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Espagne : Dépenses sociales record, les yeux rivés sir les échéances électorales Par Omar El Mrabet
Pedro Sanchez Premier ministre espagnol - Les dépenses sociales se situent à six euros sur dix dans le budget, sans compter les fonds européens, un chiffre jamais enregistré dans l'histoire du pays.
Par Omar El Mrabet (Bureau de la MAP à Madrid)
Madrid - Le bras de fer a duré presque jusqu'à la dernière minute, comme c'est habituellement le cas dans le gouvernement de coalition formé par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et son partenaire Unidas Podemos. Mais comme prévu, l'accord sur le budget 2023 a été conclu à temps et validé par le Conseil des ministres. Les deux partenaires ont appris à cohabiter, gardant en ligne de mire les prochaines échéances électorales.
Le projet de loi doit encore être examiné par le Parlement pendant trois mois, mais malgré les tensions prévisibles sur des questions en suspens, telle que la loi sur le logement, personne n'envisage pour l'instant la possibilité qu'il ne soit pas soutenu par les alliés habituels du Président du gouvernement, Pedro Sánchez (PSOE), à savoir ; ERC (Gauche républicaine catalane), Bildu et le PNV (Parti nationaliste basque), qui ont déjà soutenu les projets de loi 2021 et 2022.
L'accord avec Unidas Podemos ouvre un scénario de stabilité, qui conforte l'intention de Sánchez de mener son mandat à terme et de ne pas organiser d'élections générales avant décembre 2023, soit près de sept mois après les élections régionales et municipales de mai prochain.
Sánchez a décidé d'augmenter les dépenses avec des mesures vedettes, comme l'augmentation de 8,5% des pensions, ce qui fait que les dépenses pour couvrir ce secteur représentent déjà un pourcentage historique de 42% du budget.
Les dépenses sociales se situent à 266.189 millions d'euros - six euros sur dix dans le budget-, sans compter les fonds européens, un chiffre jamais enregistré dans l'histoire du pays.
"Ce sont les troisièmes budgets de ce gouvernement et je tiens à le souligner, car face aux prophètes de malheur, face à ceux qui disent que le pire est le meilleur, qui disent que nous ne pourrons pas approuver ne serait-ce qu'un seul budget et qui veulent semer la peur et l'agitation, ce sont des budgets qui donnent la tranquillité à l'Espagne ", s'est félicitée la ministre porte-parole du gouvernement, Isabel Rodríguez, en critiquant implicitement le Parti Populaire (PP), principal parti de l’opposition.
M. Sánchez se prépare maintenant à profiter de l'élan que cette réussite peut lui donner dans sa confrontation avec le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo. En effet, il a déjà demandé sa comparution tant au Congrès qu'au Sénat, où siège le leader de l'opposition, pour rendre compte du contenu du Conseil européen, qui aura lieu ce vendredi 7 octobre et défendre les mesures décidées par l'exécutif pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine.
Le partenaire minoritaire de la coalition, Unidas Podemos, a également réussi à remporter des '’victoires’’ qu'il juge importantes, notamment l'impôt sur la fortune que le PSOE a rejeté, il y a seulement quatre mois. La vice-présidente du gouvernement, Yolanda Díaz (Podemos), s'est félicitée d'avoir récupéré 60% de la base réglementaire du septième mois des allocations de chômage ou de l'augmentation de 15% de l'IPREM (indicateur de revenu public pour l'octroi d'une série de subventions).
Le président du gouvernement, Pedro Sanchez, n'a, en tout cas, aucune garantie que le ‘’bruit interne’’, qui nuit à l'action du gouvernement, va diminuer.
Unidas Podemos s’est résigné à écarter des négociations la loi organique de protection de la sécurité publique, connue sous le nom familier de ‘’loi bâillon’’ et la loi sur le logement, qui sont bloquées au Congrès depuis des mois.
Toutefois, le parti de Ione Belarra a fini par céder sur les dépenses de défense, qui sont passées à 25,8% si l'on tient compte du plan de modernisation (contrats pluriannuels avec des entreprises comme Navantia, Indra et Airbus).
Avec le budget de 2023, Pedro Sanchez balise le terrain et se lance déjà dans une course électorale qui s’annonce serrée. (MAP)