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Emirates voit fondre ses profits sous l'effet de la guerre, mais reste bénéficiaire
Un avion de la compagnie Emirates est stationné après avoir atterri à l'aéroport international du Cap, en provenance de Dubaï, le 1er octobre 2020. (Photo de RODGER BOSCH / AFP)
Le groupe Emirates, propriétaire de la plus grande compagnie aérienne au Moyen-Orient, a vu jeudi ses profits semestriels fondre de 66% sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et de la hausse des prix du pétrole.
Le fleuron de l'émirat de Dubaï a dégagé un bénéfice net d'un milliard de dollars au premier semestre de l'exercice fiscal allant d'avril à septembre 2026, contre 2,9 milliards à la même période l'an passé.
L'aéroport de la ville, l'un des plus fréquentés au monde, a été visé plusieurs fois par des drones au plus fort de la guerre déclenchée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, auxquelles Téhéran a riposté en ciblant des alliés de Washington dans la région.
Si le cessez-le-feu d'avril a apporté une accalmie, les perturbations du trafic et les mises en garde par de nombreux pays quant aux voyages dans la région ont pesé sur l'activité, explique la compagnie dans un communiqué.
Le choc est d'autant plus important que les pays du Golfe avaient fait des correspondances le cœur de leur modèle, du fait de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l'Europe, l'Asie et l'Océanie. L'année dernière encore, près d'un voyageur en correspondance sur six dans le monde était passé par le Moyen-Orient.
"Ces six derniers mois ont été éprouvants", a reconnu le PDG d'Emirates Cheikh Ahmed ben Saeed Al Maktoum, cité dans le communiqué.
Mais "la demande des clients est restée solide et nos activités de fret ont apporté une contribution importante, permettant de maintenir un chiffre d'affaires et une trésorerie à un niveau satisfaisant", a-t-il ajouté.
Le groupe a aussi souffert du "doublement" sur un an du coût du kérosène, alors que la guerre a fait flamber les cours du pétrole.
Dans ce contexte, il a réduit ses effectifs de 2% ces six derniers mois, à 128.237 employés.
"Plus le conflit s'éternise"
"Le fait qu'Emirates parvienne à rester rentable malgré un contexte de guerre est tout à fait remarquable", observe Saj Ahmad, analyste à StategicAero Research.
Emirates a transporté 21,8 millions de passagers entre avril et septembre, un chiffre en repli de 22% par rapport à la même période de l'exercice précédent, pour un chiffre d'affaires de 15,5 milliards de dollars.
Malgré la baisse de la fréquentation, Dubaï était encore en août le premier aéroport international au monde, selon le spécialiste des données aériennes OAG.
L'activité de fret, en revanche, a résisté, avec des revenus en hausse de 52% malgré un léger recul des volumes transportés.
Pour rassurer les clients internationaux, Emirates avait annoncé en juin une assurance voyage incluant une couverture médicale étendue, y compris en cas de conflit, ainsi que la prise en charge des annulations, retards, pertes de bagages et évacuations d'urgence.
Dnata, autre entreprise détenue par le groupe et qui fournit des services à l'aéroport de Dubaï, a également accusé une chute de 56% de ses profits sur un an.
Le patron d'Emirates a dit jeudi entamer la seconde moitié de l'exercice "avec un optimisme mesuré", en "surveillant de près les coûts et l’évolution de la situation géopolitique".
Avec la "trésorerie et les bases solides bâties au fil des ans, le groupe est bien placé pour faire face aux vents contraires liés à la volatilité et aux prix élevés du carburant", a-t-il assuré.
Pour l'analyste Saj Ahmad, "les fondamentaux de l'industrie dans les pays du Golfe restent solides". Mais "plus le conflit s'éternise, plus ses répercussions risquent de se faire sentir", notamment en Arabie saoudite, où les aéroports sont régulièrement pris pour cible par les Houthis pro-iraniens du Yémen, prévient-il. (AFP)