Actu
Livres, cinéma, arts visuels et artisanat : la créativité marocaine rayonne entre Rabat, Agadir, Tanger et Rome
À Tanger, le Musée de la Kasbah - Espace d’art contemporain accueille jusqu’au 30 novembre l’exposition monographique « Ne tenir qu’à un fil » du plasticien marocain Mohamed Lekleti
Rabat – Présentation d’un ouvrage de référence sur les plantes vasculaires du Maroc, accompagnement de jeunes documentaristes à Agadir, exposition du plasticien Mohamed Lekleti à Tanger, promotion de la littérature marocaine en Italie et lancement d’une application dédiée à l’artisanat : plusieurs initiatives culturelles et créatives ont marqué l’actualité du week-end.
La connaissance du patrimoine naturel à l’honneur
Le 8e Florilège culturel de Rabat a accueilli la présentation de l’ouvrage « Les plantes vasculaires au Maroc, recueil des dénominations scientifiques et vernaculaires » de la professeure Souad Skalli. Publié par l’Université Mohammed V, ce travail de 240 pages est le fruit de vingt années de recherches consacrées à la flore marocaine.
Le livre recense plus de 1.400 espèces végétales et rassemble leurs appellations scientifiques ainsi que leurs dénominations en français, arabe et amazighe. Conçu comme un outil pédagogique et scientifique, il répond également à des besoins concrets dans les domaines de la toxicologie et de la santé publique, en facilitant l’identification des plantes impliquées dans des cas d’intoxication.
Les intervenants ont souligné la portée de cette publication, appelée à devenir une référence pour les chercheurs, les étudiants, les professionnels de santé et les acteurs engagés dans la préservation de la biodiversité nationale.
Agadir, carrefour des nouvelles écritures documentaires
À Agadir, le Festival international du film documentaire (FIDADOC) poursuit sa mission de formation et d’accompagnement des jeunes talents. La « Ruche documentaire », programme phare du festival, réunit cette année une soixantaine de participants venus du Maroc, d’Afrique, du monde arabe et de la diaspora.
Les ateliers, résidences et séances de présentation de projets offrent aux apprentis cinéastes l’opportunité de développer leurs récits et d’échanger avec des professionnels du secteur. Parmi les projets présentés figure « Le chemin sans héritier » de Fadoua Al Menzhi, consacré aux derniers bergers du Haut Atlas oriental.
Le festival a également accueilli la projection du documentaire « Ceci n’est pas un film français » du réalisateur franco-béninois Tom Adjibi. À travers une réflexion sur la représentation des acteurs racisés dans le cinéma contemporain, l’œuvre interroge les notions d’identité, de visibilité et d’appartenance, tout en explorant les mécanismes qui façonnent les récits audiovisuels.
Mohamed Lekleti expose entre Tanger et la Méditerranée
À Tanger, le Musée de la Kasbah - Espace d’art contemporain accueille jusqu’au 30 novembre l’exposition monographique « Ne tenir qu’à un fil » du plasticien marocain Mohamed Lekleti, organisée dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Fruit d’une collaboration entre la Fondation nationale des musées et le Frac Occitanie Montpellier, cette exposition propose un parcours mêlant dessins, peintures, sculptures hybrides et créations réalisées directement sur place. Sans suivre une thématique unique, l’ensemble des œuvres invite à une réflexion sur les mécanismes de contrôle, les représentations médiatiques, les questions d’exil et les identités fragmentées.
L’artiste explique avoir structuré son travail autour de trois axes majeurs : le jeu, le mythe et le territoire. Certaines œuvres ont été conçues spécifiquement pour les espaces du musée, dont deux sculptures inédites réalisées pour cette occasion.
Un second volet de l’exposition sera présenté à Montpellier à partir de septembre, renforçant la dimension de dialogue culturel entre les deux rives de la Méditerranée. Né à Taza, Mohamed Lekleti est reconnu pour une œuvre singulière qui associe maîtrise du dessin, peinture et utilisation d’objets chargés de mémoire et de symboles.
Du numérique au service de la culture et de l’artisanat
À Rome, l’écrivain Yassin Adnan a présenté son roman « Hot Maroc », traduit en italien et retenu dans la sélection du Pisa Book Translation Award. À travers le destin d’un personnage confronté aux bouleversements du numérique et des réseaux sociaux, l’auteur propose une lecture critique des transformations de la société marocaine contemporaine. La tournée italienne du romancier a également conduit le public de Turin, Bologne et Salerne à découvrir une littérature marocaine en plein essor.
À Rabat, l’innovation numérique s’est également invitée dans le secteur de l’artisanat avec le lancement de l’application « Artisway ». Développée par le secrétariat d’État chargé de l’Artisanat, la Maison de l’Artisan et l’Agence de Développement du Digital, cette plateforme permet de localiser les espaces de vente et les complexes artisanaux à travers le Royaume.
L’initiative vise à améliorer la visibilité des artisans, à faciliter l’accès des consommateurs aux produits authentiques et à accompagner la transformation numérique d’un secteur qui représente un pilier économique et culturel majeur. Elle s’inscrit également dans les préparatifs du Maroc en vue de la Coupe du monde 2030.
À travers ces initiatives, le Maroc confirme la richesse de sa vie culturelle et sa capacité à conjuguer savoir, création, patrimoine et innovation.