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Bill Gates reconnaît des liaisons mais nie l’implication dans les crimes d'Epstein
Une fresque murale intitulée « Island Boys » réalisée par l'artiste Scott Marsh sur le mur d'un immeuble à Sydney, le 24 février 2026. Elle représente Jeffrey Epstein aux côtés Trump, Bill Gates, l’ex-prince Andrew, Bill Clinton et Ghislaine Maxwell. (Photo : Saeed KHAN / AFP)
Bill Gates a fini par reconnaîre avoir entretenu des liaisons extraconjugales et qualifie de « grave erreur » ses relations passées avec Jeffrey Epstein, mais réfute toute ‘’implication dans les crimes du financier américain’’. Ses déclarations interviennent après la publication de nouveaux documents judiciaires relançant l’attention sur les liens qu’entretenait Epstein avec plusieurs personnalités internationales. A Londres, le gouvernement britannique s'est dit prêt mardi, devant le Parlement, à publier des documents concernant la nomination du prince désormais déchu Andrew comme envoyé spécial au Commerce en 2001, quelques heures après l'arrestation de l'ex-ambassadeur Peter Mandelson, également en lien avec l'affaire Epstein.
Washington, États-Unis - Bill Gates a déclaré que ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein étaient une "énorme erreur", admettant devant les membres de sa fondation avoir eu des relations extraconjugales avec deux femmes russes, mais niant toute implication dans les crimes du financier américain.
"C'était une énorme erreur de passer du temps avec Epstein" et d'inviter des dirigeants de la fondation Gates à des réunions avec lui, a-t-il dit devant des membres de la fondation mardi, selon un enregistrement audio que s'est procuré le Wall Street Journal.
"Je m'excuse auprès des personnes qui ont été mêlées à cela à cause de l'erreur que j'ai faite", a-t-il ajouté au sujet du financier américain retrouvé mort dans sa cellule à New York en 2019 alors qu'il attendait son procès pour des crimes sexuels sur mineur.
Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein, publié par le ministère américain de la Justice, dans la masse de documents provenant du dossier du même nom, évoque des relations extraconjugales de Bill Gates.
Dans ce message qui ne semble pas avoir été envoyé, Jeffrey Epstein se targuait notamment d'avoir aidé "Bill" à se procurer des médicaments pour "remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes".
La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori. Mais ces documents montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de tels rapports.
"J'ai eu des liaisons extraconjugales, une avec une joueuse de bridge russe rencontrée lors d'un événement de bridge et l'autre avec une physicienne nucléaire russe rencontrée dans le cadre de mes activités professionnelles", a admis mardi le cofondateur de Microsoft.
"Je n'ai rien fait d'illégal. Je n'ai rien vu d'illégal", a-t-il toutefois précisé.
Selon lui, sa relation avec Jeffrey Epstein a commencé en 2011, soit trois ans après que l'ex-financier eut plaidé coupable d'incitation à la prostitution d'une mineure.
Bill Gates a déclaré être au courant d'un "truc de 18 mois" restreignant les possibilités de voyage de Jeffrey Epstein mais a ajouté ne pas avoir vérifié ses antécédents.
Egalement, il a confirmé que son épouse de l'époque Melinda avait exprimé ses inquiétudes au sujet de Jeffrey Epstein en 2013, mais qu'il avait continué de le fréquenter pendant au moins un an.
"Bill s'est exprimé avec franchise, a répondu en détails à plusieurs questions et a assumé la responsabilité de ses actes", a de son côté affirmé la fondation dans un communiqué à l'AFP.
Le gouvernement britannique prêt à publier des archives sur l'ex-prince Andrew
A Londres, le gouvernement britannique s'est dit prêt mardi, devant le Parlement, à publier des documents concernant la nomination du prince désormais déchu Andrew comme envoyé spécial au Commerce en 2001, quelques heures après l'arrestation de l'ex-ambassadeur Peter Mandelson, également en lien avec l'affaire Epstein.
A quatre jours d'intervalle, ces deux personnalités britanniques mises en cause dans cette affaire tentaculaire ont été arrêtées et placées en garde à vue par la police, soupçonnées d'avoir transmis des informations économiques sensibles au financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le gouvernement a apporté son soutien à une motion déposée mardi par le parti libéral-démocrate (centriste), réclamant la publication de documents relatifs à la nomination d'Andrew comme représentant spécial du Royaume-Uni pour le Commerce international, poste qu'il a occupé entre 2001 et 2011.
