Corruption dans le matériel médical : l’affaire Balt éclabousse un CHU français

Corruption dans le matériel médical : l’affaire Balt éclabousse un CHU français

Le centre hospitalier universitaire français de Reims, théâtre du scandale

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Une affaire de paiements occultes impliquant le fabricant de dispositifs médicaux Balt USA et des professionnels de santé met en lumière les risques de corruption dans le secteur hospitalier. Une affaire qui a couté plus de 1,76 million d’euros à l’entreprise. La situation pénale des médecins concernés reste toutefois distincte et n’est pas réglée par cet accord.

Des coils au cœur des soupçons

L’affaire concerne notamment des coils d’embolisation, de minuscules spirales métalliques utilisées en neuroradiologie interventionnelle. Introduits à l’aide d’un microcathéter, ces dispositifs permettent notamment d’obstruer la poche d’un anévrisme cérébral afin de réduire le risque de rupture ou de récidive.

Selon la convention judiciaire d’intérêt public conclue avec le Parquet national financier, les soupçons portent sur des avantages financiers qui ont été accordés à deux médecins, l’un exerçant en France et l’autre en Belgique. Ces paiements sont liés à l’utilisation des produits commercialisés par l’entreprise américaine Blockade Medical, rachetée en 2016 par le groupe français Balt et devenue par la suite Balt USA

La procédure évoque ainsi des faits susceptibles de relever de la corruption active et passive d’agent public. Le dossier français a été confié, en septembre 2023, à la section de recherches de Reims de la Gendarmerie nationale.

Plus de 1,76 million d’euros d’amende

La procédure française s’est achevée, pour la personne morale Balt USA, par la signature d’une convention judiciaire d’intérêt public le 17 mars 2026. Celle-ci a été validée deux jours plus tard par le président du tribunal judiciaire de Paris.

Aux termes de cet accord, Balt USA s’est engagée à verser une amende d’intérêt public de 1 765 493 euros au Trésor public. Le montant tient compte d’une déduction correspondant aux sommes déjà prises en considération dans le cadre de la procédure américaine.

La convention prévoit également la mise en œuvre, pendant trois ans, d’un programme de conformité au sein du groupe Balt.

La responsabilité des médecins

La validation de l’accord entraîne, sous réserve du paiement de l’amende, l’extinction de l’action publique visant Balt USA. Elle ne règle cependant pas la situation pénale des personnes physiques susceptibles d’être impliquées.

Le Parquet national financier français souligne expressément que la convention ne concerne pas les tiers, notamment les médecins. Leur responsabilité devra donc être appréciée séparément par la justice, dans le respect de la présomption d’innocence.

Au-delà du seul cas Balt, l’affaire rappelle la nécessité un peu partout dans le monde d’un contrôle rigoureux des relations financières entre les fabricants de dispositifs médicaux et les professionnels de santé. Les collaborations scientifiques, les travaux de recherche et les activités de conseil sont autorisés, mais doivent être encadrés, justifiés et déclarés conformément aux règles de transparence.

Dans un secteur où les médecins peuvent influencer le choix de matériels coûteux et hautement spécialisés, toute rémunération dissimulée risque de créer un conflit d’intérêts. Elle fragilise la confiance des patients dans l’indépendance des décisions médicales et dans la gestion des établissements publics.

L’affaire Balt n’est probablement que la face visible de l’iceberg industrie médicale : les mécanismes de contrôle interne, la traçabilité des paiements et la déclaration des liens d’intérêts ne sont pas de simples formalités, mais des garanties essentielles pour préserver l’intégrité des soins.

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