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Moussalaha lance une revue scientifique pour penser les voies de résilience face à la radicalisation
Le premier numéro de Moussakaha met particulièrement l’accent sur les vulnérabilités structurelles qui peuvent favoriser l’adhésion à des discours extrémistes. Inégalités sociales, marginalisation, sentiment d’exclusion ou ruptures identitaires apparaissent comme autant de facteurs susceptibles d’alimenter des trajectoires de radicalisation
Rabat – Le Centre Moussalaha a publié le premier numéro de sa revue scientifique Moussalaha, De la radicalisation à l’immunisation. Cette nouvelle publication interdisciplinaire ambitionne de structurer la recherche sur les phénomènes d’extrémisme violent, tout en alimentant la réflexion sur les mécanismes de prévention, de réhabilitation et de réinsertion. Au cœur de cette démarche figure une interrogation essentielle : comment renforcer la résilience des individus et des sociétés face aux vulnérabilités qui favorisent les processus de radicalisation ?
Une nouvelle plateforme de réflexion scientifique
Avec cette revue, le Centre Moussalaha franchit une nouvelle étape dans son travail de production et de diffusion des connaissances liées à la prévention de l’extrémisme violent. La publication réunit des contributions issues des sciences humaines et sociales, des sciences juridiques, des études religieuses, des sciences de l’éducation et des politiques publiques.
L’objectif est de favoriser une compréhension globale d’un phénomène complexe qui ne peut être réduit à une seule dimension idéologique ou sécuritaire. Cette approche entend mettre en dialogue les savoirs académiques et les expériences de terrain afin d’éclairer les mécanismes qui conduisent à la radicalisation, mais aussi ceux qui permettent d’y résister.
Comprendre les fragilités qui nourrissent l’extrémisme
Dans son éditorial, le président du Centre Moussalaha, Ahmed Abbadi, souligne la volonté de prolonger les réflexions scientifiques et de capitaliser les expériences accumulées au Maroc et à l’international.
Le premier numéro met particulièrement l’accent sur les vulnérabilités structurelles qui peuvent favoriser l’adhésion à des discours extrémistes. Inégalités sociales, marginalisation, sentiment d’exclusion ou ruptures identitaires apparaissent comme autant de facteurs susceptibles d’alimenter des trajectoires de radicalisation.
Cette lecture met en lumière une forme de résilience fragile : celle de populations confrontées à des difficultés économiques, sociales ou symboliques qui fragilisent leur sentiment d’appartenance et leur confiance dans les institutions. Lorsque ces fragilités s’accumulent, elles peuvent ouvrir un espace aux discours de rupture et aux logiques de violence.
L’immunisation sociale comme réponse durable
Face à ces risques, la revue défend l’idée d’une immunisation sociale fondée sur le développement des ressources individuelles et collectives. L’éducation, la culture, la spiritualité, l’engagement citoyen et le renforcement du lien social sont présentés comme des leviers essentiels de prévention.
Le dossier central, consacré aux voies de résilience contre l’extrémisme violent et le terrorisme, explore notamment les mécanismes d’émancipation et les capacités des communautés à construire des réponses durables face aux discours de haine.
L’approche retenue privilégie une analyse des ressorts idéologiques, émotionnels et narratifs de l’extrémisme. Elle repose également sur des méthodologies qui rapprochent la recherche scientifique des réalités vécues par les acteurs de terrain, afin de produire des connaissances directement mobilisables dans l’action.
Prévention, réhabilitation et réinsertion : une même dynamique
Au-delà du diagnostic, la revue propose d’ouvrir un débat sur les conditions d’une « politique intégrée de la Moussalaha ». Celle-ci repose sur trois piliers complémentaires : la prévention, la réhabilitation et la réinsertion.
La prévention vise à renforcer les capacités de résistance des individus et des communautés. La réhabilitation cherche à accompagner la reconstruction des parcours et des identités. Quant à la réinsertion, elle s’attache à recréer des liens sociaux durables et à favoriser l’exercice effectif des droits.
Cette vision traduit une conviction forte : la résilience ne se décrète pas. Elle se construit progressivement à travers des politiques publiques cohérentes, des institutions solides et des communautés inclusives. En lançant cette revue, le Centre Moussalaha entend contribuer à cette réflexion collective et enrichir les outils intellectuels nécessaires pour faire face à un phénomène dont les causes et les manifestations demeurent en constante évolution.