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Les Carburants en 2025 : des volumes en hausse, des CA en baisse
Le marché marocain des carburants a poursuivi sa dynamique en 2025 avec une augmentation des volumes importés de gasoil et d’essence
Les importations de gasoil et d’essence au Maroc ont atteint 6,9 millions de tonnes en 2025 pour une valeur globale de 47,1 milliards de dirhams, selon le Conseil de la concurrence. Malgré une progression des volumes importés et des ventes, la baisse des cours internationaux des produits pétroliers a entraîné un recul du chiffre d’affaires des distributeurs et de la valeur des importations. Les données publiées mettent également en lumière l’évolution des marges commerciales et le renforcement de la concurrence sur le marché national.
Des importations en hausse malgré une facture allégée
Le marché marocain des carburants a poursuivi sa dynamique en 2025 avec une augmentation des volumes importés de gasoil et d’essence. Selon les données du Conseil de la concurrence, les importations ont totalisé 6,9 millions de tonnes contre 6,5 millions de tonnes un an auparavant, soit une progression de 6,7%.
Cette hausse des quantités n’a toutefois pas entraîné une augmentation de la facture énergétique. La valeur globale des importations s’est établie à 47,1 milliards de dirhams, en baisse de 9,1% par rapport aux 51,82 milliards enregistrés en 2024.
Cette évolution reflète principalement le recul des prix internationaux des carburants observé durant une grande partie de l’année. Le phénomène apparaît également au quatrième trimestre, période durant laquelle les importations ont atteint 1,69 million de tonnes pour une valeur de 11,45 milliards de dirhams. Les volumes ont progressé de 0,6% tandis que leur valeur a diminué de 4,8%.
Le gasoil demeure de loin le produit dominant, représentant à lui seul 88% des importations aussi bien en volume qu’en valeur.
Des ventes en progression sur le marché intérieur
L’activité commerciale des principaux distributeurs est restée soutenue tout au long de l’année. Les neuf sociétés concernées par le reporting du Conseil de la concurrence ont écoulé près de 7,45 milliards de litres de carburants en 2025, contre 7,32 milliards de litres l’année précédente.
Cette progression de 1,8% traduit une demande intérieure toujours robuste, portée notamment par les besoins du transport routier, de l’activité industrielle et de la mobilité des ménages.
Le gasoil conserve une place prépondérante dans la consommation nationale. Il représente 85% du volume total des ventes et 83% de leur valeur. Cette domination confirme le rôle central du transport routier dans l’économie marocaine et la forte dépendance de nombreux secteurs à ce carburant.
Au quatrième trimestre, les ventes cumulées ont atteint 1,91 milliard de litres, soit une légère hausse de 0,5% par rapport à la même période de 2024.
Un chiffre d’affaires affecté par la baisse des prix
Si les volumes commercialisés ont progressé, les revenus du secteur ont suivi une trajectoire inverse. Le chiffre d’affaires cumulé des neuf sociétés de distribution s’est établi à 70,4 milliards de dirhams en 2025, en recul de 8,9% sur un an.
Cette baisse résulte essentiellement du repli des prix des carburants sur les marchés internationaux, qui a réduit la valeur des ventes malgré la progression des quantités écoulées.
Le même constat ressort pour le dernier trimestre de l’année. Les ventes ont généré un chiffre d’affaires de 17,7 milliards de dirhams contre 18,4 milliards un an plus tôt, soit une diminution de 3,7%.
Cette évolution montre que la rentabilité du secteur reste étroitement liée aux fluctuations des cours internationaux du pétrole et des produits raffinés.
Des marges sous surveillance et une concurrence renforcée
Le Conseil de la concurrence relève également une évolution contrastée des marges commerciales brutes au cours du quatrième trimestre. Pour le gasoil, la marge moyenne pondérée s’est établie à 1,23 dirham par litre. Elle a fluctué entre un maximum de 1,41 dirham à la mi-novembre et un minimum de 0,87 dirham à la fin du trimestre.
Concernant l’essence, la marge moyenne a atteint 1,85 dirham par litre. Elle demeure structurellement supérieure à celle du gasoil, avec un différentiel moyen de 0,62 dirham par litre sur l’ensemble de la période observée.
Parallèlement, le marché continue de s’ouvrir à de nouveaux acteurs. Le nombre de sociétés agréées pour l’importation de produits pétroliers liquides est passé de 31 à 35 entre 2024 et 2025. Sur le segment de la distribution, les opérateurs disposant d’un agrément provisoire de reprise en raffinerie sont désormais au nombre de 39, contre 35 un an auparavant.
Cette progression traduit une intensification graduelle de la concurrence sur le marché national des carburants, dans un contexte où la transparence des prix, l’évolution des marges et l’approvisionnement énergétique demeurent au cœur des préoccupations des pouvoirs publics et des consommateurs.