Décès d’un Marocain à Bologne : Rabat réclame toute la vérité, Rome promet une enquête sans concession

Décès d’un Marocain à Bologne : Rabat réclame toute la vérité, Rome promet une enquête sans concession

La mort du quadragénaire a provoqué une importante mobilisation à Bologne et dans plusieurs villes d’Italie

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Le décès d’un ressortissant marocain lors d’une intervention policière à Bologne suscite une vive émotion en Italie comme au Maroc. Alors que les autorités marocaines exigent une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, appelle, elle aussi, à établir les responsabilités « avec la plus grande rigueur ». L’affaire, largement relayée par les médias italiens, a déjà provoqué des manifestations et des tensions dans plusieurs villes du pays.

Rabat demande une enquête exhaustive

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a indiqué suivre avec une profonde préoccupation les événements ayant conduit au décès d’un ressortissant marocain à Bologne.

Dans un communiqué, le département dirigé par Nasser Bourita précise avoir demandé aux autorités italiennes compétentes d’ouvrir rapidement une enquête exhaustive afin de déterminer les circonstances exactes du décès et de fournir tous les éclaircissements nécessaires. Le Maroc insiste également pour que les responsabilités soient établies et que l’ensemble des procédures judiciaires prévues par la loi soit pleinement appliqué.

Le ministère assure que l’ambassade du Maroc en Italie et le consulat général concerné ont reçu des instructions pour suivre de près l’évolution de cette affaire, conformément à l’engagement du Royaume de protéger les intérêts de ses ressortissants établis à l’étranger.

Giorgia Meloni appelle à faire toute la lumière

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni est sortie de sa réserve en appelant à rechercher « la vérité jusqu’au bout » sur la mort d’Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans décédé dimanche à Bologne lors de son interpellation.

Dans un message publié sur le réseau social X, la cheffe du gouvernement a estimé que les éventuelles responsabilités devaient être établies avec la plus grande rigueur, tout en condamnant les violences ayant éclaté lors d’une manifestation organisée le lendemain du drame.

Le parquet de Bologne a ouvert une enquête judiciaire et ordonné une autopsie. Deux policiers ainsi que quatre secouristes font l’objet des investigations.

Des images au cœur de l’enquête

Selon les premiers éléments de l’enquête, la police était intervenue après le signalement d’un homme présenté comme étant dans ‘’un état de grande agitation’’.

Des vidéos filmées par un riverain montrent toutefois Abderrahim Fakir immobilisé au sol pendant plusieurs minutes, implorant de l’aide avant de devenir progressivement inerte. Les enquêteurs devront notamment analyser les images enregistrées par les caméras individuelles des policiers afin d’établir avec précision le déroulement de l’intervention.

Manifestations et appel au calme

La mort du quadragénaire a provoqué une importante mobilisation à Bologne, où plusieurs milliers de personnes ont manifesté. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait des dizaines de blessés parmi les policiers ainsi que plusieurs manifestants, selon les autorités italiennes.

D’autres rassemblements ont ensuite été annoncés dans plusieurs grandes villes, notamment à Milan, Florence et Naples.

Face aux tensions, l’ambassadeur du Maroc en Italie, Youssef Balla, a appelé les membres de la communauté marocaine à faire preuve de responsabilité, en les invitant à ne pas céder aux provocations ni aux tentatives d’instrumentalisation de cette tragédie. Il a également exprimé son regret face aux prises de position publiques ayant anticipé les conclusions de l’enquête, tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions judiciaires italiennes.

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a pour sa part insisté sur la nécessité de laisser la justice mener son travail, rappelant que nul n’est au-dessus des lois.

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