Le texte a été adopté sans vote à la chambre des Communes, du fait de ce soutien de l'exécutif.
"C'est bien le minimum que nous devons aux victimes de ces atrocités, commises par Epstein et d'autres", a déclaré Chris Bryant, secrétaire d'Etat au Commerce, devant les députés. Il a toutefois prévenu que le gouvernement devrait travailler avec la police pour veiller à ne pas "compromettre l'enquête".
- Bryant a décrit le frère cadet du roi, déchu de tous ses titres et chassé de sa demeure royale par Charles III en octobre, comme un "homme grossier, arrogant, imbu de ses privilèges et incapable de distinguer l'intérêt public de son propre intérêt privé".
Une attaque contre un membre de la famille royale impensable au Parlement jusqu'à récemment.
Documents sensibles
Même si elle a des répercussions "mondiales", l'affaire Epstein est aussi "un scandale profondément britannique qui atteint les plus hautes sphères de l'establishment", a fustigé Ed Davey, chef de file des libéraux-démocrates, disant vouloir "faire éclater la vérité sur le rôle" d'Andrew.
Il avait auparavant appelé dans un communiqué à "mettre fin à l'ère de l'impunité".
Le gouvernement s'est déjà engagé début février, après l'adoption au Parlement d'une motion déposée par les conservateurs, à publier des documents sur la nomination de l'ex-figure du parti travailliste Peter Mandelson au poste d'ambassadeur à Washington fin 2024.
La ministre de l'Education Bridget Phillipson a confirmé mardi sur la chaîne Sky News qu'une première série de doctuments serait publiée début mars, ajoutant là aussi qu'il fallait s'assurer que rien "ne puisse compromettre l'enquête".
Une partie des documents, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale, sont préalablement filtrés par une commission parlementaire.
Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen, a été laissé en liberté sous caution dans la nuit de lundi à mardi, après plusieurs heures en garde à vue dans un commissariat londonien.
Il est soupçonné de manquements à ses devoirs dans l'exercice de ses fonctions publiques lorsqu'il était ministre au sein du gouvernement de Gordon Brown de 2008 à 2010.
Dans un communiqué, le cabinet d'avocats Mishcon de Reya, qui le représente, a indiqué que son arrestation était liée à la crainte "infondée" qu'il présente un risque de fuite.
Il n'y a selon lui "absolument aucun fondement" à l'allégation selon laquelle il "prévoyait de quitter le pays pour s'installer définitivement à l'étranger", ajoutant que sa priorité était de coopérer avec la police et de "blanchir son nom".
"Tache"
Comme pour Andrew Mountbatten-Windsor, les liens de M. Mandelson avec Jeffrey Epstein étaient connus. Mais ces deux arrestations font suite à de nouvelles révélations issues d'une nouvelle salve de documents des dossiers Epstein publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice.
Ni Peter Mandelson ni Andrew n'ont été inculpés d'aucune infraction.
Ed Davey a déploré que Peter Mandelson et Andrew Mountbatten-Windsor aient jusque-là "échappé" à la justice, estimant que cela constituait une tache sur la réputation du Royaume-Uni.
Même si les deux enquêtes sont distinctes, le journal The Telegraph a exhumé des propos tenus devant le Parlement en 2001 par Peter Mandelson qui jugeait le frère cadet de Charles III "tout à fait qualifié" pour le rôle d'envoyé spécial.
Andrew Lownie, ex-journaliste à la BBC et biographe du prince déchu, a déclaré à l'AFP que Peter Mandelson et Tony Blair, Premier ministre en 2001, avaient "imposé la nomination" d'Andrew.
Les révélations sur les liens de Peter Mandelson avec le criminel sexuel américain ont mis sous pression le Premier ministre Keir Starmer, accusé de l'avoir nommé alors même qu'il savait que l'ex-ministre était resté proche d'Epstein après la condamnation de ce dernier pour crimes sexuels.
Keir Starmer, qui avait rappelé Peter Mandelson des Etats-Unis en septembre 2025 après de nouvelles informations le liant à Jeffrey Epstein, a depuis présenté ses excuses, notamment aux victimes, et son chef de cabinet comme son directeur de la communication ont démissionné. (Quid avec AFP)