation des parcours intellectuels issus de la diaspora et de promotion du dialogue entre les générations.

Né à Taza en 1952, Kebir Mustapha Ammi est une figure reconnue du paysage littéraire maroco-français. Romancier, essayiste, dramaturge et poète, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages publiés notamment chez Gallimard et Elyzad. Son œuvre, souvent ancrée dans l’histoire et les réalités du Maghreb, explore les thématiques de l’exil, de l’identité et de l’exclusion, dans une écriture où se mêlent fiction et mémoire. En 2016, il a été décoré officier de l’Ouissam du Mérite national.

Dans Les Vertus Immorales, publié en 2009, l’auteur propose le récit initiatique de Moumen, un jeune Marocain du XVIe siècle, entraîné dans un long périple qui le conduit jusqu’aux terres du Nouveau Monde. À travers ce voyage, le roman interroge les frontières de la vertu, la violence de l’histoire et la puissance de la connaissance comme moteur d’émancipation.

À Berlin, un film engagé au cœur du débat international

Sur le plan cinématographique, Berlin a accueilli la projection privée, cachez ce dame que je ne saurais voir, du film The Voice of Hind Rajab, organisée par le Conseil des ambassadeurs arabes accrédités en Allemagne. La séance s’est tenue en présence de diplomates, de parlementaires allemands et de responsables culturels, sous la coordination de l’ambassadeur du Maroc en Allemagne, Zohour Alaoui, doyenne du corps diplomatique arabe.

Réalisé par la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, ce docudrama de 90 minutes s’inspire d’une histoire réelle et retrace les efforts du Croissant-Rouge palestinien pour tenter de sauver une fillette survivante d’un raid aérien à Gaza. Présenté en première mondiale à la Mostra de Venise en 2025, le film avait suscité une ovation exceptionnelle et a depuis été récompensé dans plusieurs festivals internationaux, tout en étant nommé à l’Oscar du meilleur film international.

Par cette projection, les diplomates arabes ont souhaité mettre en lumière le rôle du cinéma comme vecteur de mémoire et de sensibilisation, capable de porter des récits humains au-delà des frontières politiques et géographiques.

À Marrakech, Mustapha Azeroual explore la matérialité de l’image

La Maison Denise Masson à Marrakech accueillera, dimanche, le vernissage de l’exposition “Lumières” du photographe franco-marocain Mustapha Azeroual. Initiée par l’Institut français de Marrakech, cette exposition s’inscrit dans le cadre de la foire 1-54 Marrakech, consacrée à l’art contemporain africain et à ses diasporas, et restera ouverte au public jusqu’au 16 avril.

Scientifique de formation, Mustapha Azeroual développe une approche fondée sur l’expérimentation et l’observation, interrogeant les procédés historiques de la photographie à l’aune des enjeux contemporains. Son travail met l’accent sur la matérialité de l’image et la nature même du médium photographique. Présent régulièrement dans les grandes foires internationales, l’artiste a vu ses œuvres intégrer des collections prestigieuses, notamment au MACAAL au Maroc, chez JP Morgan aux États-Unis, ainsi que dans plusieurs musées et fonds privés en Europe. Il a également participé à de nombreuses expositions collectives de référence, consolidant sa place sur la scène photographique internationale.

À Chichaoua, un court-métrage au cœur des réalités sociales

Le Centre culturel de Chichaoua projettera en avant-première, samedi, le court-métrage “Ayoub Le Pendule” du réalisateur Mohamed Oumai. D’une durée de 27 minutes, ce film raconte l’histoire poignante d’un enfant de 12 ans, orphelin de père, contraint de grandir prématurément tout en poursuivant un rêve hérité de sa famille.

Tourné dans les ruelles et les espaces de vie quotidienne de Chichaoua, le film aborde avec sensibilité des thèmes universels tels que la solidarité, la résilience et la force des liens communautaires. Porté par un casting mêlant comédiens confirmés et jeunes talents, dont Mustapha Tehtah, Mohammed Benrahal et Islam El Kassimi, le projet se veut un hommage aux enfants confrontés trop tôt aux responsabilités de la vie.

À Essaouira, Andy Baille revisite le Maroc à travers le “Néo-Orientalisme

À Essaouira, l’Institut français accueillera vendredi le vernissage de l’exposition “Néo-Orientalisme” de l’artiste-peintre franco-marocain Andy Baille. Visible jusqu’au 7 mars, cette exposition propose une immersion dans un univers pictural où le patrimoine marocain dialogue avec des visions contemporaines et futuristes.

Né à Casablanca en 1994, Andy Baille puise son inspiration dans un environnement familial marqué par la diversité culturelle. Son travail, influencé par le fauvisme et l’impressionnisme, se distingue par un usage expressif de la couleur et une approche instinctive de la forme, invitant à la contemplation et à l’introspection.

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