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248 migrants subsahariens interpellés à Fnideq, situation déplorable des mineurs à Sebta
Des mineurs migrants parqués devant le siège de la police espagnole à Sebta ( Photo Antonio Sempere / AFP)
Près de 300 migrants irréguliers, dont 248 ressortissants subsahariens et 46 Marocains, ont été interpellés samedi près de Fnideq alors qu’ils tentaient de se rapprocher de Sebta. Cette nouvelle opération intervient deux semaines après l’afflux massif vers la ville occupée et alors qu’environ 2.000 mineurs marocains y demeurent dans des conditions déplorables, exposés à l’exploitation et aux vexations racistes
Fnideq, Maroc - Plusieurs dizaines de personnes, pour la plupart des migrants d'Afrique subsaharienne, ont été interpellés samedi dans le nord du Maroc par les forces de sécurité locales à proximité du poste-frontière de Fnideq menant à l'enclave espagnole de Ceuta, a constaté un correspondant de l'AFP.
Près de 300 migrant irréguliers ont été interpellés samedi matin, dont 248 subsahariens et 46 Marocains.
"Il s'agit d'une opération de routine visant à prévenir les tentatives de migration irrégulière" en direction de Sebta, a assuré à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable informé des interventions en cours.
Parmi les migrants interpellés, le Soudanais Abdessamad Dawad, 22 ans, a expliqué à l'AFP vouloir "venir en Europe parce que mon pays d'origine, le Soudan, est ravagé par les problèmes et l'insécurité".
Un autre Soudanais, Chams Edine Yakoub, 25 ans, a dit être à la recherche "d'opportunités". "A Ceuta, en Europe, les gens sont mieux pris en charge", a-t-il déclaré. "Il n'y a pas de travail ici. Pas d'argent. Pas de logement. Il n'y a absolument rien, je le jure."
Les forêts de Fnideq et Beni Ansar
L'été surtout, les forêts proches de Fnideq et de Beni Ansar, près de Nador, ville marocaine jouxtant la ville occupée de Melillia, sont des lieux de rassemblement pour les migrants subsahariens cherchant à rejoindre irrégulièrement ces territoires.
Selon le responsable, les interpellations s'inscrivent dans le cadre "du dispositif sécuritaire important déployé" pour éviter les départs.
Les migrants se trouvaient sur une colline boisée au-dessus de Fnideq, à quelques kilomètres du point de passage, quand la police est intervenue pour les déloger. Une partie a été arrêtée et d'autres se sont échappés, selon le correspondant de l'AFP.
Mercredi, les autorités marocaines avaient annoncé avoir pris "des mesures" pour contrer tout nouvel afflux massif vers Ceuta, faisant état de nombreuses publications en ligne affirmant que les frontières à Fnideq et Melilla allaient être "ouvertes" le 15 août, "jour férié en Espagne".
Selon Le360 et le site Hespress, rapportés par l’AFP, les forces de l'ordre ont arrêté "ces derniers jours (...) 61 personnes ayant incité ou fait la promotion de la migration irrégulière sur les réseaux sociaux".
Il y a 15 jours, plus de 72.000 candidats à l'immigration avaient déferlé à pied ou à la nage sur Sebta, avant d'en être expulsés presque immédiatement pour 70.000 d'entre eux, selon les autorités espagnoles.
Alors que l’Espagne fait état de quelque 80 morts, Rabat parle de 11décès et demande à vérifier les chiffres avancés par Madrid.
Environ 2000 mineurs sont restés à Sebta, les autorités espagnoles faisant prévaloir que leur retour se heurtait à la réglementation espagnole. Selon plusieurs témoignages concordants, ils vivent dans des situations déplorables, exposés à l’exploitation et aux vexations racistes, les autorités espagnoles de la ville faisant montre de beaucoup de laxisme.
Rabat invoque la responsabilité partagée
Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, avait appelé directement les autorités espagnoles à agir sur le dossier des mineurs marocains non accompagnés se trouvant à Sebta.
Il leur avait demandé, « dans le cadre de la coordination et de la coopération liant les deux pays, à assumer leurs responsabilités et à accélérer les démarches de retour des mineurs non-accompagnés qui se trouvent dans la ville de Sebta au sein de leurs familles, à même de préserver leurs intérêts tout en œuvrant à surmonter les entraves administratives et judiciaires se dressant devant leur retour dans les plus brefs délais ».
Cette déclaration avait été faite lors de la mise en garde des candidats à la migration suite à des appels sur les réseaux sociaux à une nouvelle tentative annoncée pour le 15 août et qui a donné lieu aux échauffourées de samedi.
Au-delà du dispositif déployé sur le terrain pour contrecarrer cette opération, le ministère a replacé la question migratoire dans le cadre plus large de la coopération entre les différentes parties concernées.
Rachid El Khalfi a ainsi affirmé que « la lutte contre la migration irrégulière et les réseaux de la traite humaine ne peut dépendre des efforts d’une seule partie, mais exige que les différentes parties assument leurs responsabilités et honorent leurs engagements, dans le cadre de la responsabilité partagée ».