Le Maroc en Culture : Patrimoine rupestre à Es-Semara, coopération culturelle à Marrakech et photographies à Tanger

Le Maroc en Culture : Patrimoine rupestre à Es-Semara, coopération culturelle à Marrakech et photographies à Tanger

La province d’Es-Semara s’impose comme l’un des principaux foyers de l’art rupestre au Maroc. Gravures, peintures pariétales, outils préhistoriques et monuments funéraires témoignent d’une présence humaine ancienne

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Es-Semara, Marrakech, Tanger – De la préservation des gravures rupestres du Sahara marocain à la coopération maroco-espagnole pour protéger le patrimoine face aux crises, en passant par le lancement d’un nouveau festival dédié à la photographie à Tanger, plusieurs initiatives mettent en lumière la richesse du patrimoine culturel national et les efforts engagés pour renforcer sa transmission, sa protection et son rayonnement.

 Tanger accueille la première édition du Festival international de l’image « Photo Tanger », organisée jusqu’au 31 août sous le thème « L’appel du large ».

Es-Semara, un trésor archéologique encore à explorer

La province d’Es-Semara s’impose comme l’un des principaux foyers de l’art rupestre au Maroc. Gravures, peintures pariétales, outils préhistoriques et monuments funéraires témoignent d’une présence humaine ancienne dans cette partie du Sahara marocain, depuis le Paléolithique jusqu’au Néolithique.

Certaines représentations remontent à une période comprise entre 8.000 et 4.000 ans avant notre ère. Elles constituent de précieuses sources d’information pour les chercheurs qui s’intéressent aux modes de vie, aux croyances et aux activités économiques des populations préhistoriques d’Afrique du Nord.

Selon Abdelilah Ouguenane, inspecteur des monuments et des sites historiques à la Direction régionale de la culture de Laâyoune-Sakia El Hamra, 22 sites de gravures et de peintures rupestres, ainsi que le monument historique Dar Haouza, sont déjà inscrits sur la liste du patrimoine national. Six autres dossiers de classement sont en cours d’élaboration.

Des opérations de restauration, la création de conservations archéologiques et l’organisation d’activités pédagogiques ont également été engagées afin de mieux préserver ce patrimoine. Malgré ces avancées, les spécialistes estiment que le potentiel archéologique de la région demeure largement sous-exploré.

Des vestiges qui racontent l’histoire du Sahara

La province recense aujourd’hui plus de 175 sites de gravures rupestres et 25 sites de peintures pariétales. Pour Baiba Mohamed Mouloud, représentant du Centre national du patrimoine rupestre et président de l’Association Mirane, ces vestiges constituent un lien vivant entre le passé et le présent.

Les gravures illustrent les différentes étapes de l’occupation humaine du Sahara, depuis les sociétés de chasseurs jusqu’aux communautés pastorales et nomades. Elles témoignent également des capacités d’adaptation des populations anciennes à un environnement en constante évolution.

Au-delà de leur dimension artistique, ces œuvres représentent de véritables archives historiques permettant d’étudier l’anthropologie, les techniques, les croyances et l’organisation économique des sociétés préhistoriques.

Les peintures rupestres, plus fragiles, demeurent particulièrement exposées à l’érosion naturelle et aux dégradations humaines. Elles présentent toutefois un intérêt scientifique considérable, notamment grâce aux possibilités de datation offertes par certains pigments organiques. Le site de Farsia figure parmi les ensembles les plus remarquables de ce patrimoine.

Maroc-Espagne : renforcer la résilience du patrimoine culturel

À Marrakech, une rencontre consacrée à la protection du patrimoine culturel a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération entre le Maroc et l’Espagne face aux risques naturels et aux situations de crise.

Réunis autour du thème « Patrimoine et prévention : expériences partagées entre l’Espagne et le Maroc », experts et spécialistes ont échangé sur les mécanismes de sauvegarde du patrimoine historique et architectural.

L’avocate de l’État espagnol María López-Frías a présenté le modèle espagnol de gestion des risques appliqué au patrimoine culturel. Celui-ci repose sur trois piliers : la prévention des catastrophes, la préparation des interventions d’urgence et la coordination entre les institutions concernées.

Pour les participants, la résilience du patrimoine est devenue un enjeu majeur dans un contexte marqué par la multiplication des séismes, inondations, incendies et autres phénomènes extrêmes. Préserver les monuments, les sites historiques et les biens culturels suppose désormais d’intégrer pleinement la gestion des risques dans les politiques patrimoniales.

L’architecte et chercheur Karim Rouissi a souligné, de son côté, l’importance de protéger l’identité architecturale des villes marocaines face aux transformations urbaines rapides, notamment dans les médinas et les ensembles historiques.

Tanger célèbre l’image et le dialogue des cultures

La ville de Tanger accueille pour sa part la première édition du Festival international de l’image « Photo Tanger », organisée jusqu’au 31 août sous le thème « L’appel du large ».

Déployé dans plusieurs espaces culturels et lieux publics, l’événement rend hommage à l’identité singulière de la ville du Détroit, carrefour historique entre la Méditerranée et l’Atlantique.

Le festival ambitionne de valoriser le patrimoine photographique de Tanger tout en offrant une vitrine aux pratiques visuelles contemporaines. Il réunit des artistes marocains et étrangers, confirmés ou émergents, dans une démarche favorisant les échanges interculturels.

Selon Tahar Ben Jelloun, membre du comité d’organisation, cette manifestation se distingue par sa durée exceptionnelle couvrant toute la saison estivale ainsi que par la diversité des espaces investis. Le programme comprend des expositions, des rencontres intellectuelles et un concours consacré à la jeune photographie marocaine.

Le lancement du festival coïncide également avec la réouverture de la Galerie d’art contemporain Mohamed Drissi après sa réhabilitation. Pour les organisateurs, cette initiative contribue à renforcer l’attractivité culturelle de Tanger et à promouvoir la photographie comme langage universel de création, de dialogue et de transmission.

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