*L'Algérie exporte en France sa crise ouverte avec le Maroc via ses imams (Atlasinfo)

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Le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi,

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Paris - Avec l’envoi en France d’un contingent d’imams détachés avec une mission bien précise, celle de "semer la fitna entre musulmans et la discorde entre les communautés", "Alger compte exporter en France sa crise ouverte avec le Maroc", affirme mercredi le site Atlasinfo.

Le site d'information basé à Paris rappelle, dans un article signé de son éditorialiste Hasna Daoudi, la consigne "surréaliste" du ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, aux imams détachés à la Grande Mosquée de Paris, leur demandant de "contrer la campagne féroce ciblant l’Algérie", réitérant les propos de "son président Abdelmajid Tebboune". "Quelle en sera la portée lourde de conséquences de cette consigne contraire à l’essence même du rôle et de la mission de l’imam ?", se demande l'auteure de l'article.

Dans ces consignes lancées alors qu'il présidait, lundi 30 août, le lancement de la conférence d’encadrement des imams détachés à la Grande Mosquée de Paris, le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, a demandé aux imams algériens détachés de "jouer un rôle positif en faveur de l’Algérie, promouvoir les valeurs de nationalisme et de modération et œuvrer à la moralisation de la vie publique". Il a également affirmé que “nous suivrons vos efforts. Les enfants de l’Algérie ont toujours su relever les défis".

Au mépris de la “Charte pour l’islam de France”

"Que comprendre de ce message guerrier où se mêle “nationalisme”, “moralisation de la vie publique” sachant que ces imams vont officier en France et non en Algérie ?", s'interroge Atlasinfo, soulignant qu' "en envoyant un nouveau contingent d’imams détachés, Alger défie déjà la France dont le président Emmanuel Macron avait annoncé en février 2020 la fin progressive des “imams détachés” au profit d’imams formés sur place".

"Qu’en pense le recteur Chems-eddine Hafiz et avocat du Polisario, des déclarations de son ministre de tutelle qui veut transformer la Grande Mosquée de Paris en sanctuaire de la haine et ses mosquées affiliées en tribunes politiques et lieux de discorde entre communautés ? Et qu’en est-il de la “Charte pour l’islam de France”, paraphée et signée par le recteur de la Grande Mosquée de Paris en personne ?", s'interroge encore le site d'information qui rappelle le contenu de l’article 6 de cette charte qui stipule clairement : "Nous refusons que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques ou importent des conflits qui ont lieu dans d’autres parties du monde. Nos mosquées et lieux de culte sont réservés à la prière et à la transmission de valeurs" et que "les lieux de culte “ne sont pas érigés pour la diffusion de discours nationalistes défendant des régimes étrangers et soutenant des politiques étrangères hostiles à la France, notre pays, et à nos compatriotes Français”.

Selon Atlasinfo, "le régime algérien n’est pas à son premier coup d’essai. L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed Antar Daoud, avait déclaré en décembre 2020 que “la grande mosquée de Paris est d’abord algérienne et ne sera jamais autre chose et c’est ça le plus important”. Des propos qui avaient suscité une vive polémique, affirme le site d'information.

Le site précise que depuis l’annonce de sa rupture de relations diplomatiques avec le Maroc, le 24 août, le régime algérien aux abois dénonce un pseudo complot ourdi par le Maroc et Israël pour la déstabiliser, notant que la finalité de ces gesticulations est de "détourner l’attention du peuple algérien sur son incompétence notoire et son cuisant échec face aux feux qui ont dévasté la Kabylie faisant une centaine de victimes".

 

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