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Tour historique « Al-Qamra » victime d’un pillage : Asilah s’indigne et appelle à sauver ce qui reste de son patrimoine culturel
Inaugurée en 1994 de Borj Al Qamra par du Prince héritier de l’époque, Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de Mário Soares alors président du Portugal.
Le pillage d’éléments en cuivre de la tour historique « Al-Qamra » à Asilah suscite une vive indignation et relance le débat sur la protection du patrimoine. Entre appels à une enquête urgente et mobilisation citoyenne, la ville s’inquiète pour la préservation de sa mémoire et de son identité culturelle.

La tour « Al-Qamra » à forte portée symbolique en raison de son lien avec l’histoire d’Asilah, mais aussi pour les dimensions civilisationnelles et diplomatiques qu’elle incarne. Réhabilité dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation du Forum d’Asilah et la Fondation Gulbenkian du Portugal.
La ville d’Asilah vit au rythme d’une vague de colère et de consternation, après le vol des éléments en cuivre situés couvrant le sommet de la tour portugaise historique « Al-Qamra », dans un acte qualifié de grave, en ce qu’il vise l’un des symboles majeurs de la ville et de sa mémoire collective.
Pour l’écrivain Ahmed El Madini « c’est un crime odieux qui appelle à la mobilisation de toutes les autorités sécuritaires, locales, régionales et centrales, ainsi qu’à une position ferme du ministère de la Culture et de tous les acteurs engagés dans la préservation des monuments du patrimoine national, afin d’enquêter sur cet acte ignoble et de traquer les criminels. À défaut, notre patrimoine sera exposé partout à des atteintes similaires. Nous sommes appelés à adopter une position de solidarité et de dénonciation, d’autant plus que cela se produit à Asilah, perle culturelle et artistique au passé prestigieux, telle que l’a édifiée son défunt grand artisan Mohammed Benaïssa, qui en a fait un héritage précieux transmis aux générations. »
Une valeur symbolique et diplomatique
Il n’est pas le seul à s’indigner. Des acteurs de la société civile estiment que cet incident dépasse le cadre d’un simple vol pour s’apparenter à une atteinte flagrante au patrimoine culturel et historique. Il révèle, de manière préoccupante, la fragilité des mécanismes de protection et d’entretien censés préserver ce type de monuments à valeur nationale et internationale.
La tour « Al-Qamra » jouit d’une forte portée symbolique, non seulement en raison de son lien avec l’histoire d’Asilah, mais aussi pour les dimensions civilisationnelles et diplomatiques qu’elle incarne depuis sa réhabilitation, réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation du Forum d’Asilah et la Fondation Gulbenkian du Portugal. Elle a été officiellement inaugurée en 1994 en présence du Prince héritier de l’époque, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et du président portugais Mário Soares.
Un témoin d’une page décisive de l’histoire
La tour est également associée à un épisode déterminant de l’histoire. Selon les récits, elle aurait été le lieu où le roi portugais Sébastien Ier passa la nuit avant de se diriger vers Ksar El-Kébir, où se déroula en 1578 la célèbre bataille de Oued Al-Makhazine. Cette confrontation s’acheva par une victoire marocaine décisive et la mort de trois rois, inscrite dans l’histoire sous le nom de « bataille des Trois Rois ».
Face à la gravité des faits, les appels se multiplient pour l’ouverture d’une enquête urgente et transparente afin de déterminer les responsabilités. Les voix s’élèvent également pour exiger une intervention immédiate et ferme des autorités concernées, afin de protéger ce qui reste des monuments historiques de la ville, alors que grandissent les craintes de voir la répétition de tels actes fragiliser le capital culturel et touristique accumulé par Asilah au fil des décennies.
Colère et Mobilisation citoyenne face à la lenteur des réactions
Le sentiment d’un retard dans la réaction des autorités compétentes a renforcé la colère des habitants, une situation jugée inacceptable et appelant à des mesures concrètes pour empêcher la répétition de telles atteintes.
Dans ce contexte, la page « Asilah en image » sur Facebook a lancé un appel urgent à la protection du patrimoine local, soulignant que la tour « Al-Qamra » n’est pas seulement un monument historique, mais un témoin vivant de la mémoire et de l’âme de la ville. L’appel exhorte à une mobilisation collective, citoyens et autorités confondus, pour préserver cet héritage contre le vandalisme et la négligence.
Responsabilité collective et alerte sur les risques
Il insiste sur le fait que la protection des monuments historiques constitue une responsabilité partagée, avertissant que le vol de leurs composantes représente un crime contre la ville et son histoire. L’appel se conclut par ces mots : « Soyons tous une seule voix pour protéger le patrimoine d’Asilah… car les villes sans mémoire perdent leur âme ».